
Mes albums
La carte des lieux visités
Rubriques
Sites favoris
|
Ce matin là, en entendant frapper à la porte, je savais, sans ouvrir les yeux, que nos dernières heures sur le parking « magique » étaient comptées. Un type, en uniforme beige, chapeau beige, bermuda beige et pataugas kakies, actionnant une manivelle imaginaire, me fait signe de baisser la fenêtre :
«- Bonjour, ranger du comté. Ce véhicule est à vous ?
- Oui.
- Vos papiers s'il vous plait ?..... Merci. »
Sean se réveille, nous sortons de la voiture.
« -Vous savez que vous n'avez pas le droit de camper sur ce parking.
- Heu... non...
- On nous a signalé que vous êtes là depuis six jours.
- Désolé... Ma voiture est en panne... j'ai bien cherché à l'emmener chez un mécanicien... mais personne n'a voulu la prendre, « trop débordés » qu'ils disaient. Je ne sais pas comment faire.
- Je devrais vous verbaliser. Bon... vu que vous avez l'air de gentils garçons, je vais vous laisser une chance. Vous devez quitter ce parking avant ce soir. Si vous êtes encore là...
- Mais monsieur, je ne sais pas où amener ma voiture...
- Bon, ok, tu vas aller chez Pffennig, tu dis que tu viens de ma part, il va la prendre ta voiture.
- Merci Monsieur !
- Je vous préviens les jeunes, si ce soir...
- Promis ! »
Ce ranger était charmant, il nous a parlé comme si nous étions ses fils, juste une petite remontrance, et avec le sourire s'il vous plait !
Cinq heures plus tard, Monsieur Pffennig est arrivé avec sa dépanneuse :
« -Attendez cinq minutes s'il vous plait, il faut que je décharge les affaires.
-Tu vas où?
-Coco's Backpacker.
-Monte dans le camion, tu déchargera tes affaires là-bas!
-Merci! »
Quand je suis arrivé devant le « Coco's », le ranger, qui a vu la voiture remorquée, est venu nous remercier en nous disant, « c'est bien vous êtes de bons gars! ».
Sean avait prit les devants, négociant déjà avec Coco, au lieu de 130 dollars la semaine, en tente, nous paierons 110 et nous aurons trois heures de wifi gratis.
Au premier abord, Coco a l'air rude, il a une grande gueule :
« ...et vous ne me ramenez personne ici, donc çà veut dire que si vous voulez baiser dans votre tente, il va falloir trouver une fille chez moi. Je ne plaisante pas, sinon c'est dehors, même si vous avez payé pour la semaine! »
Je comprendrais plus tard, qu'il voulait juste nous impressionner pour que nous respections les règles de vie qu'il prône. Il est d'origine fidjienne et hollandaise, mais est « australien à 100 % », il a la cinquantaine. En creusant un peu le personnage, je vais découvrir, que c'est un type qui aime la vie, au sens noble du terme, c'est un ancien backpacker qui a voyagé partout en Europe et en Asie, un passionné d'art aborigène, un très bon joueur de didgeridoo qui sait aussi titiller les six cordes d'une guitare. En plus de l'auberge, il tient un atelier d'art :
« Ça c'est mon vrai métier, c'est ce qui donne du sens à ma vie ! »
Un soir, vers 22 heure, en le voyant passer, je lui ai demandé comment faire pour respirer tout en jouant du didgeridoo. Il m'a dit de le suivre dans son atelier. De l'extérieur, on dirait un garage poussiéreux, mais quand il a ouvert la porte, je fus surpris par la propreté du lieu. Il m'a donné un cours, soufflant dans chacun des instruments pour me faire écouter les différentes notes, pour me justifier le prix exorbitant que certains peuvent avoir, me les a fait essayer, m'a vanté les toiles qu'il achète à des artistes. Quand on l'accroche sur un sujet qui l'intéresse, il peut parler pendant des heures.

L'ambiance est paisible, nous vivons au milieu des poules, nous avons planté nos tentes dans le fond du jardin. Nous avons vite été adoptés par les autres voyageurs, qui sont actuellement des travailleurs qui bossent dans le coin. Il y a Méli et Ruby, lui est estonien, elle coréenne, ils ont la trentaine, ( Ruby est ma collègue, Mél' est celui de Sean ), Henning un allemand bon vivant, Ben, un australien qui est l'exception qui confirme la règle car ceux que j'ai rencontrés jusqu'à présent n' étaient pas des flèches, un coréen et un japonais, discrets, un couple franco-estonien, Yann et Johana, et la bande des cinquantenaires, Mike, un australo-hollandais, Marianne, hollandaise, Gavin et Tony, tous deux australiens, des vieux de la vieille, ils travaillent dans des fermes, font la cueillette.

( Sean, un écrivain en herbe )

J'ai embauché chez le grand clown américain depuis trois semaines. Cinq jours par semaine, j'enfile mon déguisement pour passer ma journée derrière le comptoir à faire le « runner » en préparant les commandes, en servant les clients, ou le « front counter » en prenant les commandes et en encaissant l'argent, des fois je suis au « drive »... Comment je fais pour ne pas péter les plombs et accepter de travailler dans une boite de merde qui produit énormément de déchets ? Je compte les heures ( 19 dollars de l'heure ), faisant semblant de m'impliquer pour en faire un maximum, et surtout, je me dis que même le grand Alexander Supertramp est passé par là pour mettre de l'argent de coté, s'acheter du matériel et planifier son voyage en Alaska. Je vise l'Amérique du Sud.
Ce qu'il y a de bien à Katherine c'est... qu'il n'y a rien à faire. La seule distraction que nous avons est d'aller au pub le vendredi soir, de boire quelques bières, de jouer au billard, de mettre une pièce dans un des jukebox pour zapper les Guns'n Roses, les dieux vivants des cowboys. Nous ne sommes pas tentés de faire les fous tous les soirs comme dans les grandes villes. Comme dirait Mark Renton, « c'est le trou du cul du monde ici ! ». C'est ce que je recherchais, çà me permet de mettre 350 dollars de coté par semaine.
Le jour, durant mes temps libres, je joue de la guitare, révise mes classiques pour animer les feux de camps, et pourquoi pas, essayer de gagner un peu d'argent en chantant quand je retournerai à la ville. J'ai à nouveau de la corne aux doigts. Le soir, je m'attable avec les cinquantenaires qui fument et boivent de la bière devant le footie, le football australien, ils m'ont appris les règles, c'est un mixe entre le football et le rugby, qui se joue sur un terrain de cricket. Selon Tony, « le rugby est un jeu de gentlemen joué par des bourrins, et le footie est un jeu de bourrin joué par des gentlemen ». Je participe à leurs cessions « chambrage », chose qui me manquait depuis mon départ.
J'ai besoin de prendre l'air, de quitter les environs l'espace d'une nuit, d'aller dans la nature, d'oublier un peu tous ces gens stressés et dépressifs que je côtoie au quotidien. J'ai deux jours de congé, avec Ben, nous avons prévu d'aller aux Katherine Gorges qui se trouvent au Nitmiluk National Park, à une trentaine de kilomètre. Nous partons... maintenant.
Nous embarquons notre matériel de camping, des provisions, nos guitares, montons dans sa voiture.
Vingt cinq minutes plus tard, nous sommes au « tourist-centre », prêt à louer un canoë pour partir à l'aventure sur Katherine River, mais à notre grand désespoir, la petite femme de l'accueil nous explique qu'il est trop dangereux de pagayer dans les gorges en ce moment, trop de crocodiles.
Ben tient vraiment a voguer sur l'eau pour pouvoir prendre de beaux clichés. Nous nous renseignons sur le prix des croisières touristiques :
«-77 dollars ?!! » Lui dis-je.
« -Ouai, c'est pour quatre heures, c'est correct .
-Ha bon?
-Qu'est-ce que t'en penses?
-Je ne sais pas trop... heu..pourquoi pas......
-Donc on réserve ?
-Bon... d'accord, par contre j'aimerais bien voir la tête des gens qui embarquent d'abord... »
A peine dans le bateau, je commence déjà à déprimer. Il n'y a que de riches touristes du troisième âge, portant les même chaussures, les mêmes chapeaux, qui applaudissent à l'unisson les commentaires du guide. Il faut que je fasse abstraction, Ben les ignore déjà, il s'est mis dans sa bulle, je dois faire la même chose, car il faut que je profite du spectacle.
Je me retrouve pour la troisième fois au cœur du pays aborigène, dans un parc national, naviguant cette fois-ci dans un canyon sculpté par des millénaires d'érosion fluviale. Je me concentre sur la vue, j'oublie les larsens du micro pour prévisualiser dans ma tête mes futurs photos. Je me sens récompensé au moment ou je vois un crocodile se reposer sur les bords de la rivière, je dis à Ben, « elle coûte cher cette putain de photo, 77 dollars ! », il rigole. Je peux raturer ma liste de choses à faire en Australie, « prendre une photo d'un crocodile en liberté, çà … c'est fait ! ». Il est compliqué de voir un crocodile à l'état sauvage, ils sont discrets, celui-ci a l'air de toujours venir à la même place pour prendre le soleil, le guide savait exactement ce qu'il faisait en se rapprochant des rives. Malgré la beauté extrême de ce paysage nous n'allons pas passer un super moment méditatif, nous nous consolerons avec les images...






En revenant vers le « tourist center », nous nous demandons s'il nous faut rester ou rentrer à la maison. Encore une fois je le joue à pile ou face, nous restons, nous dormirons au camping cette nuit ( 17 dollars ).
Des 4X4 et des tentes de 15 mètres carré sont implantés sur la plupart des emplacements, nous cherchons un endroit truffé d'igloos, il n'y en a pas.
Nous nous installons dans un coin. Au dessus de nos têtes, des centaines de chauves souris sont accrochées aux arbres comme des fruits, elles poussent des cris stridents.


Au moment de cuisiner notre riz sur un réchaud bon marché, nous voyons apparaître un wallaby, c'est une femelle, son petit est caché dans sa poche, il ne sort sa truffe à l'air libre que de temps en temps. C'est le premier que je vois vivant, les autres étaient morts au bord des routes, écrasés par des routiers. Elle n'a pas peur de nous, elle reste à une vingtaine de mètre, s'assoit, elle me regarde dans les yeux, je l'appelle comme si c'était une chienne, ses oreilles bougent, elle ne vient pas vers moi. Nous l'oublions. La nuit tombe, nous mangeons :
« Hey, Vince, regarde ! » me dit Ben en souriant.
Elle s'est rapprochée de nous, elle n'est qu'à cinq mètres, attirée vraisemblablement par l'odeur du curry et des légumes. Je lui parle, elle continue à bouger ses oreilles, je lui tend un morceau de pain, elle s'approche, le prend délicatement dans ma main. Je la caresse du bout de l'index. Elle se laisse faire, puis recule, « attend ma belle, c'est le prix à payer, si tu veux du riz approche toi », elle comprend, je mets un peu de riz par terre, la caresse à nouveaux, son petit, curieux, montre sa tête, elle est minuscule, mignon comme tout. Elle reste encore quelques minutes avec nous, puis s'en va.
Nous sortons nos guitares, nous jouerons jusqu'à temps d'aller nous coucher. D'autres wallabies, intrigués par la musique feront leur apparition.


Au petit matin, nous sommes réveillés par les chauves-souris, elles hurlent à la mort, se battent avant de se coucher. Nous plions le camp, nous partons marcher.
Plusieurs parcours de randonnée ont été tracés dans le parc, certains se font en deux ou trois jours, nous prenons le chemin qui mène à la Butterfly Gorge . Le paysage est la fois aride et tropical , montagneux, il fait près de 35 degrés, deux serpents vont fuir en attendant nos pas, des papillons noirs avec des points blanc, des White Crows Butterlies, nous guident jusqu'aux rives de la rivières. Nous escaladons un peu cette montagne de roche sableuse, pour nous assoir en hauteur, sur son flanc. La vue est imprenable, nous méditons, n'usant aucune salive pour nous parler, c'est ce que j'aime chez Ben, car en plus d'être un chef spécialisé dans la cuisine française, d'être un fou de musique, d'être intéressant, il n'a pas besoin de causer pour se sentir vivant. Nous restons là, plus de deux heures, c'est notre récompense !




Nous rebroussons chemin, avançant prudemment. Le soleil est au zénith, nous regardons attentivement où nous mettons les pieds, de peur de marcher sur un serpent, particulièrement quand nous traversons un point d'eau, ceux que nous avons croisé ce matin raffolent des grenouilles, même s'ils ont peur de nous, s'ils se sentent agressés, ils tuent en moins de 45 minutes. Quand on fait attention il ne se passe jamais rien de mal.
Nous sommes en phase avec les éléments, au loin, l'horizon nous sourit...


Dans la voiture, en rentrant, mes yeux se ferment tous seuls, je me souviens de mon enfance, quand je luttais pour ne pas m'endormir ainsi, après un week-end actif, après m'être dépensé...
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:03, le 29/06/2011 dans Australie, Katherine Gorge Mots clefs : |
|
( Construite le long de Stuart Higway, cette route qui relie Darwin à Adélaïde, Katherine est une petite ville isolée dans le North Territory, une étape pour les voyageurs qui traversent l'Australie du nord au sud. Aux portes du désert, elle offre quelques sites naturels intéressants à visiter, dont le Nitmiluk National Park et ses fameuses gorges sculptées durant des millénaires par la rivière... Katherine.
Mis à part camper dans la nature ou se détendre dans des sources d'eau chaude, il n'y a rien à faire dans cette bourgade. L' intérêt qu'un backpacker trouvera à venir dans le coin ? L 'argent ! Les salaires sont élevés et l'économie locale tourne à plein régime. Vous pourrez cueillir des pastèques et des mangues, servir des bières ou des burgers à des barbus, cuisiner, faire le ménage dans une base militaire, dans un hôtel. Encore faut-il tomber au bon moment, rencontrer la bonne personne, avoir un peu de chance, de l'expérience ou du culot. )
Après trois semaines passées à Darwin, après une escapade à Kakadu, des derniers jours faits de rencontres, de déplacements en bandes, d'apéritifs géants, je me suis décidé à quitter Darwin. Disons qu'il fallait que j'aille voir ailleurs, bien trop de backpackers recherchent des emplois, et vu que je n'ai pas encore d'expérience professionnelle australienne, mis à part ces quelques jours passés chez Bill, je passais après les autres :
« - On a choisi quelqu'un ayant plus d'expérience que vous, désolé, votre entretien s'est bien déroulé, je garde quand même votre CV sous le coude.
-Vous plaisantez j'espère, vous avez lu mes références ?! Que diriez vous à un gamin de 20 ans. Çà fait 10 ans que je bosse dans le business!
- Sincèrement désolé Vincent, je ne doute pas une seconde de vos capacités, mais, vous n'avez pas de référents australiens... »
Ici les entrepreneurs aiment qu'on leur indique des personnes à contacter pour qu'ils puissent vérifier que vous êtes un bon travailleur, je ne leur ai laissé que des numéros de téléphone français. Il va falloir que je triche, comme certains, que je donne de fausses références, genre, serveur dans un restaurant italien, et que je note le numéro de Jacomo, un pote.
« Ciao... Vincenzo ? Cé oun poutin dé bon tlavaillor !!! Ma qué, j'aulé aimé né jamais m'en sépaler !... »
Mon idée première était d'aller sur Alice Spring, c'est une ville située au centre de l' Australie, au coeur du désert, qui ne laisse personne indifférent, peu de gens s'y plaisent, donc peu y restent. Je me disais que m'isoler dans un coin paumé où l'on est bien payé serait la meilleure solution pour mettre des sous de coté.
L'équation est simple :
Travailler à 20 dollars de l'heure minimum + ne rien avoir à faire mis à part boire 2 ou 3 bières le soir face à 1 « ZZTop » dans l' 1 des 2 seuls pubs du coin + tenir le coup pendant au moins 2 mois = compte en banque²
Laurent, un français, me dit qu'il n'en peut plus de zoner à Darwin, qu'il part pour Katherine « Y' a gavé de jobs là-bas, on s'y rejoint ?! », j'y songe sérieusement.
Le soir même, j' empreinte la guitare de Fabien. En faisant mon show dans le pré, en face du Frog's Hollow, au sein de notre troupe franco-germano-anglo-italienne, Clémence et Sean, me disent qu'ils veulent aussi quitter Darwin.
Dans le même temps, deux hollandaises, vendent leur voiture, une Ford Falcon blanche, un break. Après être allées chez le garagiste pour la faire réviser, elles me proposent la voiture pour 500 dollars, il y a l'alternateur à changer. Je vais au garage avec elles et Fabien ( mécanicien ) dés le lendemain. Je me renseigne sur l'état de la voiture. « C'est une bonne voiture, tu pourras rouler encore pendant 30000 ou 40000 bornes », me dit le garagiste. Je l'achète, fais faire les réparations, au final elle ne me coûte que 950 dollars, une « putain » de bonne affaire !
Un dernier passage au marché de Darwin afin de profiter du coucher de soleil, de voir ces musiciens barrés, d' écouter ce set hallucinant, où l'un fait vibrer ses toms, son shirley et sa grosse caisse à la sauce post-rock, où l'autre se joue de quatre didjeridoos « électronifiés », un chanteur-guitariste participant partièlement à la fête. Des aborigènes sont en transe, face à la scène. Un dernier barbecue sur la plage, notre décision est prise, nous partons avec Sean et Clémence à Katherine, au passage nous nous arrêterons au parc national de Litchfield et rejoindrons un couple d'américains et un allemand.
Au moment de dire au revoir, Thomas, me dit :
«- Hey Vincent, tu cherches toujours du boulot ? J'ai un plan pour toi, pour aller bosser quelques semaines sur un chantier, tu partirais en avion, tu y bosserais sept jours sur sept.
-Merci Thomas, mais je vais à Katherine, j'en ai marre d'être ici, j'ai besoin de bouger... »


Sean est un anglais de 22 ans, un fanatique de musique qui passe son temps à lire, ses écouteurs bien calés dans les oreilles. Il est calme, réfléchit, mûr pour son âge. Clémence à la trentaine, elle est blonde, sourit tout le temps. Elle possède un gros tempérament, une de ces femmes indépendantes qui aime s'amuser.
Nous sommes prêts. Nous passons à la station essence, faisons des provisions, « En route mauvaise troupe !!! ».
Je m'habitue rapidement au fait de rouler à gauche, la voiture fonctionne bien … jusqu'à quelques kilomètres de Litchfield, au moment de vouloir faire un demi-tour, elle cale, de la fumée s'échappe du moteur, du récipient contenant le liquide de refroidissement. Nous attendons un peu, je la recharge en eau, nous repartons.
Bo, Cory et Leandro sont déjà sur place, la nuit est sur le point de tomber, nous trouvons un camping.
Bo, est biologiste, je pars avec lui pour chercher du bois afin de faire du feu. Il m'enseigne comment le sélectionner, « le bois doit être dur, très dur », à grands coups de machette, nous récoltons six ou sept buches qui flamberont la nuit entière.
Nous passons la soirée autour du feu, je joue du ukulélé. Bo sors un didgeridoo de son van et me l'offre, un cadeau qu'un ami lui a fait, il attendait de trouver quelqu'un qui puisse prendre soin de son bébé.
« Merci Bo, j'sais pas quoi dire. J'ai trop de chance, il y a une semaine, Thomas et Hélène m'offraient une tente, quand je suis parti du Frog's Hollow, Fabien m'a donné sa guitare, et là ce didjeridoo, c'est un truc de « ouf »!... »
Ces trois routards ont un état d' esprit parfait, ils sont généreux, exubérants, attentifs à ce qui les entoure, intelligents, prêts à tenter n'importe quelle aventure. Sur un coup de tête, ils se décident d' aller nager, de nuit, à la cascade, nous les suivons. Frileux, je me contente de regarder les étoiles et d'écouter la nuit.
Le lendemain nous sortons de nos tentes au petit matin pour aller voir ces fameuses chutes d'eau, c'est splendide, il y a un peu trop de touristes à mon goût, mais nous ne boudons pas notre plaisir. Équipés de masques et de tubas, nous explorons les profondeurs de cette eau douce et fraiche, il y a des milliers de poissons. En remontant vers nos véhicules, nous croisons le chemin d' un serpent, il n'a pas l'air effrayé, il fait semblant de nous ignorer tout en faisant le beau.




Je vérifie le niveau d'eau de la voiture, j'en ai remis ce matin, il n'y en a déjà plus, j'ai l'impression qu'elle coule par terre. Je la recharge. Nous décidons de reprendre la route, nous avons encore deux cent kilomètres à faire, nous allons rouler tranquillement. Les hollandaises avaient baptisé cette voiture Sandy, je l'ai rebaptisée Emy, et là du coup j'ai l'impression qu'à l'instar de cette junkie de génie qu'est Emy Winehouse, elle a très mauvais caractère, j'aurai peut-être dû l'appeler Christine...
Quarante kilomètres plus tard elle s'arrête, il n'y a plus d'eau. Un australien vole à notre secours :
« C'est du sérieux ! Il doit y avoir un crack dans le moteur, l'eau va dedans, si vous allez jusqu'à Katherine, roulez lentement, maximum 60 à l'heure, arrêtez vous régulièrement pour remettre de l'eau. »
Sean et Clémence tentent de me convaincre de retourner sur Darwin mais je m'y refuse, s'il y a bien une chose que je n'aime pas, c'est revenir en arrière, j'ai besoin d'aller de l' avant, je ferai réparer Emy à Katherine. De toute façon, j'aurai beau dire tout ce que je veux au garagiste, il aura gain de cause, j'ai juste une facture indiquant qu' il a changé l'alternateur, mais je n'ai rien qui prouve qu'il a fait une révision de la voiture. Je tente le coup, nous allons peut-être tomber en panne au milieu de nul part, je m'en balance.
Je roule entre 40 et 60 Km/h, des trains routiers nous doublent à toute allure. Nous atteignons Pine Creek, 100 kilomètres après Litchfield, trois heures plus tard...
C'est une ville minuscule, il y a juste une station service, deux ou trois hôtels, un camping et un garagiste.
Je me renseigne pour faire opérer Emy, un type, derrière son comptoir, m'explique qu'il y a un enterrement, que le mécanicien est de la partie. Il me dit de repasser demain.
J'hésite, je ne sais pas quoi faire, j'attends ? Je continue ? Après avoir tenté de nous faire embaucher dans ce trou paumé, nous reprenons la route, faisons refroidir deux fois le moteur, récupérons de l'eau dans une roadhouse pour finalement nous garer sur un parking pour camion afin d'y passer la nuit. Nous mangeons des noodles « non délyophilisés », partageons une boite de thon et croquons dans une pomme en guise de dessert. Nous nous endormons en regardant deux épisodes de « How I met your mother ».
Nous nous réveillons vers 9 heure, donnons à boire à Emy, elle en demande toujours plus.
Nous roulons 40 bornes, il n'y a plus de station-service avant Katherine, nous remplissons des bouteilles dans une rivière en nous méfiant de l'arrivée d'un éventuel crocodile, l'eau est transparente, elle fera l'affaire.
Enfin la dernière ligne droite, nous pénétrons lentement dans Katherine, abrutis par le clic-clac des feux de détresse, nous nous garons sur le premier parking venu. Il est 14 heure, mission accompli ! Emy est sur le point de rendre l'âme, elle suffoque, elle couine, elle transpire...
Nous sommes déjà en train de déposer des CV dans tous les bars, les cafés, les restaurants, les magasins. Katherine est toute petite, son centre est composé d'une rue principale d'à peine 500 mètres de long, et d'une rue parallèle. Dans cet espace réduit il n' y a pas moins de quatre "bottle shops" ( magasins qui vendent uniquement de l'alcool ). Les hommes ont des dégaines de cow-boy, les femmes aussi (ou presque) , il y a beaucoup d'aborigènes qui errent sans but le long de la route, qui sont assis sur le terre-plein ...


Avec Clémence, nous revenons bredouille. Sean, en bon anglais, a déjà trouvé un job, barman au Motel.
« J'suis dégoutée en fait » me dit Clémence,
« -J'ai refusé un job à Darwin parce qu'on partait...
-Moi aussi...
-Je crois que je vais y retourner. J'suis trop impatiente! Putain ! Je n'étais à Darwin que depuis cinq jours! Je commence à regretter...
-Ne regrette pas, comprends. Je ne retournerai pas à Darwin, si je dois bouger, j'irai à Alice Spring, je vais attendre ici une semaine, et si rien ne bouge... »
Clémence partira deux jours plus tard, en auto-stop.
Avec Sean, nous avons garé la voiture sur le caravan-park, Emy ayant rendu l'âme, nous la squattons pour dormir. Pour l'instant aucuns rangers n'est venu nous dire de bouger, mais nous savons bien que nous n'avons pas le droit de nous installer ici.
Je passe quelques jours à trainer dans Katherine, j'ai postulé au supermarché du coin, au Mc Donald, dans un hotel pour travailler en tant que commis de cuisine, au golf-club, au country-club, toujours rien. La seule chose positive est que je dépense peu d'argent à vivre comme un gitan.
Sur le parking, des voisins sont arrivés, Sacha et Lara, un couple franco-allemand qui espère aussi trouver du boulot dans le coin. Un soir alors que nous nous faisons cuire des pâtes, un aborigène titubant vient à notre rencontre, s'assoit en tailleur à coté de nous :
« -J'ai faim, brothers, vous auriez du pain ?
-Tu veux du pain?... Tiens.
-T'as pas quelque chose pour mettre dedans?
-Non, désolé.
-Donne moi une bière, brother.
-...Tiens. » Je lui tend ma bière, je n'en ai qu'une.
« -Donne moi une cigarette, brother.
-...Tiens.
-T'as pas du poulet ou du bœuf pour mettre dans le pain?
-Non, désolé, on a juste ces quelques pattes, pour nous.
-Donne moi du bœuf... donne moi une bière... donne moi une clope.... donne moi....donne moi brother.,... brother....brother.
-Attend, tu m'a demandé du pain, je t'en ai donné, tu m'as demandé une bière je t'ai fait boire dans la mienne, tu m'as demandé une cigarette, je t'ai fait fumer. On a pas grand chose, on ne peut pas t'aider plus... »
Il reste assis, il ne cesse de nous demander, demander, demander, il est saoul, défoncé.
« Attends, tu arrives, on ne te connais pas, tu nous demande, on te donne, tu ne nous dis même pas merci, on ne peut rien faire de plus pour toi. »
Il reste assis, continue.
« -C'est parce que je suis noir hein? Tout ça parce que j'ai la peau noir » Il se tire la peau du bras.
« -Pas de çà avec moi s'il te plait! Que tu sois noir, ce n'est pas l'problème. Tu viens, tu nous demandes, on te donne et t'en veux toujours plus. Tu t' fous de notre gueule, tu te fous d'nous connaître, tu veux juste ce qu'on a. Tu n'te présentes pas, tu ne cherches pas à partager un moment avec nous. C'est pas une question de couleur. Non, on ne te donnera plus rien !
-Aidez moi, brothers, donne moi du bœuf, du poulet je m'appelle...merci...je m'appelle...merci...
-T'as rien compris! Ecoute moi bien, t'es le seul à pouvoir t'aider, le seul! Même tes frères de sang ne pourrons rien pour toi si tu ne décides pas de t'aider toi même, on est tous tout seul! »
Il a la quarantaine, ses traits sont épais, creusés, mais il boude comme un gamin. Il reste là, assis, se foutant complètement de ce que je lui dis, ses yeux sont globuleux, sa réalité est ailleurs. Nous arrêtons de cuisiner, remballons nos gamelles, fermons nos voitures à clé et partons marcher.
Nous sommes bouleversés. Nous nous rendons compte à quel point les aborigènes sont mis à l'écart de la société australienne, à quel point ils sont écorchés, brulés à l'intérieur comme à l'extérieur.
Il y a beaucoup de tribus qui vivent dans des réserves en respectant les us et les coutumes de leurs ancêtres, ces aborigènes sont sages, élevés spirituellement. Un grand nombre des aborigènes qui vivent en ville ont été exclus de leurs clans à cause de problèmes liés à l'alcool, à la drogue, à la pornographie. N' étant pas réellement inclus dans la société australienne, ils vivent des pensions de l'état et n'ont rien d'autre à faire que de trainer, ils n'ont pas d'emplois et çà arrange « tout le monde », seuls les artistes s'en sortent avec honneur, car le marché de l'art aborigène est florissant.
Quand vous vous levez tous les matins sans avoir de but et que vous vous sentez rejetés, qu'est-ce qu'il se passe ? Vous vous enfoncez, vous employez tous les moyens qui sont à votre portée pour tenter de vous échapper, rajoutez-y le fait que dans votre culture, on ne vous a jamais évoqué les dangers de l'alcool et des drogues, vous touchez alors le fond.
Ces êtres humains ne sont pas considérés comme tels, je lis le désarroi sur chacun de leurs visages, je ne compte même plus le nombre de fois ou j'ai vu une femme pleurer à chaudes larmes, hurler de dépit dans la rue. Le pire, c'est qu'ils sont bien plus chez eux, en Australie, que tout ces petits-enfants d'européens............
Je me réveille avec l'idée de quitter Katherine, j'en discute avec Sean, il me propose de s'occuper de la voiture pour qu'il puisse continuer à dormir dedans. Cela m'arrange,car je sais bien qu' Emy ne sera pas opérable, je me suis déjà fait à l'idée que j'avais brulé de l'argent.
Je regarde le prix des billets de train pour aller à Alice Spring, j'hésite, est-ce que je dois les acheter maintenant ? Pile ou face. Pile je les achète, face, pas maintenant... Face !
Je vais attendre demain.
Sacha et Lara sont de retour sur le parking en fin d'après-midi, il n'ont pas trouvé de job, ils sont désabusés, une femme leur a dit qu'il fallait qu'ils se lavent les cheveux avant de chercher du travail, ils veulent partir au plus vite. Nous buvons l'apéritif, mon téléphone sonne :
« -Allo?
-Vincent?
-Oui.
-Bonjour, Richard, directeur du Mc Donald's de Katherine. Vous cherchez toujours un emploi ?
-Oui !... »
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 03:57, le 19/06/2011 dans Australie, Katherine Mots clefs : |
|
( Il existe une terre magique, au nord de l'Australie, où vécu la plus vieille des sociétés humaine, le carbone quatorze ayant daté des traces aborigènes vieilles de 50000 ans. Selon la légende, ce paysage aurait été sculpté par une déesse reptile, The Rainbow Snake, qui se faufilant dans cette contrée , créa un habitat où une multitude d'êtres vivants ont évolué.
Kakadu est un espace protégé, qui s'étend sur près de 30000 kilomètres carrés, fait de massifs montagneux, de bilabongs ( trous d'eau ) marécageux, de forêts, de rivières, d'une bio diversité unique, où l'héritage tribale des Binings et des Mungguys, symbolisé par des peintures sur roche, témoigne d' une culture, d' un savoir ancestral emprunt de spiritualité et de respect pour l'environnement .
Et dire que l'homme blanc a détruit et perverti une grande partie de ce peuple. Quand je vois le visage d'un aborigène, j'ai l'impression de voir celui que j'avais, des milliers d'années plus tôt, avant que ma peau blanchisse, avant que mes yeux s'éclaircissent à force d'affronter des hivers rugueux, avant que mes ancêtres se soient décidés à quitter l' Afrique pour trouver d'autres terres.
Quand vous entrez dans Kakadu, vous faites un voyage motorisé dans le temps, c'est tellement bon de rouler sur ces routes d'asphalte, d'éviter ( ou pas ) un serpent qui traverse la route, de camper dans le bush, de grimper en haut d'énormes rochers, d'essayer de distinguer un crocodile qui pourrait se cacher au milieu des nénuphars, d'entendre un oiseau aux ailes turquoises rire comme un singe, d'admirer ces feux naturels qui soignent la nature avec une précision déconcertante, de voir l'horizon qui n'en fini pas, d'être allongé sous sa moustiquaire et de s'endormir face à des milliards d'étoiles, la voie lactée vous sautant à la gueule.
Wouaw... On a la sensation d'être seul au monde, loin de la civilisation, à l'état sauvage... )
Quand Hélène, Thomas et Octave m'ont proposé de les accompagner à Kakadu, dans un premier temps, j'ai refusé l'invitation. Je voulais avoir la conscience tranquille, je venais de travailler quelques jours chez Bill et je tenais à conserver cette dynamique, je me disais qu'il fallait absolument que je trouve un autre job. Absolument, absolument, absolument...
Quand Hélène m'a dit « Si tu ne viens pas avec nous, il faudra que tu te trouves d'autres amis qui ont une voiture pour aller à Kakadu. Tu ne peux pas louper çà, autant que tu le fasses avec nous ! » , tout est devenu clair dans ma tête, elle avait raison, autant y aller avec eux !
Je les ai rencontré au Frogs Hollow. Il me semble que la première fois que nous nous sommes parlés, c'était à table, Hélène était face à Octave, ils sont tous les deux français, je me suis assis à coté d'eux et nous avons commencé à discuter, naturellement. Puis se sont enchainés quelques autres repas, nos visages se sont familiarisés, j'étais stupéfait par le rire indescriptible de cette fille, charmé par leur gentillesse. Au début elle n'arrêtait pas de me parler de Thomas, sont petit copain allemand, elle me disait qu'il était le plus beau, le plus gentil, le plus intelligent. Je ne l'ai rencontré que quelques jours plus tard, et dans le fond, elle n'avait pas tout à fait tord en me décrivant son chéri, un chic type.
Ils sont ensemble depuis quelques années, se sont rencontrés lors d'un premier voyage en Australie, trois jours avant qu'elle rentre en France. Après deux semaines passées à la maison, elle a refait ses valises et décolla pour la Nouvelle Zélande pour ne pas louper sa « perle rare ». Ils ne se sont pas lâchés depuis, ils ont continué à vivre au Canada, en Amérique Latine, au Japon...
Il y à deux mois, ils ont adopté Octave. Il a la vingtaine, passe son temps à travailler et à gratter les cordes en nylon de sa guitare classique, il a une attitude nonchalante qui me rappelle quelqu'un au même age...
Nous nous décidons à partir, nous sommes lundi, il est 22 heure. Thomas a emprunté un van rouge a un de ses potes, avec Octave, nous venons juste de rentrer des courses, il n'y a plus qu'à... !
Nous avons trois heures de route, roulons à 90 kilomètres heure, Octave fait le DJ, il nous passe du reggae, nous fait écouter le groupe dans lequel il jouait, enchaine avec La Rue Kétanou, Noir Désir, Cat Empire, nous chantons Bohemian Rhapsody comme dans Wayne's World...
Nous faisons quelques pauses pour admirer des feux naturels nettoyer la forêt, je lève la tête au ciel, je n'ai jamais vu autant d'étoiles, je réalise que l'espace n'est pas si loin que çà.

Arrivés sur le site, nous trouvons un camping à Burbulda, installons nos tentes. Nous buvons quelques bières à notre santé, grignotons des tomates et du fromage, jouons de la guitare, chantons. Thomas sort une sorte de tuyau d'aspirateur blanc en PVC, il s'en sert de didgeridoo , le son est bluffant, il se débrouille bien. Nous n'allons pas faire long feu, nous avons l'intention de nous lever tôt pour partir à l'assaut du Kakadu National Park.


Au petit matin nous nous réveillons avec la lumière du jour, une cinquantaine de petits vampires se sont amassés sur ma moustiquaire, frustrés de ne pouvoir me sucer le sang. Nous sommes à coté d'une rivière, nous déjeunons les yeux rivés sur des échassiers qui marchent au milieu des nénuphars, pas de crocodiles en vue, dommage. Nous plions bagage pour nous rendre à Nourlangie, un région célèbre pour ses peintures sur roche. Dans un premier temps nous grimpons sur une plaine montagneuse pour admirer le paysage, prendre des photos. Ça fait du bien de marcher à la recherche d'un point de vue parfait, l'horizon s'étend sur des centaines de kilomètres.


Nous allons ensuite sur Nanguluwur, le site artistique aborigène.
A l'entrée, deux rangers vérifient les passes. Un passe pour Kakadu coûte 25 dollars, il est valable quelques semaines. Nous pensions passer à travers les mailles du filet, mais là, nous sommes obligés d'en acheter deux, Thomas ayant réussi à en récupérer deux autres avant de partir.
Le parcours fait environ deux kilomètres, un des deux rangers nous indique le meilleur accès, nous marchons sur des passerelles en bois, fixées au bord des rochers. Des panneaux nous content un peu d'histoire, nous expliquent la signification des peintures. Elles ont été restaurées, mais certaines ont plus de 20000 ans.
C'est fascinant, la conscience de l'homme ne datte pas d'hier, certes nous avons progressé scientifiquement et technologiquement, mais la façon dont fonctionnait notre cerveau n'a guère évoluée, la réflexion et l'analyse tournaient déjà à plein régime à cette époque là.
La mythologie aborigène est dessinée sur ces murs de granits.
Des kangourous géants, Nabulwinjbulwinj, un esprit à deux phallus, mangeur de femmes, Namarrgon, créateur de tonnerre, et sa femme Barrginj, Namarndjolg qui coucha avec sa sœur et devint plus tard Ginga, le grand crocodile des eaux salées, des danses, des rites...
Nous marchons lentement, de temps en temps, nous stoppons devant des araignées majestueuses, fières sur leur grande toile. Nous finissons notre ballade à 600 mètres d'altitude, la bouche ouverte, l'œil brillant.





En milieu d'après-midi, nous allons au Warradjan Aboriginal Cultural Centre, où se trouve un musée qui raconte les us et les coutumes des diverses tribus. Je ne suis pas un passionné de musées, je trouve qu'il y a toujours trop d'œuvres à voir, trop de lecture, je ne sais jamais quoi regarder.
Une photo me marque, un homme nu, dans le désert, un serpent dans la bouche. Avec Octave nous nous asseyons face à un grand écran, on y voit des femmes cultiver des patates douces, cuisiner des tortues, nous piquons du nez.
Un dernier détour, une dernière marche de 50 minutes pour regarder le coucher du soleil, et nous partons en quête d'un camping.

Nous roulons jusqu'à Malabanjbanjdju, l'espace est grand, il y a même des caravanes et des sanitaires, le grand luxe !
Un ranger a installé une toile et un rétro-projecteur, il s'apprête à partager son savoir avec les visiteurs. Nous nous asseyons près de lui, les moustiques sont oppressants.
Il peine à faire fonctionner son matériel, il nous dit que ses enfants ont dû jouer avec. Résigné, il s'assoit sur une chaise et se met à nous parler de son parc :
« Vous avez pu vous apercevoir qu'une grande partie du parc n'est pas encore accessible, des endroits sont encore trop gorgés d'eau et sont donc dangereux à cause des crocodiles.
Vous avez entendu parler de cette backpacker allemande ?
Cela s'est passé en octobre ou novembre 2002. Il y avait un groupe qui participait à un tour organisé. Un soir alors qu'ils faisaient la fête et qu'ils étaient sérieusement entamés, ils ont voulu se baigner, ont demandé à leur guide si ils pouvaient. La nuit pour sonder s'il y a des crocodiles, c'est simple, quand vous éclairez l'eau avec votre torche, leurs yeux rouges ressortent.
Le guide a regardé, il venait juste d'être embauché, il n'a pas vu de rouge, il a sauté à l'eau, montrant à la troupe ivre qu'elle pouvait le rejoindre, d' autres ont sauté, dont cette jeune femme.
Au bout de quelques minutes, il est ressorti pour aller chercher d'autres personnes leur disant de venir s'amuser dans l'eau. A son retour, il manquait une personne, il a allumé sa lampe et a vu une dizaine de points... rouges. Les autres nageurs sont rapidement revenus sur les berges.
Nous avons été appelés vers 22 heures, nous sommes arrivés sur place. Il nous a fallu, dans un premier temps, trouver le crocodile qui avait attaqué la fille. En général, ils n'attaquent pas automatiquement l'homme, mais celui-ci, long de quatre mètres, avait une patte en moins et était dans un état de famine. Quand nous l'avons retrouvé, il avait encore le corps entre ses deux mâchoires. Ils nous a fallu le harponner avec une sorte de javelot, en plantant trois derrière sa tête avant qu'il ne lâche le corps. Il nous a tracté pendant quelques minutes et a plongé, restant plus d'une heure à trois mètres de fond avant que nous puissions l'abattre. Il nous a fallu alors retrouver le corps de la jeune femme pour pouvoir le restituer à sa famille. Nous sommes retournés à l'endroit du premier impact, l'eau est limpide, en l'éclairant, il est aisé de voir le fond, nous avons dû l' harponner pour la récupérer. Ça faisait quatre jours qu'elle était en Australie... »

Une fois ces histoires terminées, nous changeons de camping, pour rester ici il nous faut payer 10 dollars. Nous en trouvons un autre, à quelques kilomètres de là. Nous sommes seuls, personne à l'horizon. Nous installons notre campement, près à nous faire griller de la viande hachée de kangourou, à boire de la téquila et des bières, à composer une chanson autour du feu, The Mosquito Killer Song. « Ces putains de moustiques nous rendent dingue ! ». Nous nous coucherons saouls.
Le lendemain matin nous nous réveillons tard. Le temps de ranger tout notre bazar, nous décollons vers 11 heure, direction Gubar, où nous passerons toute l'après-midi. Nous garons le van, remplissons nos sacs de provisions, d'eau, Octave se charge de porter la guitare, il joue en marchant pendant une demie heure, sur un chemin pédestre, à travers un bush orné de montagnes, d'herbe sèche, de fleurs violettes. Nous arrivons près d'une source d'eau, trouvons enfin un endroit où tremper nos pied. L'endroit est paisible, nous sommes bercées par le bruit d'une chute d'eau qui est au loin, nous nous allongeons sur des rochers plats, sur un tronc d'arbre couché, regardons des bancs de poissons-chats composés de centaines d'individus. Thomas grimpe sur des rochers pour sauter dans l'eau. Nous reprendrons la direction de notre véhicule juste avant le coucher de soleil.




Notre périple se termine, nous rentrons à la ville, le soleil vient de se coucher, dans trois heures, nous serons à Darwin ...
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:51, le 28/05/2011 dans Australie, Kakadu Mots clefs : |
|
( L'extrême nord de l'Australie est une région tropicale, où alternent les saisons sèches et humides. Pendant l'hiver, Darwin, la capitale du North Territory, est la ville la plus ensoleillée du sud est du globe ( selon quandpartir.com ). Les backpackers et les australiens s'y réfugient pour fuir la fraicheur du sud, pour visiter ou gagner de l'argent.
La région semble magnifique ( je n'ai pas encore vraiment mis le nez hors de Darwin ), il y a de vastes réserves naturelles, où se mêlent des canyons désertiques, des forêts et des rivières tropicales. C'est la terre de Crocodile Dundee, il est d'ailleurs très compliqué de trouver des endroits où se baigner, hormis des piscines et des lacs artificiels, car les reptiles géants, chers à notre bon vieux héros au gros couteau, sont chez eux partout, y compris dans l'océan. En plus de ces grosses bébêtes, si vous mettez les pieds dans l'eau salée, vous aurez toutes les chances de caresser de charmantes méduses-boite, qui parait-il, peuvent être mortelles. Hum! Ça donne envie, hein !?
Darwin est une ville active, portuaire, avec un taux de chômage proche de zéro. Son architecture est carrée, elle est faite de rues parallèles et perpendiculaires, sa taille est moyenne. Elle est paisible, fêtarde, disciplinée, les piétons attendent sagement que les feux passent au vert pour traverser les passages, elle est sacrément procédurière. )
Je suis à nouveau seul depuis quelques heures. Le temps de voler de Bali jusqu'à Darwin, je réalise que cela ne m'était plus arrivé depuis que j'ai quitté l'Inde. Trois semaines avec Rico dans le sud de la Thaïlande, trois semaines avec Garrou entre Chiang Mai et Vientiane, un mois et demi avec Didier de Bangkok à Legian... J'ai le sentiment de commencer un nouveau voyage.
Le jour va se lever, je fais mes premiers pas sur le sol australien aux aurores. Le vol a été court, départ 23h30, arrivée 4h15 heure locale ( une heure et demie de décalage horaire ).
Je viens de sortir de l'avion, marche dans le couloir fléché jusqu'à un premier check-point, je prend la file d'attente. Un grand gars, sérieux, me regarde derrière ses lunettes :
« Vous avez un visa ?... Merci... Rien à déclarer ? Vous voyagez seul ? Hum... Thaïlande, Bali, Inde... C'est bon pour vous Monsieur! »
Il tamponne mon passeport.
Je récupère mon sac sur le tapis roulant, me dirige vers un banc pour le mettre confortablement sur mon dos. Une jolie fausse blonde m'intercepte, elle m'a repéré, elle doit sûrement vouloir un numéro de téléphone que je n'ai pas, non... elle est en uniforme, droite dans ses rangers :
« Vous parlez anglais ? Que venez vous faire en Australie ? Pourquoi avoir choisi cette destination ? Vous voyagez seul ? Avez vous l'adresse d'une personne que vous connaissez, vivant sur le territoire ? Rien à déclarer ? Du bois, des médicaments, de la drogue, duty free ?
C'est bon Monsieur, vous pouvez y aller ! »
Je prend la file qui mène au contrôle des bagages. Au milieu de celle-ci, un jeune majeur, lui aussi faux blond, coupe à la brosse :
« Vous voyagez seul ? Allez-y monsieur ! »
Dix mètres plus loin, un homme proche de la retraite récupère ma carte d'embarquement :
« Rien à déclarer monsieur ? C'est bon ! »
Et enfin, le passage des bagages aux rayons X :
" Bienvenu en Australie Monsieur Noël ! "
Je tourne en rond quelques minutes dans le hall des arrivées, sors fumer une cigarette.
Une malaisienne vient à ma rencontre pour discuter. Elle a vu tous les contrôles auxquels j'ai eu droit, elle a étudié le français, participe aux Arafuna Games, une olympiade entre des nations d'Asie et du Pacifique.
Il est cinq heure du matin, je n'ai pas envie de dormir par terre sur cette moquette. Je vais au point d'information, prends un ticket de bus pour 15 dollars, me rends au The Cav, où j'ai réservé un lit en dortoir. Le bus me dépose dans Cavenagh Street.
Un réceptionniste, casquette noire, barbe noire, t-shirt noir et claquettes Hawaienas... noires, m'explique que je ne pourrai intégrer ma chambre qu'à 14 heure. Je comprend à son accent qu'il est français.
Je m'assois sur une chaise de la terrasse. Me voici donc chez les « ozies », je viens d'atteindre un objectif, j'ai traversé la moitié du globe. Je m'étais bien acclimaté à l'Asie, donc sur la fin, je n'avais plus beaucoup de surprises. Hier, j'avais à nouveau la boule au ventre, la même que j'ai senti avant de partir de France, cette boule qui me donne l'impression de me mettre en danger, cette boule qui ressurgit à chaque fois que je m' apprête à prendre la passerelle vers l'inconnu. Le présent est de retour !
J'ai donc huit heures à tuer. Je marche seul dans les rues, tel un zombie inoffensif, ne sachant pas où aller. Les cafés ne sont pas encore ouverts.
Je découvre cette urbanisme si anglo-saxon. J'attends l'ouverture du Woolworth, un super-marché. Je ne suis pas rentré dans une grande surface depuis des mois, je lorgne le pain, le fromage, la viande rouge, m'achète des provisions.
Je retourne à l'hôtel, ressors dehors, retourne à l'hôtel, ressors..


Finalement, sur les coups de onze heure, je m'étend sur un transat, au bord de la piscine du The Cav, je m'endors.
Je suis réveillé quelques heures plus tard par un soleil brulant, par le bruit d'éclaboussures et par le piaillement de trois femmes qui jouent dans l'eau.
13h42 !!! Je récupère ma clé, m'enferme dans un dortoir de quatre lits, il y a une télé, un frigo, la clim', pour moi tout seul ! Je tombe dans les bras de Morphée.
( Plus tard dans la journée )
J' ai atterri dans un épisode de Melrose Place. Le bâtiment, en forme de U, semble avoir été construit autour de la piscine. Les acteurs sont tendances, en bande. Omnubilés par leur apparence, ils font semblant d'ignorer les autres clans. Il y a un grand bar ouvert au public où d'aisés locaux consomment de la bière dés dix heure du matin et se dandinent près de la marre de chlore, ils rentrent le ventre, elles exposent leur string Roxy.

J'ai réservé pour trois nuits. Le samedi, je m'occupe des taches administratives, demande ma Taxe File Number ( obligatoire pour travailler et payer les prélèvements ), ouvre une ligne téléphonique et un compte en banque, corrige mon curriculum-vitae.
Le dimanche mon planning est vierge, mon activité, quasi nulle. Je rencontre Joachim un jeune allemand, et une japonaise. J'aime bien les allemands, surement parce qu'ils m'évoquent mon enfance vécue sur les rives de la Moselle, et les japonais parce qu' ils sont à la fois réservés et barés, comme moi.
Le lendemain, avant de quitter définitivement cet hôtel, je vais déposer des CV dans des boutiques de vêtements, m'inscrit dans des boites d'intérim.
Je vais au Frogs Hollow Backpacker, une vraie auberge pour voyageur. Ici, il n' y a pas de paillettes, des kilomètres de cheveux et de dread-locks s'enmellent, des kilogrammes d'encre sont incrustés sur les peaux, le nombre de sourires est incalculable. Nous sommes une centaine, pour faire la cuisine, c'est la guerre, les chambres ne sont pas très confortables, mais l'ambiance est agréable.
On dirait un club de gens intéressants.

Je passe la semaine entière à chercher du boulot, je m'organise chaque jours de la même façon :
8 heure : Levage, petit déjeuner ( gratuit ), lavage.
9 heure : lisage des offres d'emploi au cybercafé, mailage, envoyage de CV.
11 heure - 16 heure : Faisage du tour des agences, déposage de CV, relançage, partage pour le centre commerciale de Casuarina pour démarchage.
17 heure : Driblages et plats du pied, participage au match de foot entre les hollandais et le reste du monde, et admirage des chauves-souris de grande envergure qui planent au dessus de nos tête.
18 heure 30 : mettage ou encaissage du but vainqueur.
19 heure : bataillage dans la cuisine.
20 heure : buvage de bières à 16 dollars le pack de six.
23 heure : Couchage.
Il faut absolument que je travaille, il me reste de l'argent, mais je ne dois pas le dépenser sous peine de rentrer plus tôt que prévu, il faut que je fructifie mon capital. Le coût de la vie est hallucinant, après l'Asie, çà fait mal au … Un kilo de tomates vaut plus de 6 dollars, deux yoghourts, 4 dollars,
un paquet de tabac de 50 grammes, 30 dollars, une semaine de logement, 150 dollars, je ne vous parle pas du prix de la viande, des oeufs et du fromage.... En revanche, les salaires sont en conséquence, un backpacker touche en moyenne 20 dollars de l'heure, un ouvrier qualifié peut toucher jusqu'à 50 dollars de l'heure !
Je réussi à décrocher un entretien dans un magasin, qui c'est très bien déroulé selon les dires de la patronne, elle m'annoncera au téléphone qu'elle a choisi une australienne mais qu'elle garde mon CV sous le coude.
Je suis comme Don Quichotte, je me bats contre des moulins à vent, je dépense de l'énergie pour un résultat... nul. Je pensais que ce serait plus simple, mais bon je ne suis là que depuis une semaine. Le nombre de voyageurs-travailleurs est important, concurrence oblige !
« Laisse passer le week-end, détends toi, on verra çà lundi »
Le samedi soir je me rends avec Jacomo et Frederico, deux italiens, Yoshi, un japonais, et Fabien, un français, à 60 kilomètres de Darwin, dans le bush, pour participer au Dragon Fly Festival.
L'entrée est à 40 dollars, je m'imagine un événement, mais ce n'est qu'une petite « teuf » dans les bois. Le sound-system est moyen, la musique est à l'échelle de cette soirée. Un stand vend du tchaé, un autre, des huiles essentielles énergétiques et des exitants sains et naturels .
Pour ce prix, en France, nous avons le droit à du gros son, à des têtes d'affiche. Nos bonnes vieilles free-partys étaient d'un niveau incomparable. Même si les organisateurs ont l'air de mettre du cœur à l'ouvrage et semblent être passionnés, çà sent un peu l'escroquerie.
Je compense en discutant avec mes « co-voiturés », en buvant des bières, en admirant ce ciel étoilé dénué de toute pollution lumineuse. C'est ma première sorti à la campagne, je savoure...

Le lundi, je remonte dans le même manège, repars à l'assaut des emplois, toujours pas de résultats. Il faut que je change de stratégie, que j'arrête de chercher des boulots dans la vente, je vais devoir bosser avec mon courage et mes mains.
J'obtiens ma White Card sur internet, c'est indispensable pour travailler dans le bâtiment, c'est une formation sur la sécurité, on vous explique pourquoi il faut porter des chaussures et un équipement adéquat, qu'il faut faire attention, on vous enseigne comment manipuler des charges.
Pour l'état, c'est une façon de se déresponsabiliser en cas d'accidents liés à l'inattention, « On vous avait prévenu, vous ne toucherez pas de pension d'invalidité ! ».
C'est un test, il faut répondre à 100% des questions, à chaque réponse fausse, vous reculez de deux questions, et tout çà pour la maudite somme de 90 dollars.
Dans le même genre, je passe le Responsible Service of Alcohol, celui-ci est obligatoire pour travailler dans les bars, là, on vous apprend à ne pas servir de l'alcool à un mineur, à un gars trop saoul ou à un drogué « le drogué a les pupilles dilatées, il peut dégager une attitude agressive, il a tendance à se gratter ». 50 dollars.
Le mercredi je me lève tôt, et pars avec Sylvain ( encore un français, il y a des français partout! ) vers le port avec l'espoir de pouvoir gagner enfin de l'argent en déchargeant des bateaux. Le temps d'arriver, il est 7 heure et demi, c'est trop tard, les postes sont déjà pourvus.


C'est le jour des offres d'emplois, nous allons acheter le journal, sur la route nous appelons deux personnes ayant posé des annonces sur Gum Tree, un site spécialisé. Le premier cherche un manœuvre pour faire des travaux de jardinage, c'est pour Sylvain, il commence demain. Le second est un agriculteur qui prépare la saison des pastèques, il est intéressé, mais la cueillette ne commence qu'à la fin du mois, il doit me rappeler d'ici là. Nous rentrons au FrogsHollow, il est huit heure, je me refais un café, m'assois devant le journal. La réceptionniste du backpacker se dirige vers Thomas, un allemand avec qui j'ai sympathisé:
« - Thomas, tu veux bosser ?
-J'ai déjà un boulot, Vince, lui il est dispo ! »
Elle me tend un papier, il y a marqué : Bill, son numéro, entre 15 et 18 dollars « cash in hand » ( non déclaré ). Je l'appelle, il me dis qu'il vient me chercher.
Quinze minutes plus tard, je le vois dans son pick-up blanc, rouillé, il est gros, cheveux blancs, barbe blanche, il n'a pas l'air d'être en bonne santé. Il m'amène chez lui.
Il n'est plus capable de faire des travaux physiques, je m'occupe de ramasser des branches, les jette à la déchetterie, taille des palmiers, tonds la pelouse. J'étais censé travailler une journée finalement je vais travailler quatre jours chez lui. Il y a tant à faire, on m'a souvent dit que j'étais bordélique, mais là, j'ai trouvé mon mentor, je n'ai jamais vu quelqu'un aussi désordonné. Je ne sais pas si l'émission Strip-Tease tourne encore des épisodes, si c'est le cas, j'ai un sujet très intéressant:
« Bill l'australien, le type qui arrose sa pelouse et ses arbustes assis sur une chaise, toute la journée durant, qui sait parfaitement donner des ordres, qui est rustre, qui dit trois fois « fuck » dans la même phrase, dont le garage est une déchetterie, dont le salon est un vide ordure, qui héberge Hans, un écrivain franco-allemand âgé qui vit dans une caravane au fond du jardin.... »
C'est un sacré personnage, dans le fond je l'aime bien, son rare sourire de la journée vaut le coup d' être vu, des fois j'ai du mal à le comprendre à cause de son accent prononcé, ça l'énerve un peu, mais il est très reconnaissant pour le travail que j'accomplis, il me paye correctement, 18 dollars de l'heure.
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt ? Intéressant...
|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:58, le 23/05/2011 dans Australie, Darwin Mots clefs : |
|
Çà y est, j'y suis presque, dans 30 heures je reprend l'avion, je quitte l'Asie après y avoir passé cinq mois. L'Australie me tend les bras...
Au départ je n'avais pas prévu de venir à Bali, c'est à Kuala Lumpur, quand j'ai cherché un billet d'avion pour me rendre à Darwin que j'ai réalisé que je n'aurai d'autres choix que de revenir sur l'île des dieux. Sachant que je l'avais déjà visitée de fond en large, je n'ai pas eu envie de refaire ce que j'avais vécu deux ans et demi plus tôt. J'ai préféré lézarder près de l'eau, me languir dans le jardin extraordinaire du Three Brothers, profiter de mon vieil ami Didier et de mon nouveau pote Antony.
Après notre escapade à Ubud, nous sommes revenus à la ville, nous échappant une journée, en scooter, pour aller dans le coin le plus au sud de l'île, Uluwatu, le paradis des surfeurs et des surfeuses qui savent dompter des "short breaks" de deux mètres.






Un soir, à Legian, en rentrant chez nous, nous nous sommes assis avec trois indonésiens qui jouaient de la guitare et chantaient dans la rue. J'ai participé à leur petite fête, Did leur a offert une bière et nous sommes restés avec eux pendant deux ou trois heures, hurlant en cœur de bons vieux airs anglo-saxons.
Le lendemain soir, je me suis retrouvé au Vi Ai Pi de Kuta, avec Denis, l'un des trois musiciens, et son groupe , me prenant pour Jim Morrison en chantant Road House Blues sur une scène avec des retours et un son de folie.
Deux heures plus tard, dans un bar, je chantais la même chanson avec un autre groupe, des potes de Denis. Ce soir là je n'ai pas pensé à prendre ma caméra...
A défaut de vous offrir en image ces prestations où j'ai pris un pied énorme, je vous envoie une petite chanson qui n'a rien d'électrique, un morceau qui correspond assez bien à ce que je vis depuis six mois, une reprise de Guaranteed d' Eddie Vedder,
« Into the Wild ? Yes I am !!! »
|
|
| Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 06:02, le 4/05/2011 dans Chanson, Uluwatu Mots clefs : |
|
( Bien loin de l'ambiance ultra consommatrice du sud de l'ile, il existe un petit bout de campagne qui se nomme Ubud. Entourée de rizières, d'un environnement pittoresque, on y saisi le vrai sens de Bali. Toutes les facettes de la finesse balinaise y sont incarnées. Les habitants ont un sourire délicat, sincère, comme si on leur avait greffé à la naissance. C'est une terre où l'inspiration artistique s'élève au dessus des villages, dans chaque petit « boui-boui », on peut apercevoir des peintres, des sculpteurs, qui s'appliquent a donner une âme à des objets.
Bien évidement, l'hindouisme y respire, on a comme la sensation qu'une petite voix nous narre un de ces contes qu'on nous lisait quand nous étions enfant, des représentations de monstres, de lutins maléfiques se tiennent fièrement dans les jardins et les temples, protégeant les gentils des forces du mal.
Qu'il est bon de rouler des heures dans ce paysage, d'absorber les kilomètres et les kilomètres, de pénétrer dans cette exposition naturelle.
Certes, Ubud reste un endroit touristique, il vous suffit de marcher dans ses rues pour voir que tous ces magasins aux étalages ordonnés et rafinés visent une clientèle huppée, mais paradoxalement c'est ici, aussi, que vous trouverez des hébergements bon marchés, et d'humbles restaurants où vous mangerez à votre faim pour deux euros. Ode au romantisme...)
Lassés de dépenser tout notre argent dans des lieux dédiés aux occidentaux, nous décidons de quitter la ville, le dimanche 24 Avril, prêts à emmancher des deux roues pour partir retrouver un atmosphère sain, celui de la campagne.
Nous laissons nos bagages à la réception du Three Brothers, prenant avec nous le strict minimum pour survivre, sentir bon et enregistrer quelques moments de vie. Je tasse deux t-shirts, deux caleçons, mon nécessaire de toilette, un appareil photo et mes papiers dans mon petit sac à dos, nous allons rouler pendant des heures, je ne veux pas avoir trop de poids sur les épaules.
Antony nous rejoint en fin de matinée, nous allons louer nos scooters à deux pas de l'hôtel, des 100 cm3 automatiques, pour 30000 roupies la journée ( 3 dollars ).
J' enfile mon casque, cale mes fausses lunettes Carrera, tourne la clé, enclenche le démarrage électronique, " Lets Go" ! Un dernier regard à l'attention de mes deux acolytes, un signe de la tête, c'est parti...
Ok, on ne roule pas en Harley Davidson, ok, nous avons laissé les perfectos, les gants et les chaines aux vestiaires, ok, la route 66 est à des milliers de kilomètres, mais je ne peux m'empêcher de fredonner cet air d' Easy Rider, « Born to be wiiiiiild », nous sommes quand même à Bali, c'est un bien plus « rock'n roll » que de rouler en ciao sur les routes de campagne du val de l'Indre !
La veille nous sommes allés, encore une fois, nous rincer au Sky Garden. Tous les soirs, dans les rues de Kuta, on vous distribue de fausses cartes « VIP Gold », qui donnent le droit d' y boire et d' y manger gratuitement de 22 heure à 23 heure. Autant vous dire que la foule est au rendez-vous, pendant une heure, les touristes alcooliques mettent leur peau de « crevard ». Mine de rien, ça permet de faire de bonnes économies, vous laissant le temps de boire un bon nombre de verres, vous calant pour le reste de la soirée...
Antony dégage encore quelques vapeurs éthyliques :
« Hey les Bee Gees! Faut absolument que je mange un Mc Do dégueulasse, y'a qu'ça qui peut éponger ce qu'il me reste dans l'estomac ! P'tain faut qu'je mange là, on s'arrête au premier venu !!! »
Nous roulons dans la folie balinaise, les routes sont noires de véhicules, nous nous faufilons entre les voitures et les scooters. Ici, la règle est de ne surtout pas respecter le code de la route, il faut s'imposer, ne laisser passer personne sous peine d'être bloqué et anticiper les moindres réactions des autres conducteurs. Il faut être concentré et sûr de soi !
Nous faisons un détour d'une vingtaine de kilomètres pour trouver la maison de Ronald, nous avons perdu Didier, nous sommes allés tout droit, sans jamais tourner, mais la circulation a eu raison de lui. Pendant que Garrou s'empiffre, nous nous inquiétons, nous espérons qu'il ne lui soit rien arrivé de mal, l'appelons huit fois sur son téléphone, la neuvième sera la bonne. Comme il ne nous voyait plus, il a fait demi tour, a pris la direction d' Ubud, il nous attend sur le bord de la route.
Nous redémarrons:
«- Garrou, si on se perd, on se rejoint à Ubud.
-Ok ma poule! »
Au bout de quelques minutes, je ne le vois déjà plus, il roule à toute allure, comme un « titi » parisien, il double de tous les cotés.
A un feu rouge, je suis des locaux, dépassant comme eux la ligne blanche qui sépare les deux voies. J'entends un coup de sifflet, un policier fait signe en ma direction, je fais comme si je ne l'avais pas vu, il insiste, c'est bel et bien moi qu'il veut, « le portefeuille sur pattes ».
Il me demande de me garer, m'invite à rentrer dans sa cahute, me dit de m'asseoir à coté de celui qui semble être le chef.
« -Tu as ton permis de conduire ? » 90% des étrangers roulent ici sans le permis international, je lui présente le mien.
« -Bon, pour le permis c'est bon... ha non, permis B, c'est le permis voiture, tu n'as pas le droit de conduire un deux roues!
-Si Monsieur L'agent, j'ai le droit de conduire un 125 cm3...
-En France, mais là tu es en Indonésie!
-Mais... C'est un permis international...
-Bon d'accord. Tu sais pourquoi on t' a arrêté ?
-J'attendais que le feu passe au vert, pour contrôler mon permis?
-Non Monsieur, tu étais sur l'autre voie, de l'autre coté d'une ligne blanche. »
Je fais comme si je ne comprenais pas, faisant preuve de la plus grande des politesses :
«-Mais Monsieur l'agent, je ne suis pas passé au feu rouge, j'étais avec l'ensemble des autres scooters, j'attendais...
- Tu as fait une infraction ( il me montre un plan, me fait un dessin, je continue à faire mine de rien ), donc çà va te coûter 500000 roupies, tu vas te rendre au commissariat de Denpasar ! »
Les policiers balinais sont les plus corrompus que j'ai croisé, en général, quand ils vous annoncent une somme officielle, ils attendent de votre part, que vous leur demandiez si vous pouvez vous arranger autrement, que vous leur glissiez discrètement un billet dans la main. J'ai déjà vécu cette expérience car je n'avais pas mon permis sur moi, cela m'a couté 50000 roupies. Antony, s'est déjà fait arrêté trois fois dans la même journée, payant trois fois 50000. Quand ils ont besoin d'argent, ils se posent à un carrefour et arrêtent tous les touristes, des fois ils le font sans être en service, à la débauche. Sachant que le salaire moyen d'un policier est d' un million de roupies, il lui suffit de contrôler une vingtaine de scooters pour toucher l'équivalent de sa paie en une journée. Abus de pouvoir...
« -Monsieur l'agent, je n'ai pas vu, j'ai fait comme tous les autres scooters, je n'étais pas le seul...
-Regarde cette grille d'infractions, non respect des feux et de la signalisation, 500000 roupies.
-Mais Monsieur je n'ai pas grillé le feu...
-Feux et SIGNALISATION ! C'est marqué là! »
Je bluffe :
« -Je n'ai pas d'argent sur moi Monsieur l'agent...
-Je vais te faire un papier et on va aller à Denpasar.
-Regardez Monsieur, là, au feu, il y a bien une dizaine de scooters qui font la même chose, tous le monde fait cela, ici. Et vous, vous m'arrêtez moi, parce que je suis un blanc... »
Ne voulant certainement pas être pris pour un raciste, il me redonne mon permis, me sourit :
« - C'est bon Monsieur, tu peux y aller.
-Merci beaucoup, je repars dans quel sens pour ne pas commettre une infraction? »
Il fait signe à un de ses hommes, qui arrête la circulation pour que je puisse partir.
Cinq cent mètres après, je retrouve Didier, il a vu la scène de loin, du bord de la route.
Il nous reste quarante kilomètres à faire pour atteindre Ubud, nous y serons dans une heure.
Nous roulons a vive allure sur ces routes de campagnes, traversant un bon nombre de villages, qui respirent l'artisanat, bordés d'échoppes où des hommes travaillent le bois, sculptent d'énormes statues de pierre représentant Ganesh, Shiva, Saraswati ou encore Buddha, peignent des toiles spirituelles, psychédéliques.
Arrivés à Ubud, nous cherchons Antony, nous ne le trouvons pas. Nous repérons un point wifi pour lui envoyer un message et lui donner rendez-vous à coté du marché. Nous attendons une vingtaine de minutes, scrutons attentivement la moindre personne portant un t-shirt vert. Personne à l' horizon.
Nous nous décidons à trouver un endroit où dormir, atterrissons au Mawar Home Stay, investissons un bungalow ( terrasse confortable, salon, méridienne ) pour la somme de 150000 roupies, petit déjeuner inclus. Cet endroit possède un jardin rempli de plantes colorées, une jolie fontaine. L'harmonie règne.
Nous avons garé nos engins dans une des rues principales, après les avoir récupérés, j' entend :
« -Putain!!! Vince!!!
-Hey! Tony.
-Les gars çà fait cinq heures que j'vous cherche!!! Vous étiez où ?!!! J'étais prêt à repartir, j'ai niqué un plein d'essence, merde!!!
-C'est bon, calme toi, on t'a envoyé un message...
-J'suis resté une heure à attendre devant le marché, là, assis sur le trottoir !!!
-On t'a attendu à l'autre angle... Viens, on a trouvé une chambre. »
Il fait déjà nuit, nous allons manger au Warung Lokal, un nasi-goreng à 8000 roupies, enfin un repas qui nous permette de retrouver nos racines de voyageurs. Du simple, du pas cher ! Nous sommes à nouveau des « bag-packers »!!!
Nous allons passer notre séjour à rouler, à rouler et à... rouler dans les environs, partant à l'assaut du temple de la famille royale de Mengwi, tournant souvent en rond car les locaux nous orientent dans des directions opposées ( il aurait été judicieux que nous achetions une carte ), nous arrêtant pour admirer des rizières, observer le paysage, des travailleurs, des artistes, écouter des percussionistes, nous perdant dans la forêt des singes, visitant ces boutiques pleines de goût qui ciblent une clientèle haut de gamme, vivant au ralenti. Manger, rouler, dormir, manger, boire, vivre, rouler, dormir...





( "Votre attention s'il vous plait, les femmes ayant leurs règles sont strictement inderdites d'entrer dans le temple. Merci" )







( Notre hôtel )





( Dieu se transformerait-il en poule pour consommer les offrandes ? )

C'est notre dernier jour, nous sommes le 28 Avril, Antony est déjà rentré, il prend son avion,demain, qui le mènera dans un premier temps à Jakarta, puis ensuite à Manille.
Nous retournons chez les vacanciers pour passer une dernière soirée avec lui...
|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 06:31, le 1/05/2011 dans Bali, Ubud Mots clefs : |
|
( Bali, l' île des dieux... Ce joyaux vert, empli de finesse, ce jardin edenien réussit à garder son caractère malgré l'invasion d' hordes d' australo-australiens, de surfeurs blonds décolorés et de leurs familles qui le considèrent comme une vulgaire maison de campagne où les gosses peuvent dépenser leur argent de poche dans la bière et les femmes... Heureusement, Bali ne se résume pas à Kuta, Legian et Seminyak. Les deux premières accueillent essentiellement des "ozies", les meilleurs et les pires, Seminyak se veut plus européenne, plus tendance, spécialiste d'une mode dite « hippie chic », elle rassemble la plupart des expatriés et les vacanciers qui ne supportent pas Kuta mais qui ont quand même besoin de vivre dans un cadre occidental.
Si vous êtes à la recherche d'authentique, de rizières à étages d'un vert pur, de volcans, d' us et de coutumes locales, si vous souhaitez vous nourrir de cette richesse culturelle que possèdent les balinais, de cet univers quasi psychédélique, né de leurs croyances hindous, passez votre chemin, fuyez cet axe Kuta-Legian-Seminyak, allez à la campagne !!! On vous demandera sans cesse : « Taxi ?!! » « Scooter ?!! » « Viens faire un petit tour dans ma boutique, regarder c'est gratuit », on tentera de vous vendre tout ce dont vous n'avez pas besoin, vous récolterez quand même, au passage, les plus beaux des sourires... )
« -Vincent ! Il est 7 heure ! »
Je me réveille en sursaut.
« -Sans déconner ? Putain ! On est en retard !!! Le réveil a sonné ?
-J'en sais rien mon copain.
-J'vais me brosser les dents!
-Faut qu'on se dépêche !
-C'est clair ! »
La veille, quand nous avons demandé au patron du Birdnest Inn à quelle heure il fallait qu'on se lève pour aller à l' aéroport, il nous a répondu « Partez à 6 heure ».
Le réveil a bien sonné à 5H30, nous l'avons ignoré.
En moins de dix minutes, nous sommes dans les rues de Kuala Lumpur. Nous arrêtons un taxi, le chauffeur nous demande 20 euros pour faire les 40 kilomètres qui nous séparent de notre avion.
« Putain, çà va être chaud ! En plus, il faut que je fasse du change, j'ai trop de ringgits sur moi, et il nous faut des dollars pour le visa indo. J'espère qu'il n'y aura pas de bouchons. », ce sont mes derniers mots à KL, je m'endors dans la voiture.
Pendant le trajet, j'entends Didier grogner légèrement, se plaindre que le chauffeur n'avance pas et ne choisisse jamais la bonne file.
Nous y sommes, nous décollons dans vingt minutes. Le temps d'enregistrer nos bagages, que les policiers vérifient que nous n'ayons pas de savon pour faire exploser, à la Tyler Durden, un des nombreux Boeing garés sur le tarmac et d'échanger mes sous, une voix résonne dans le micro, en anglais :
« Monsieur Vincent NOËL et monsieur Didier MAILLARD sont attendus en salle d'embarquement porte D10, monsieur Vincent NOËL et monsieur Didier MAILLARD... »
Nous courrons, présentons nos billets et nos passeports, nous asseyons à nos places numérotées, soufflons, nous endormons à nouveau.
Deux heures et demie plus tard, nous atterrissons à Denpasar sur cet aéroport de bord de plage.
Je connais déjà Bali, j'y suis venu il y a plus de deux ans, pendant un mois.
Nous nous rendons à Legian, au Three Brothers Inn, un hôtel au jardin tropical.
Nous prenons une grande chambre ( il n'y en a pas de petites ) pour 300000 roupies ( 25 euros ) avec petit déjeuner inclus. Nous sommes dans un hôtel de luxe pour le prix d'un Formule 1 de pacotille.
Je vais vérifier si j'ai reçu des messages. Antony, le pote que j'ai rencontré à Chiang Mai et avec qui j'ai voyagé au Laos, est dans le coin. Je lui envoie un message, il me répond instantanément. Nous avons rendez-vous ce soir au Warung Asia, un restaurant de Seminyak.
Je suis content à l'idée de le revoir, de reparler belge avec lui et de débiter des dizaines d'idioties à la minute.
Nous squattons la piscine pour le reste de l'après-midi. Je refais connaissance avec la gueunon prisonnière de sa cage de 40 mètres cube.
Elle a changé depuis notre dernière entrevue, elle a vieillie, est devenue borgne. Avant, il était impossible de la toucher, là, elle se colle et s'agrippe au grillage pour que je puisse lui caresser le coup avec le bout de mon index. Elle me cause, croisant les jambes, se grattant derrière l'oreille, je comprends juste qu'elle est malheureuse, qu'elle se sent seule...






Le soir, nous prenons un taxi pour nous rendre au warung.
Antony, dit Garrou, est assis avec Julie, une amie parisienne, Sophie, une expatriée française tenant un salon de coiffure et de relaxation tendance, qui vit avec Fredo, un riche homme d'affaire belge et une amie à eux, Vanessa.
Les retrouvailles sont heureuses, en grand conteur, Garrou me narre ses dernières aventures.
Nous allons passer la semaine à trainer ensemble, faisant la fête un soir sur deux, allant boire l'apéritif sur la plage du Double Six, y rencontrant un couple adorable, Sandrine et Aurélie, finissant dans un bar gay de Seminyak où des drag-queens chantent en play-back du Madonna pendant que Didier rase les murs, protégeant son petit derrière, effrayé d'avoir vu un mec à genoux gâter son compagnon, allant de 22 heure à 23 heure au Sky Garden, cette boite sur quatre étages, à Kuta, pour boire quelques verres et manger gratuitement, me retrouvant sur scène à chanter et à jouer avec un groupe balinais qui me présente comme leur invité...
Le reste du temps nous nous reposons chez nous, nous baignons, allons à la plage pour jouer au foot, nous régalons à manger du mi-goreng, du nasi-goreng, du gado-gado, la cuisine balinaise est bien plus fine que celle de leurs cousins thaïs.




Ce début de séjour nous coûte cher, oublié le mode bag-packer! Oubliée, notre réticence à dépenser plus de cinq euros par jour pour le logement, notre manie de scruter les menus des restaurants pour ne pas faire exploser le budget !
Il va falloir que l'on bouge, que nous retrouvions un peu d'authenticité, que nous quittions ces touristes qui ne négocient jamais et qui ont des billets qui leur tombent des poches, que nous fuyons cette circulation infernale. Il y a trop d'occidentaux...
Un soir de repos, nous décidons de nous faire plaisir.
Quand on parle entre voyageurs, pendant nos périples, il y a toujours un moment où l'on évoque ce qui nous manque chez nous. Les français rêvent toujours de fromage et de vin.
Nous allons dans une épicerie fine, achetons du camembert Président, du pâté de campagne,une bouteille de vin rouge sud-africain ( notre bon vieux Bordeaux étant inabordable ), une baguette et du pain aux céréales, pour la maudite somme de 400 000 roupies ( 40 dollars !!!).
Nous rentrons nous installer sur des transats, près de l'eau chlorée.
« -Tu sais Didier, on dit que le chocolat est un antidépresseur, un décontractant. Moi, je rajouterai sur la liste le fromage et le vin rouge. J'me sens trop bien avec ce petit goût en bouche, j'adooooore ce moment !!!
-Tout à fait d'accord mon copain! Et je dirai même plus...»
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:46, le 28/04/2011 dans Bali, Legian Beach Mots clefs : |
|
( Comptant parmi les villes les plus fascinantes du sud-est de l'Asie, Kuala Lumpur, dit KL, est complètement folle. Excessive, mégalomane, elle attire et accueille des personnes venues des quatre coins du monde. Des chinois, des indiens, des gens du moyen orient, des européens, des anglo-saxons, tout ce petit monde vit en parfaite harmonie avec le peuple malais.
La plupart des expatriés viennent ici pour faire fortune, et à la vue du nombre de voitures de luxe répandues au mètres carré, beaucoup d'entre eux réussissent.
Le symbole de son exubérance tient dans ses tours jumelles immensément grandes, un message envoyé par les « frères musulmans » aux cousins chrétiens américains, « vous n'avez pas le monopole du business, nous aussi, nous savons faire! ».
Se promener sur ces boulevards donne un sacré tournis, c'est juste impossible de se concentrer sur ses pas, de regarder où l'on marche, le menton reste tourné vers le ciel, les yeux fixés sur les cimes de ces monstres d'acier, de verre et de béton, qui flirtent avec les nuages.
Toutes les images que le petit écran me balançait, existent belles et bien. )
Nous partons de Hat Yai, le 16 Avril au petit matin, nous nous dirigeons vers la gare routière, à cinq cent mètres de là. Nous payons nos billets 28 ringgits ( 7 euros ).
Il y a quatre heures et demie de trajet. Nous quittons les montagnes pour les grattes-ciel.
KL est une plaque tournante pour les voyageurs, beaucoup commencent ou finissent leur périple à l'aéroport local.
Le bus nous dépose face à une gare routière souterraine flambant neuve. Comme partout en Asie, des chauffeurs nous accostent, nous refusons aimablement. Nous entendons au loin des dizaines de muezzins appeler à la prière.
Nous sommes proches de Chinatown, où nous souhaitons crécher. Dans notre guide, acheté pour l'occasion, nous avons repéré quelques guest-houses, nous ne sommes pas loin, dans une rue parallèle au marcher chinois.
Un petit homme au teint tamil et aux yeux verts, venant sûrement du Tamil Nadu ou du Kerala, nous accoste :
« - Hey mes amis, vous cherchez un hôtel ?
-Oui nous en avons repéré u...
-J'en ai un super, les chambres entre 25 et 35 ringgits avec une cuisine où vous pouvez vous faire à manger une ambiance à la cool c'est plein de back-packers wifi gratuit serviettes eau chaude petit salon convivial, c'est pas cher mes amis!
-Attend on voudrait aller à cet endroit ( je lui présente le plan )... tu sais où c'est ?
-Ouai ! C'est juste là derrière le camion !
-Ok merci, on va voir.
-Allez « checker », en ressortant, revenez me voir, je vous montrerai ! »
Il est bon vendeur, il a l'air sûr de lui. Nous rentrons dans un vieux bâtiment, nous présentons à l'accueil. Un lady boy, la quarantaine, nous parle de chambre à 55 ringgits, « Le wifi ? », « payant » nous dit-il. Nous retournons d'où nous venons, cherchons du regard le petit homme, il réapparait, tout sourire, « suivez-moi ».
Le fameux endroit se nomme « The birdnest inn ». Nous grimpons des escaliers recouverts de moquette, déposons nos chaussures près d'un meuble, sur un palier intermédiaire. En montant le reste des marches, nous entendons « Peace Frog » des Doors, ce groupe auquel nous vouons, tous les deux, un culte quasi religieux :
« - Mon Did, c'est un signe! Non ?
-C'est clair mon copain ! »
Il nous présente deux chambres, dans la première, les matelas dépassent des lits de cinquante centimètres de chaque coté, nous grimaçons. Dans la seconde, il y a un grand lit deux places, sur lequel est superposé un lit simple, celle-là nous plait d'avantage.
Il nous montre le coin détente, c'est lumineux, il y a une kitchenette, un frigo, un semblant de plan de travail, une cage dans laquelle deux iguanes muent, trois chats qui se vautrent sur les cousins des canapés en rotin. Deux guitares folk sont posées dans un coin. Depuis notre entrée, les Beatles, les Queens, Amy Winehouse, Bob Dylan et même Mano Solo, ont enchainés derrière les californiens, c'était bel et bien un signe. On se croirait, dans une auberge de jeunesse à l' européenne.
Un endroit convivial, des gens cools, la possibilité de se faire à manger, de la bonne musique, « what else »?

Nous passons l'après-midi à planifier la suite de notre voyage.
Nous prenons nos billets pour Bali, Didier paye celui qui le mènera d'Indonésie aux Philippines, j'achète le mien pour Darwin et me réserve une chambre pour l'arrivée, j'y serai, normalement, le 5 Mai. Nous rencontrons un couple de français qui fait un tour d'Asie et Laura, une jeune hollandaise, qui voyage seule depuis cinq mois.
En début de soirée, Laura nous propose de nous accompagner et de nous montrer où nous pouvons manger à moindre coût.
Nous traversons Petaling Street, où se situe le marcher chinois, il y a des tonnes de fausses chaussures de marque, des faux sacs de couturiers, de fausses montres de luxe ( si vous pensez, comme certains écervelés proche de notre « cher et tendre » Nicolas, que si vous n'avez pas les moyens de vous acheter une montre qui coûte deux fois le salaire moyen d'un français ( à l'année ) avant de souffler vos cinquante bougies, vous avez raté votre vie, venez faire un tour à Kuala Lumpur, vous pourrez faire croire que vous n'êtes pas un loser...), pour nous retrouver dans une grande cantine où une vingtaine de stands sont installés.

Nous commandons des bières, servies dans des seaux à champagne, des brochettes de poulet, du riz blanc. Nous joignons notre table à celle de trois types. Il y a Alex et Marc, deux néo-zélandais, deux joueurs de cricket, aux portes de l'équipe nationale « Kiwi », et Peter, un australien, qui parle français avec aisance.
Nous sommes déjà potes, l'hygiène de vie ne semblant pas être essentielle pour un joueur de cricket de haut niveau, nous enchainons bière sur bière, jusqu'à ce que le grand patron de la cantine nous explique, avec une grande diplomatie, qu'il serait temps que nous laissions son personnel aller se coucher. Il nous sert généreusement la main, nous invite à revenir.
Le temps de passer nous changer et nous mettre un peu de « sent-bon » sous les aisselles, nous voici dans le quartier fêtard de KL. Les Ferraris noires se bousculent, les discothèques rivalisent de lumières et de dance-music de bas-étage, nous sommes en bande, en bonne compagnie, j'oublie le fait qu'une bonne musique soit primordiale pour que je puisse m'amuser.
Nous sommes tous en claquettes, un videur nous dit « çà ne va pas être possible », un autre, « ok, si vous prenez une bouteille », finalement, nous rentrons sans même payer les dix euros d'entrée, sans prendre de bouteille. Auraient-t 'ils reçu un message dans l'oreillette du genre « Attention les gars ! Blancs becs ! Argent ! Tapis rouge ! » ?
Une heure plus tard, mon aversion pour les musiques commerciales refait surface, « j'peux pas danser là-d'ssus ! Pourquoi ? C'est d'la merde c'te musique! "You've got to pompelop", c'est vraiment pas mon truc! ». Je picole avec mon Did et Peter, chambre un peu Marc en lui disant que les All- Blacks, ne nous ont pas battu en coupe du monde depuis des lustres. Alex emballe Laura...
Le lendemain? Gueule de bois!
Nous passons un dimanche traditionnel, à ne rien faire, à digérer. Je profite des guitares, jouant des arpèges mélancoliques qui vont parfaitement avec mon état.
Le soir, je réalise que je peux exaucer un rêve culinaire que je fais depuis près de cinq mois, manger des pâtes au beurre avec du fromage... Je file dans les rues, mets près d'une heure à trouver de simples coquillettes, pour le fromage, je me contenterai de cheddar en tranche.
Le lundi, nous nous décidons à partir à l'assaut de la ville. Dans un premier temps, nous allons sur le marcher, Did veut envoyer un colis en France, j'aimerai m'acheter des chaussures car je me dis qu'en Australie, pour trouver du boulot, il me faudra sûrement être habillé correctement.
Je ne trouve rien à ma taille. Nous allons à la poste. Une fois les affaires envoyées, il est temps d'aller voir les fameuses tours. Nous prenons le sky-train pour nous retrouver dans les quartiers d'affaires. Les centres commerciaux, les affiches publicitaires, les infrastructures, tout est gigantesque. Nous craignons d'attraper un torticolis à force de regarder en l'air. C'est simple de se rendre aux tours jumelles, on les voit de très loin, nous nous perdons volontairement dans les rues de KL, sachant que nous trouverons forcément un chemin pour nous y rendre. Nous y sommes, nous jouons au touriste japonais, prenant la pose pour prendre LA photo.








En bas, il y a un centre commerciale où toutes les plus grandes marques italiennes et parisiennes se concurrencent. Les gens sont pressés, ils marchent vite, arborent fièrement leurs signes extérieurs de richesse. Nous ne sommes pas à l'aise :
« Çà pue le riche ici, on se casse! » me dit Didier.
Le temps de retrouver notre chemin, il fait déjà nuit. C'est notre dernière soirée, nous restons à l' auberge, tranquillement. J'ai acheté des tomates, des oignons et du poivron pour finir nos pâtes, nous partageons notre repas avec Nathalie et Nicolas. Nous réglons notre réveil à 5h30...
|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:44, le 22/04/2011 dans Malaisie, Kuala Lumpur Mots clefs : |
|
( Au centre de la Malaisie, règnent de denses forêts primaires pleines de richesses, d'animaux, de plantes médicinales... Cameron Highland est une des destination les plus prisées. Ce paysage montagneux, dont les sommets culminent à 2000 mètres, la vue des plantations de thé et les diverses treks organisés par l'ensemble des agences de voyages vous apporterons une bonne bouffée d'air frais. Ce sont d'ailleurs les seules raisons qui vous pousserons à venir dans le coin car Tanah Rata et les villages des environs n'ont rien d'exceptionnels. On a comme un pincement au cœur quand on est sur la route et que l'on voit des pelles mécaniques massacrer la montagne pour y installer des champs de serres, ici l'agriculture est intensive. Là aussi, deux jours, pas plus !!! )
Nous finissons de boucler nos sacs, le jour est en train de se lever, nous fermons la porte de la chambre derrière nous, Paul est déjà à son bureau d'accueil. Nous nous servons un café, grignotons des biscuits aux céréales, le chauffeur arrive, il est costaud, mesure près de deux mètres, il ressemble à un indien. Nous montons dans le van, jetons un dernier regard vers le Love Lane Inn, nous quittons Penang et George Town pour partir dans les montagnes, à Tanah Rata. Nous sommes le jeudi 14 Avril, il est 7h30.

Pour une fois, nous sommes les seuls passagers, nous pouvons incliner nos sièges au maximum et prendre nos aises. Il y a environ quatre heures de trajet, nous arrivons à Cameron Highland sur les coups de midi. Le chauffeur nous dépose dans un premier temps devant le Kang Travellers Lodge, mais il n'y a que des lits en dortoir, nous savons que la nuit est fraiche dans le coin, nous demandons donc à trouver un endroit plus confortable pour dormir. Nous remontons dans le mini bus, cette fois-ci, il nous arrête face au Kang Travellers Hotel, il doit surement avoir des actions chez les Kang.
Un lady boy, nous présente une chambre spacieuse, avec deux grands lits et une salle de bain avec baignoire ( 10 euros ). Nous mettrons du temps à réaliser que c'est un garçon. Au moment de remplir les formalités d'admission, nous nous laissons charmer par sa voix douce, nous échangeant des regards complices qui veulent dire « l' est bonne celle là ». Pour démasquer un lady boy, c'est très simple, vous lui demandez de regarder en l'air, du genre « hey, t'as vu tous ces nuages! » et vous vérifiez si sa pomme d'Adam ressort. Cela marche à tous les coups, sauf que là, nous ne nous sommes même pas posés la question, c'est Didier qui s'en est aperçu quand il l'a vu nettoyer une vitre.
Il n'y a pas grand chose à faire dans cette ville mis à part manger. Nous marchons sur ce trottoir couvert, passons devant une multitude de restaurants indiens, les rabatteurs sont tendus, ils nous sautent dessus, oubliant de nous sourire. Nous nous arrêtons dans le premier endroit civilisé où personne ne nous incite à consommer. Nous réfléchissons à la suite de notre périple, nous hésitons entre aller sur l'ile de Pangkor ou prendre la direction de Kuala Lumpur, entre traverser l'Indonésie jusqu'à Bali où y aller en avion.
Nous rentrons à l'hôtel pour prévoir une activité pour demain, réservons le Tour Adventure 3. Il y a une visite d'un village aborigène avec initiation à la sarbacane, un trek de deux heures dans la Rain Forest, un passage à proximité d'une chute d'eau et la découverte de cette fleur géante symbole de la région, le rafflesia. Je passe le reste de l'après-midi à écrire...
Je n'arrive pas à m'endormir, je tourne dans mon lit, je réfléchi trop, je ressens le besoin de retrouver une certaine solitude. Je suis convaincu que la meilleure façon de voyager, c'est seul.
On est beaucoup plus attentif à ce qu'il se passe autour de nous, on va d'avantage vers les gens, on rencontre plus de monde, on se met légèrement en danger. Dans mon cas, quand je baroude sans compagnon, je suis beaucoup plus organisé car je n'ai pas le choix, cela me permet de travailler sur moi-même car cette qualité me fait souvent défaut, et bien entendu, ce qui me ravit, c'est de voir mon inspiration décupler.
Je ne sais pas trop comment l'annoncer à Did, comment va t'il le prendre? Il n'a pas d'itinéraire défini, pour découvrir la vie de voyageur, son idée de départ était de s'appuyer sur moi, d'observer ma façon de faire. Il est prêt maintenant.
Je cesse de penser vers 3 heure du matin, le réveil sonne à 7 heure 30.
J'ai la tête dans le sac, je ne me sens pas très aimable.
Nous avons rendez-vous à 8h45 devant l'hôtel, je file au Starbuck me prendre une pinte de café.
Un 4x4 freine, « chambre 102 !? » « C'est nous », un grand gars, lui aussi typé indien, le crâne nu, nous ouvre la porte arrière, nous grimpons, deux anglais et une irlandaise, sont assis devant nous.
Nous allons dans un premier dans un village qui n'a rien d'aborigène. Notre guide nous explique qu'il y a 80 ans ces gens étaient encore des sauvages et que quand ils croisaient d'autres hommes, ils leur coupaient la tête pour les manger, maintenant ils coupent la tête de singes. Ils ont bien changés, le cœur de cet hameau est fait de constructions en tôles et en matériaux de récupération mais à l'entrée, les hommes battissent des maisons en parpaing, il y a des tas de sacs de ciment vides.
Le chef nous accueille, dans le dos de son t-shirt est marqué « just do it », nous le suivons jusqu'à un endroit ou une cible en polystyrène est accrochée à une grange. Il nous présente la sarbacane, elle est longue, constituée de deux tiges de bambou emboitées l'une dans l'autre, chacun prend sa photo. Nous faisons le tour du village, je regarde avec tristesse ce jeune singe emprisonné, il ne va pas vivre très vieux.






Nous partons vers la jungle, les Land Rover affrontent d'énormes ornières boueuses, patinant de temps en temps. C'est l'heure de marcher, le chemin est accidenté, nous traversons des ponts en bambou, grimpons sur des racines, il pleut mais nous sommes protégés par les feuilles, l'ambiance est paisible, les insectes et les oiseaux produisent la bande sonore.
On nous fait sentir quelques plantes, nous nous retrouvons enfin devant un rafflesia d'un diamètre de 80 centimètres, les guides jouent du coupe-coupe pour nous permettre d'accéder à cette curieuse espèce. C'est un parasite, qui pousse comme un champignon et vit deux ans pour n' être en fleur que pendant sept jours.
Il est temps de revenir sur nos pas jusqu'aux véhicules, c'est déjà presque fini, nous avons choisi la formule demie-journée. En rentrant notre 4x4 tombe en panne, il rejète une épaisse fumée noire, nous nous arrêtons sur les bas cotés de la route, repartons, nous ré-arrêtons, repartons, nous ré-arrêtons, je suis terrifié de voir des bulldozers déshabiller la montagne, nous repartons jusque chez un garagiste. Nous y restons une demie-heure, finissons dans une cantine indienne.









Nous sommes de retour en ville vers 15 heure, j'ai les idées claires maintenant, la ballade fut méditative, nous nous dirigeons vers la gare routière.
« - Did, on va bientôt se séparer, j' en ai besoin.
-Je l'ai bien senti mon copain.
-Et même pour toi... tu verras... c'est bien mieux de voyager seul. Donc là ... on va à la gare routière, on se renseigne pour les billets pour Kuala Lumpur...
-On ne va pas sur les îles de l'ouest ?
-Non, on va à Kuala Lumpur, on organise la suite de notre voyage là-bas, toi, il faut que tu saches où t'as envie d'aller, que tu te renseignes sur les visas, la météo, les billets, etcétéra, faut que tu t'organises sinon çà va pas le faire. De là on prend un billet pour Bali, on profite encore tous les deux pendant deux semaines, et après je vole seul à Darwin.
-Ok, çà me va.
-Tu sais où t'as envie d'aller ?
-J'suis bien tenté par les Philippines, le Cambodge.
-T'as raison, il parait que c'est super bien. Tu sais, rien ne nous empêche de nous retrouver en Australie, plus tard... »
Je suis soulagé, c'est sorti, Didier a très bien compris, son périple va prendre une autre tournure et lui apporter bien plus qu'il ne l' imagine. Je ne suis pas inquiet pour lui, son anglais s'améliore de jour en jour et il possède une sacrée force, il a une capacité naturelle à aller vers les gens, à les faire rire
et à communiquer.
Le reste de l'après-midi, nous le passons sur nos lits, nous nous sommes bien dépensés ce matin. Demain, à 8 heure, si tout se passe bien, nous reprendrons le bus...
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:33, le 17/04/2011 dans Malaisie, Tanah Rata Mots clefs : |
|
( Située sur l'île de Penang, au nord-ouest de la Malaisie, George Town est une ville où la mixité culturelle est de mise. Elle est ouverte et paradoxale. Des rues populaires, sales et lumineuses, draguent les quartiers d'affaire, ces grands ensembles qui s'élèvent au dessus de la ville et qui lui donne un visage très moderne. Vous ne viendrez pas ici pour vous prélasser sur les plages, elles n'ont aucun charme, il est bien plus intéressant de marcher et de se perdre dans son centre historique, de s'arrêter dans une cantine dans Little India pour manger un « chicken tikka massala » face à une rediffusion d'un match de cricket, de regarder les chinois faire la sieste dans leur taxi-vélo et de photographier cette opposition de style architecturale. Deux jours suffisent amplement... )
Nous quittons Ko Lanta le 12 Avril vers 7h30, un minibus nous attend près de la réception de notre hôtel, nous sommes les premiers. Nous passons récupérer trois françaises, un couple d' allemands, un autre d'anglais, deux thaïes et un asiatique d'origine inconnue. Pour sortir de l' île nous prenons deux bacs.
Nous roulons, dans un premier temps, 185 kilomètres jusqu'à Trang, où le couple d'anglais et nous, devons changer de véhicule, il est déjà plus de midi, nous avons à peine le temps de manger un sandwich qu'il nous faut déjà repartir.
Nous montons dans un autre mini-bus qui nous dépose à 150 kilomètres au sud, à Hat Yai.
Demain c'est le nouvel an du calendrier bouddhique, les thaïlandais célèbrent Songkran, la fête de l'eau. Des mercenaires, armés de pistolets et de fusils à eau, envahissent les rues et déclarent une guerre impitoyable à chaque passant, les festivités ont déjà commencées. De là, nous changeons à nouveau de chauffeur et de véhicule, retrouvons les trois françaises et le couple d'allemands à l'autre bout de la ville.
Nous arrivons enfin à la frontière, la nuit tombe, nous faisons les formalités d'entrée sur le territoire Malaisien. Il nous reste 200 Km de voie rapide à avaler avant d'arriver à proximité de George Town.
Avant de rouler sur le pont, long de 15000 mètres, qui relie Penang à la péninsule, nous avons comme l'impression d'être en France sur un périphérique quelconque, on distingue un Carrefour, des HLM, des quartiers résidentiels. Nous arrivons dans China-Town à 20h30, enfin...
Notre première mission est de trouver un distributeur de billet, car nous n'avons pas de Ringgit, la monnaie locale. Sur le chemin nous croisons un espagnol qui nous conseille d'aller au Love Lane Inn, une auberge pour voyageur.
Nous nous y présentons, Jimmy, taiwanais d'origine, la soixantaine, cheveux longs blancs, queue de cheval, nous accueille et nous propose une chambre double pour 40 Ringgits ( 10 euros ), il n'y a pas de fenêtres mais c'est propre et çà ne sent pas mauvais. Pour deux nuits, c'est convenable.
Nous partons trainer dans ces rues illuminées. Nous mangeons copieusement dans un restaurant indien pour deux euros ( boisson comprise ). Je suis content de retrouver le bon goût épicé du massala, je fais un retour en arrière de quelques mois. Souvent, derrière une odeur il y a un souvenir, je me revoie dans Mysore, mangeant une massala-dosa avec les doigts, j'entend les clients discuter, je ne comprend rien mais çà me parle. Nous rentrons à notre chambre, le voyage d'aujourd'hui fut fatiguant.
Le lendemain, nous nous levons vers 9h00, descendons dans le hall du Love Lane, Jimmy nous ordonne de nous servir un café comme une grand-mère qui tiendrait absolument à resservir son petit enfant « Allez, mange mon petit, t'as mauvaise mine! », là c'est plus « Allez, buvez mes petits, c'est gratuit ! ».
Nous allons nous acheter quelques biscuits, nous nous servons du café, nous installant sur la terrasse. Je lis le journal des sports.
Un type sans dégaine, grand, maigrichon, pas très propre, rentre dans l'auberge et tente de se servir un café, il se fait attraper immédiatement par notre cher et tendre Jimmy et se fait chasser à coup de pied dans le derrière.
« Je ne t'aime pas toi! » lui hurle-t'il « Sors de chez moi, FUCK OFF »
Nous pleurons de rire à le voir dans tout ses états, il vient vers nous, nous explique la scène à laquelle nous venons d'assister. C'est un personnage haut en couleur, il a une gueule de cinéma avec sa coupe de cheveux à la David Carradine. Il est temps de partir nous balader sous ce soleil de plomb.
Nous traversons China Town, ses bijouteries et ses magasins de textile qui ne vendent qu'en gros, Little India, ornée de temples, de restaurants et de bureaux de change, nous nous rendons sur le port commerciale, nous sommes impressionnés par la taille de ses infrastructures, nous nous arrêtons dans un square pour boire un jus de kiwi frais, les femmes malaisiennes sont voilées, souriantes, les hommes sont sur leur « trente et un », gominés, sérieux. Des églises, des mosquées, des icônes hindoues et bouddhistes se succèdent, des bâtiments délabrés, d'énormes pancartes publicitaires et des travaux à n'en plus finir sont en toile de fond.
A notre retour, il nous faut prendre une décision quand à la suite de notre voyage, nous voulons aller à Kuala Lumpur, mais pas directement, Paul, le neveu de Jimmy, nous conseille d'aller à Cameron Highland, dans les montagnes. Nous prenons notre billet, nous partirons demain à 7h30.
Le soir, nous retrouvons les trois françaises, buvons une bière avec elles pour fêter leur troisième mois de voyage, elles nous content leur périple au Vietnam, au Cambodge et au Laos. Un dernier repas dans China Town, quelques pas pour clore cet épisode, nous sommes déjà sur le départ.












|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:52, le 15/04/2011 dans Malaisie, Penang Mots clefs : |
|
( Comment ai-je pu passer à ce point à coté de Ko Lanta. Et dire que je jouais au touriste de mauvaise volonté sur l'île voisine et que j' aurai pu passer quatre ou cinq jours de plus ici...
La première fois que je suis venu, avec Rico, nous avons fainéanté pendant trois jours sans même sortir de l'enceinte de notre campement.
Ko Lanta est une ile relaxe, où l'on peut vivre à un rythme qui est à des années lumières de celui des aliénés de Phuket.
Cette terre fertile, ces montagnes habillées d'un manteau d'arbres diverses et variés, ces plages où vous avez l'impression d'être seul au monde, tout cela ravira les amoureux de la nature. Je sais maintenant que si je reviens un jour en Thaïlande, je viendrai directement ici... )
Nous repartons de Phi Phi le 11 Avril. Comme lors de mon premier passage, nous réservons notre chambre dans le bateau, succombant au sourire et à la gentillesse d'une maman voilée. Une heure plus tard, nous la suivons sur le port jusqu'à un taxi qui doit nous amener au Lanta Miami Bungalows. Elle nous a proposé une maisonnette pour 500 bath ( 12 euros ), le transport jusqu'à celle-ci étant gratuit.

( Le port )
Nous arrivons dans le sud-ouest de l'île, nous logeons à deux cent mètres d'une plage où il n'y a pas trop de rochers. C'est confortable.
Nous allons immédiatement nous allonger sur le sable pour nous restaurer, c'est calme, il n'y a pas grand monde.
Il faut que nous planifions la suite des opérations, le visa de Did expire dans quelques jours, nous partons nous renseigner sur le prix pour aller jusqu'en Malaisie, nous en profitons pour récupérer une carte et un guide touristique gratuit.
Le soir, nous allons au bar de notre « resort ». Nous faisons connaissance avec les jeunes thaïs qui font le service. A coté de nous, il y a deux gars et une fille, à leurs accents, les mâles semblent être australiens. Kateline, est de Chicago, elle vient près de nous. Nous parlons de nos voyages, elle a vécu un an au Guatemala. Nous réclamons un peu de musique aux barmans, ils nous répondent en rigolant que si nous voulons il y a une guitare.
Je saisi l'occasion pour jouer et chanter, cela fait des mois que je n'ai pas eu six cordes entre les doigts. Je conquis définitivement mon public, composé de six spectateurs, en balançant « Add it up » des Violent Femmes. J'ai l'impression que cette chanson a été faite pour moi, je l'ai reprise deux fois sur scène, à chaque fois que je l'interprète , je prend mon pied.
Nous restons quelques heures à chanter, à boire et à piailler.
Le lendemain nous nous levons tôt, déjeunons, louons des scooters pour faire le tour des agences afin d'obtenir le meilleur prix pour aller à Penang. Sitôt nos billets achetés (850 bath), nous filons dans le sud vers le parc national, nous arrêtant au passage pour nous baigner.



C'est très agréable de rouler au milieu de ce paysage boisé, la route n'est plus bétonnée, nous sommes sur des chemins de terre, lisons les trajectoires pour éviter un maximum de bosses, nous faisons des pauses pour admirer et photographier le paysage.



L'entrée dans le parc coûte 100 bath, nous garons nos engins, pénétrons dans cet espace protégé, faisons un tour avant de nous asseoir à table pour déguster un pad-thaï. Un singe nous surveille, il attend la moindre faute d'inattention de notre part pour nous faucher nos plats ou nos sacs, il s'étire faisant mine de ne pas nous regarder. Je comprend pourquoi l'homme a ce coté voleur ...

( Un petit air de Bretagne )



Nous allons rester dans le coin toute l'après-midi, après une petite sieste réparatrice, nous partons à l'assaut du parcours de randonnée. Nous marchons sur ce chemin dallé, qui grimpe et descend à travers la jungle, il nous faut de temps en temps escalader d'épais troncs d'arbre qui nous bloquent la route. La ballade dure deux heures.



En retournant vers chez nous, nous nous arrêtons au Sun Set Bar, avec l'espoir de voir des éléphants se baigner. Ils se sont lavés une heure avant notre passage, nous en voyons juste un, dans son enclot, il mange. Nous nous allongeons au bar pour boire un shake à la banane.


Il est temps de rentrer à la maison, demain nous serons en Malaisie.
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:58, le 14/04/2011 dans Thailande, Ko Lanta Mots clefs : |
|
Mercredi 6 Avril 2010, Krabi Town, en bas du Hello KR Mansion, 9h17...
Un taxi imposant s'arrête de l'autre coté de la rue, le patron nous fait signe, nous nous levons, endossons nos sacs, sourions une dernière fois à l' équipe.
Il faut reprendre du rythme. Nous nous dirigeons vers le port, il fait beau, dans une heure et demie nous serons à Ko Phi Phi.
Nous nous couchons à l'avant du bateau, deux lilloises et une bande de quatre français se joignent à nous. Did est content de pouvoir parler comme à la maison, ils viennent tous d'arriver, il raconte nos scènes de pluie, je l'écoute, allongé, la tête sur mon sac à dos, il les fait rire. Je pense à Marcela, elle est revenue dans le coin après un aller-retour à Melbourne où elle vivait depuis un an, elle s'offre un dernier petit tour d'Asie du Sud-Est avant de rentrer chez elle, au Chili. Nous nous sommes rencontrés dans la nuit de Bangkok. Je faisais la fête avec les espagnols, elle avec ses amis, on dansait tous ensemble sur le trottoir, devant un bar-clandestin de rue, dans Ramboutri. Nous nous sommes rapprochés l'un de l'autre, naturellement. J'essayais de lui parler avec mon plus bel accent espagnol, elle me corrigeait régulièrement en me disant que c'était pour m'apprendre, rajoutant par contre qu'il fallait que je garde mon accent français. Cette soirée fut géniale, inattendue. Je suis content à l'idée de revoir cette charmante latine.
Phi Phi est la première ile où je suis allé en arrivant en Thaïlande, il y a deux mois. J'étais avec Rico, nous sommes restés trois nuits, nous étions émerveillés par la couleur de l'eau. Je me suis dit qu'il fallait que je montre cela à Did.
Nous y sommes, marchons dans ces ruelles aux milliards de pavés de béton pressés, refusons toutes les offres que nous recevons. Une américaine, en voyant la housse de mon ukulélé, me demande en rigolant si ma guitare a rétrécie sous la pluie, nous discutons deux minutes. Nathalie nous conseille d' aller à l'ouest de Ton Sai, près de l'hôpital. Nous y allons, prenons un bungalow chez Fatima pour 600 bath, au départ, ils nous l'ont proposé à 900, mais comme la fin de saison approche, les prix sont négociables.
Nous pensons avoir enfin notre récompense pour avoir patienté sagement sous la pluie, nous avons déjà repris des couleurs. Nos activités sont les mêmes que lors de mon premier séjour, sauf le soir, car avec Rico nous avions mis du temps à réaliser qu'on pouvait faire la fête sur la plage.
Nous allons au Stones Bar, la musique est bonne tant que les thaïs jouent, ils sont « rock'n roll », s'amusent à salir de la house-music commerciale en la mixant avec de la drum'n bass et du hip-hop, le rythme est saccadé, tendu, pas facilement abordable pour une oreille inculte.
Malheureusement, au gong de 22 heure, toute l'équipe d'occidentaux arrive. Les blancs reprennent le service, ils sont pros, surveillent avec attention le niveau des verres, nous mettent la pression pour nous inciter à consommer ou à laisser notre place à quelqu'un qui sera prêt à claquer tout son fric. Deux anglais sont passés derrières les platines, nous offrant l'ambiance médiocre d'une boite de nuit banale.
« Où sont passés les thaïs ? Où est passé cette musique underground ? C'est quoi ce sketch?»
Je ne vais pas trop m'attarder et perdre mon temps à vous parler de Phi Phi, sachant que j'ai déjà écrit un article vantant sa beauté.
Je ne comprend pas très bien comment j'ai pu faire abstraction, lors de mon premier passage, de tous « ces putains de touristes à la con », oui Phi Phi est une perle, oui ses eaux sont splendides, mais quand on y regarde d'un peu plus prêt, sa beauté est pervertie par l' appât du gain.
Comment laisser pourrir un endroit qui devrait être un site protégé? En y installant des pubs et des clubs de plongée à la pelle, en y consommant des tonnes de pétrole, pour faire faire des tours de bateaux à ce nombre insensé de touristes, ou encore pour nourrir les feux qui illumineront la plage le soir et les « batons du diable » des jongleurs.
La différence entre un touriste et un voyageur ? Le touriste est en vacancier qui consomme généreusement, le voyageur fait son paquetage et part à l'aventure. A Phi Phi, personne n'est voyageur, même les irréductibles perdent leur âme.
J'ai passé du bon temps avec mon pote, à regarder les étoiles, à rêvasser, à rester sur la terrasse de notre bungalow en se demandant où mène la route d'évacuation, en cas de tsunami, qui se perd dans les montagnes, j'ai été ravi de revoir Marcela et de partager un bon moment avec elle sur la plage , mais même pendant cet instant romantique, une dizaine de mecs trop bourrés se sont battus à vingt mètres de nous, je ne les supporte plus, il faut que l'on parte d'ici !!!
« Merde! J'suis pas un touriste!!! »
Bien évidement pas de photos pour ce papier, pour les images, référez vous à ce passage candide dans lequel je sublimais le mot turquoise...........................
Je suis parti de France le 10 Novembre 2010, demain nous serons le 10 Avril 2011...
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:35, le 14/04/2011 dans Thailande, Ko Phi Phi Don Mots clefs : |
|
( Le paysage montagneux de Krabi a quelque chose d' exceptionnel, en conduisant mon scooter sur la route qui mène à Ao Nang, je m'imaginais qu'un clone d'Edward aux Mains d'argent et de Gargantua c'était amusé à cisailler ces montagnes si raides, si saillantes. Cette région doit être un sacré terrain de jeu pour les géologues, elle peut presque s'avérer dangereuse pour les rêveurs, car quand on roule près de ces montagnes, il est compliqué de ne pas regarder en l'air... )
Nous quittons enfin Phangan le dimanche 3 Avril à 7 heure.
Nous venons de passer quatre nuits sur le port, passant d'agences en agences pour trouver un moyen de nous enfuir. Dans chacune d'entre elles, nous ressortons avec des informations différentes:
« Demain, Surat Thani – Ko Phi Phi ? Possib', oui demain. » « Non pas possib', routes bloquées !» « Oui, bateau demain à 7 heure. » « Non, pas bateau demain, après demain, oui ! » « Demain peut-être ou peut être pas, ha oui peut-être à midi, ha non, à 7 heure, heu attendez... Non, rien demain, repassez! » «- Et Krabi ? On peut y aller? - Oui demain ok! » ( une autre agence) « Non, beaucoup d'eau, pas possib', routes cassées! ».
Nous ne savons plus sur quel pied danser, après des heures de recherche, à analyser la météo, à nous informer sur l'état des routes, la solution la plus simple est de prendre l'avion pour survoler cette région apparemment dévastée. Nous avons croisé un couple de français qui est resté bloqué à Surat Thani car ils ne pouvaient accéder au centre ville, ils ont été embarqués dans des camions agricoles, déposés au port, sont revenus sur Phangan pour prendre un bateau pour Ko Samoui afin de monter dans un avion.
Ce n'était pas dans mes projets de prendre l'avion pour faire de si courtes distances, « la facture carbone » est démentielle comparée à celle d'un simple bus, mais vu l'état des routes et notre itinéraire, nous n'avons guère le choix. Si, nous aurions pu attendre quinze jours de plus sur Ko Phangan mais nos cerveaux se ramollissaient à force de ne rien faire et de patienter depuis dix jours, il nous faut du mouvement!
« L'inactivité involontaire prolongée » est une des pires choses qui soit pour l'esprit d'un être humain. C'est comme un auto-lavage de cerveau, l'inspiration s'évade, les sens s'endorment, l'œil devient vitreux, on devient... un bon à rien.
Vingt minutes plus tard nous arrivons à Ko Samoui, le St Tropez de Thaîlande. Nous montons de suite dans un taxi qui nous amène à l'aéroport.
Cet aéroport est mignon comme tout. Les jardins sont entretenus, les zones de transit sont confortables. Nous nous installons dans un sofa en rotin équipé de coussins. Le café, les gâteaux, les petites parts de pizza, tout est gratuit. Notre billet nous a couté 70 euros, nous essayons de le rentabiliser au maximum en nous empiffrant.
Le trajet va durer à peine une heure, Didier se plaint de l'épaule, des côtes, il s'est fait faire un massage, apparemment la demoiselle y est allée un peu trop fort.
Nous atterrissons à Krabi, il nous faut prendre un ticket prépayé pour rejoindre Krabi Town, je me présente devant les guichets, il y a trois compagnies différentes, à droite, les t-shirt oranges, au centre les bleus, à gauche les rouges. Dans chaque espace il y a trois ou quatre filles qui lèvent les bras en l'air, remuent les mains, crient pour attirer mon attention et essayer de me voler à leurs concurrentes. Les oranges et les bleus me proposent un taxi pour 300 bath, les rouges un bus pour 90 bath. Vendu!
Nous sortons de l'aéroport, le soleil est de retour, nous montons dans le car. Didier se plaint un peu plus, il peine à trouver une bonne position. Au terminus de Krabi Town, où nous descendons, il ne peut plus porter son sac.
« - J' peux plus mon copain, faut qu' j' aille à l'hosto » me dit-il,
« - Faut d'abord qu'on trouve une guest house pour poser nos sacs.
- Là j'peux pas.
- Reste là, je vais voir. »
Le chauffeur nous a déposé au pied d'un hôtel, je me renseigne auprès d'un type. Il me donne un prix, je négocie, il me répond qu'on est pas sur le marché. Il est désagréable, je tourne les talons, vais sur la grand-rue. Il y a une bâtisse verte, Hello KR Mansion.
Je demande à la réception s'ils ont des chambres pas chères. Le boss m'en propose deux à 250 bath, je demande à les visiter. Je suis une jeune femme, les piaules sentent le moisi, je le lui dit, elle m'en présente deux autres, quasi neuves, avec de l'eau chaude pour 300 bath.
« -Je t'en prend deux, tu me les fais à 250 ?
-Non, normalement c'est 350.
-Tans pis, merci. »
Nous descendons, en passant devant le patron, elle lui explique, il me dit :
«- Ok! 250 ! Tu payes de suite ?!
- Attend, j'ai un pote qui ne se sent pas bien, je vais le chercher. Il y a un hôpital pas loin?
- Oui, on peut vous y amener.
- Merci, j'arrive! »
Je vais chercher Didier :
« - C'est bon j'ai trouvé! 250, on a une chambre chacun.
- J 'peux pas marcher mon copain, j'ai trop mal.
- T'as pas l' choix mon Did, allez ! Lève toi!
- J' peux pas.
- Mais si tu peux! »
Je lui tend le bras, l'hôtel est à 300 mètres. Je l'assoie sur un banc en bois, monte les sacs avec l'aide du jeune patron, paye les chambres.
Une demie-heure plus tard nous sommes aux urgences, c'est de pire en pire, les brancardiers essayent de le coucher, mais dés qu'ils le touchent, il crie. Je fais le traducteur entre lui, les infirmières et le docteur.
On lui injecte un tranquillisant, on lui fait une batterie de tests , quelques minutes plus tard, il dort.
Je fais des allers-retours entre la salle, le parking, la rue et le hall de l'hôpital, me pose des tas de questions, « Qu'est-c'que j'fais là?... J'espère que ça va aller vite, faut qu'on avance maint'nant... mais j'peux pas laisser mon pote dans la galère! Pas moyen! J' veux pas rester là non plus... ».
Trois heures plus tard il se réveille, personne ne nous dit ce qu'il a, je demande aux infirmières voilées, elles me répondent d'attendre. Après les radios, le docteur nous explique que c'est un problème musculaire, sûrement une déchirure intercostale, ou une contracture.
« - Et bein mon Did, tout ce cinéma pour une p'tite contracture musculaire.
- J'te jure, j'avais trop mal!
- Je rigole! Tu m'as même dit que tu croyais que t' allais mourir.
- Me fais pas rire! J'te souhaite pas d'avoir mal comme çà! »
Nous rentrons à notre nouvelle maison, il est presque 19 heure. Nous mangeons, Didier part se reposer, je vais marcher.

( Vue de l' Hôtel )
Je me retrouve sur un marché de nuit pour locaux, je suis le seul occidental, il y a des insectes fris, de fausses fringues qui ne sont même pas des contrefaçons, des Léo Stars, les ceintures Boss Now, les lunettes Police And Gun.

Je ne consomme rien continue à marcher vers le centre ville, je m'arrête devant un bar où des thaïs reprennent des standards folks. Ils sont à mourir de rire, ivres, ils font les cons pour faire rire les deux américaines assises en face d'eux. Avec leurs perruques et leur attitude ils me font penser aux Charlots, ils jouent devant un drapeau sudiste, chantent en phonétique des reprises des Beatles et de Neil Young, je rage de ne pas avoir pris ma caméra. Je rentre l'esprit léger.
Je retrouve mon Did au petit déjeuner, il va mieux, il prend un jour de repos.
Nous faisons connaissance avec l'équipe, ils sont agréables.
Je pars en début d'après-midi vers la rivière, pour aller à Railey Beach il faut payer 150 bath, je préfère louer un scooter pour le même prix. Le temps de repasser à ma chambre pour chercher mon passeport, je suis sur la route.


C'est relativement simple de sortir de la ville. Je roule sur cette départementale exotique, je m'arrête quelques fois pour admirer ces montagnes verticales et prendre des photos.



J'arrive une demie heure plus tard à Ao Nang, c'est joli mais très bétonné, on se croirait sur la Croisette, les restaurants et les salons de massage se succèdent, la plage est remplie de coraux morts, il y a plein de bateaux prêts à transporter des flopées de touristes. Je m'isole sur la plage, à l'opposé des vacanciers, la serviette la plus proche de la mienne est à un kilomètre, la plage n'est pas très propre, mais je suis tranquille, je continue à admirer les montagnes, me réhabitue au soleil.




En rentrant le soir, Didier est à table, il m'explique qu'il va mieux, qu'il a pu aller se promener en ville. Nous sortons, refaisant le même parcours que la veille. Nous goutons enfin ces insectes, c'est salé, croustillant, retournons au bar sudiste. Les musiciens ne sont plus que deux, ils n'ont pas la même ferveur, ils ont la gueule de bois. J'ai pris ma caméra pour rien...

Le lendemain, nous repartons tout les deux vers Ao Nang, y prenons un bateau pour Railey Beach pour 80 bath. Cette plage est spectaculaire, entourée de montagne, parfaite pour la méditation. Nous y restons l'après-midi.




( Un temple pour les marins... Pour invoquer les dieux de la mer et obtenir un peu de chance, ils leur offrent des fallus en bois...)

Didier est prêt à repartir, à notre retour à l'hôtel, nous réservons deux billets pour aller sur Ko Phi Phi.
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:00, le 10/04/2011 dans Thailande, Krabi Mots clefs : |
|
Nous quittons Koh Tao, le jeudi 24 Mars 2011, vers 15h30, avec en tête, l'idée de rallier Koh Pha Ngan. A ce moment là, mon petit ange idéaliste me souffle à l'oreille qu'il y a peut être un micro-climat sur Phangan, il n'aura pas fallu longtemps pour que le diablotin lui mette un coup de fourche dans le cul et le renvoie à ses illusions.
L'heure de bateau qui nous attend va nous demander beaucoup de maîtrise et de concentration. Il pleut toujours, il y a du vent, notre catamaran sans voile surfe à toute vitesse sur ces creux d'un mètre cinquante. Les nombreux visages à bord prennent une couleur jaune, ils sont tendus, crispés. Nous sommes sur le pont, accrochés aux gardes corps, souples sur les jambes, notre estomac faisant régulièrement des chutes libres de quelques centimètres. Peut-être que, si nous nous asseyions, nous nous sentirions mieux...
Je me concentre sur ma respiration. Les plus fragiles vomissent déjà.
Juste au moment où nous débarquons, une averse se joue de nous. Nous sortons du port, une blonde, qui est juste devant, dit à une conductrice de taxi : « BanTai », « Did, c'est là qu'est notre "resort" ».
Nous montons avec elle, nous posons nos fesses à l'arrière sur les bancs de cette camionnette, comme des militaires qui partent en manœuvre. Il y a un toit au dessus de nos têtes mais nous sommes à l'air libre, trempés jusqu'au slip. Un groupe de cinq français s'entasse derrière nous.
Je sourie à la demoiselle, elle me regarde et fait de grands yeux pour me faire comprendre que cette situation pluvieuse est loin d'être ordinaire. Quelques minutes plus tard, nous descendons :
« Peut-être à plus tard. » lui dis-je
«-Pourquoi pas.
-Ciao!
-Hey!....Passe au resto russe, à coté du Seven-Eleven! »
Nous sommes déjà en train de courir jusqu'à la réception. Sauvés! Nous sommes à l'abri, au SP Resort, un établissement en bord de mer. Nous rentrons dans notre Bungalow carrelé, nous avons de l'eau chaude (450 bath). Vite! Une douche, des vêtements secs!
La deuxième fois que je suis allé à Bangkok, quand j'ai passé la soirée avec les espagnols, Frederico, l'italien, m'a dit:
« Si tu retournes à Phangan, va au SP Resort, tu vas voir, c'est tranquille, y' a que des « freaky people », des teufeurs, des gens cools, c'est juste à coté de l'after où nous étions, c'est tenu par une famille adorable, vas-y les yeux fermés! »
Il m'a donné la carte du resort, nous y voici.
C'est mignon, nous sommes à quelques mètres de la plage, il y a des palmiers, des hamacs un peu partout, ce doit être génial quand... il ne pleut pas.


Le soir nous restons dans notre bungalow, regardons « Into the wild », l'un des deux films que j'ai embarqué avec moi, nos yeux se ferment sur « Guaranteed » d' Eddy Vedder.
Le lendemain, au réveil... il pleut.
J'ai la chance de partager ma chambre avec un ronfleur « de compète », à huit heure et demie, je suis en tête à tête avec un bol de muesli aux fruits.
A une autre table, il y a quatre types, entre 25 et 45 ans, trois semblent être français, le dernier est allemand. Je joue au spectateur. J'écoute, sans en avoir l'air, ce qu'ils disent.
Ils parlent de partys, d'anecdotes de soirée, un des gars doit juste découvrir l'île, les trois autres, à tour de rôle, racontent avec passion leur histoire d'amour avec elle.
Je retiendrai une phrase du plus ancien, l'allemand, cheveux gris, longs dans la nuque, la raie au milieu, moustachu, une sorte de « Bégbie » pacifique, au boléro acide :
« Koh Pha Ngan ? C'est l'île des âmes perdues, mec! »
Je ne peux pas dire mieux, sa description me parait juste... parfaite !!!
Je retrouve mon Did dans la chambre, je fais mon râleur, lui demande si il m'a entendu siffler cette nuit.
Nous profitons d'une accalmie pour aller vers le coin le plus civilisé de Ban Tai, la zone du Seven-Eleven, cette supérette qui ne cesse de travailler, des agences de voyages et des restaurants.
Nous allons à la pèche aux nouvelles dans un cybercafé, regardons la météo.
Il va faire ce temps pendant au moins deux semaines, à Koh Lanta il sera plus clément qu'ils disent. Il va falloir qu'on bouge rapidement, car ce n'est pas parce que je suis en été depuis de longs mois que je n'ai pas le droit à du soleil.
Nous profitons d'une accalmie pour rentrer au bungalow, nous avons pensé à prendre de l'apéritif pour ce soir.
Didier part s'allonger. Je reste sur la terrasse. Je suis à l' abris, face à la pluie.
Des fois, c'est bizarre comme on peut trouver le temps long et court à la fois.
Long quand rien ne vous traverse l'esprit, si ce n'est la vision et le son de ces goutes qui s'écrasent sur les feuilles, à des moments vous imaginez même ce décor ensoleillé, vous vous dites que curieusement, il fait beau en France.
Court quand je prend mon ukulélé.
J'ai trouvé une application géniale qui me permet de trouver n'importe quelle tablature de chanson.
Je pense à Ben en jouant du Pixies, à Bibi en chantant du VRP, à Bes en tentant un Ramble On de Led Zep', à Nico et JB en reprenant du Saez, à Léo pour « Chouf la gazelle », à Novlang ...
Entre deux morceaux, le temps d'une cigarette, je regarde ces grosses fourmis rouges. Le sol de la terrasse est bleu, les pourtours et les balustres sont saumons. Elles ne marchent que sur cette bande rosée, large de dix centimètres, comme si elles avaient peur d'aller sur le bleu.
A chaque fois qu'elles croisent une autre fourmi, elles se touchent brièvement les antennes et continuent leur chemin. Comme si nous, dans la rue, nous faisions la bise à chaque personne que nous croisions en disant :
« Hey salut toi! Ça gaze? Qu'est-ce qui se passe par là bas ? Y'a que'qu'chose à grailler ou à ramener à la patronne ? ».
Sept heure moins le quart, l'heure... de la vodka thaïe !
Jusqu'à un certain point, l'alcool permet d'aborder des sujets intéressants, plus intimes.
Nous papotons comme deux adolescentes qui parlent de mecs, jonglant avec nos cigarettes, nos verres et des chips « saveur crème-oignon » puis, nous profitons d'une accalmie pour chercher ce fameux resto russe.
Marina est derrière le bar, face à un écran, elle passe un peu de musique, sert quelques verres.
Nous nous accoudons près d'elle, faisons connaissance. Elle est de Moscou, son frère, marié à une laotienne, tient le restaurant. Elle est venu pour l' aider, pour participer à la fête de l'eau qui se déroule dans toute la Thaïlande d'ici un mois. Nous buvons de la vodka douce et puissante.
Nous n' attendrons pas d'accalmie pour rentrer chez nous car il n' y en aura pas. Nous sommes trempés, il est trois heure du matin, Didier va se baigner.
Le lendemain, le temps est un peu moins humide, nous allons sur la plage pour prendre quelques photos.
Il y a plein de bouteilles en verre échouées sur le sable. Je demande au propriétaire un sac plastique, pour faire mon écocitoyen. Ma première pioche est une petite caméra, avec un support, dans un étui étanche. Nous récoltons une trentaine de bouteilles à jeter, Didier découvre la caméra dans le sac, me dit qu'elle doit encore fonctionner.
Franck et Karim, deux français qui nous ont entendu parler, viennent nous saluer. Nous discutons avec eux pendant deux heures, retrouvons nos petites maisons.





Nous regardons la carte de 4 gigas livrée avec la caméra. Nous découvrons comment son ex propriétaire l'a perdue. Imaginez une image qui bouge au moins cinq fois à la seconde, le type est en combinaison, il accroche la caméra à ce qui semble être la voile d'un kitesurf, il part, glisse sur l'eau, il n'a pas bien prévu son coup, l'objectif est mal fixé, l'angle de vue est quasi nul, on ne le voit presque pas, au bout de quelques minutes, son bébé se fait la malle, plonge dans l'eau jusqu'à la vase.
Ce soir c'est la Half-Moon, avec au programme, de la psy-trance. J'ai envie d'y aller, mais je ne sais pas quels seront les conditions de fête sous cette pluie. Je doute de plus en plus.
Finalement, la pluie a gagné par KO, en deux sets blancs, un bon vieux 6/0 6/0.
« La pluie aura eu raison de la «poche»! »
Nous resterons à notre bungalow, partageant quelques bières avec Franck, Karim, Raphaël , un suisse, et Katerine, une allemande. Elle doit intégrer un ashram, demain, où un programme de yoga, de méditation et détoxification l'attend. Aucun de nous n'a le courage d'aller à la fête. Nos nombreux voisins allemands sont dans le même état d'esprit. Nous rentrons dormir.
Il n'y aura plus la moindre accalmie...
Nous nous réveillons avec un seul objectif en tête, trouver un bateau ou n'importe quel moyen de transport pour quitter les lieux. Nous craquons devant deux cirets oranges, réservons un billet pour aller à Ko Lanta, pour demain matin, 6 heure.
La journée est longue, grisâtre.
En début de soirée nous croisons Karim:
« - Ça va les gars ou quoi?!
-C'est pas simple, mais on est en vie.
-J'en pouvais plus de n' pas bouger d'ici, j' suis allé faire un tour à l'after. Franck est là-bas.
-Y'a du monde à l'after? Sérieux ?
-Ouai! Y' a une quarantaine de personnes, y' a un peu d' meufs.
-C'est cool ça. Mon Did, tu vas voir c'que c'est qu'la trance!
-A ouai? Ce soir?
-Bein oui ce soir! »
Nous rencontrons un joli couple de flamands et Anna, une autrichienne. Nous allons ensemble à la suite de la Half moon.
( « La poche » vient d'égaliser avec la pluie, un match difficile, 6/7 7/6 18/16 )
Tous les patients sont là, en rang d'oignon sous ce préau aux milles couleurs fluorescentes, comme ci Carlos leur avait soufflé à l'oreille « Hey mec, t'as l'bonjour d'Albert !».
Les sons sont cosmiques, ils sont là pour nous rappeler qu'il y a quelque chose d'irrationnel dans la vie. Cette musique effervescente qui vient vous titiller le cerveau droit semble presque divine, la tribut est prête à en découdre, à affronter ses propres maux. Comme dans tout combat, il y a des héros qui en sortent grandis, qui comprennent, et des pertes, effrayées par la violence de leur introspection, qui devraient un jour, s'ils ne restent pas bloqués, finir par comprendre ...
« Donnez moi la vérité! »
L'orage est de plus en plus puissant, je n'ai jamais vu une pluie aussi dense, aussi forte. Les éclairs et le tonnerre sont à l'unisson. La musique s'arrête vers deux heures du matin.
Franck, quelque peu étranger à cette petite gué-guerre, dit d'un ton froid et cynique : « C'est maintenant qu'on va voir les gens qui ont le cœur accroché! ».
Nous sommes coincés sur ce dance floor aphone, personne ne se sent le courage d'affronter les bourrasques pour rentrer chez lui. Je m'assoie avec Anna, nous nous rassurons, essayons de prendre cette situation avec lucidité. Didier joue au « french-lover » avec une allemande.
Nous devons partir dans deux heures:
« -Did, c'est un truc de malade! On aura jamais de bateau!
-On a payé, on tente!
-J'sais pas, t'as p't'être raison, j'ai du mal à croire que le chauffeur de taxi viendra, si j'étais à sa place, je resterais chez moi... »
Je longe la plage pour rentrer au bungalow, la marée est haute, puissante, la visibilité est nulle, j'ai de l'eau jusqu'aux genoux, je manque de tomber quelques fois sous le poid des vagues, en même temps j'ai peur qu'une noix de coco me tombe dessus, il n'y a que 500 mètres, mais ça me semble interminable.
Tout ce que j'ai dans mes poches est trempé. C'est avec bonheur que j'entre dans notre maison, il n' y a pas d'électricité. J'ai perdu Didier en rentrant, j'espère qu'il va bien. Il arrive vingt minutes plus tard, entier.
Il est plus de 4 heure, nous étions censés mettre notre réveil à 5 heure, nous ne nous couchons pas, rangeons nos affaires dans le noir avec la lumière de nos téléphones.
Nous sommes prêts, nos capuches sur la tête, nous affrontons ce temps insupportable pour tenter de rejoindre le chauffeur qui doit nous amener au port, mais en arrivant sur le chemin, nous nous apercevons que l'ensemble du terrain est inondé.
Impossible de sortir d'ici, le caniveau d'eaux usées ressemble à un torrent boueux, il est passé d'un mètre de large à cinq ou six mètres en quelques heures. Nous nous disons que l'ile doit être paralysée, rentrons nous coucher.
La pluie ne s'arrêtera plus pendant trois jours, elle s'abat sur nous avec la même puissance, ne nous offrant aucunes pauses. Nous pensions repartir dés le lendemain, mais cette fois-ci, c'est inondé jusque sous nos cabanes surélevées. Il ne nous reste qu'une chose à faire... attendre.

C'est le plus grand test de patience auquel j'ai été confronté.
Nous récupérons quelques films chez nos voisins. Tout le monde est dépité, on ne parle que des conditions météorologiques, l'armée est intervenue à Ko Samui et à Surat Tani, les aéroports sont bloqués, il n'y a plus de bateaux qui arrivent ou partent de Phangan.
Le mercredi, nous quittons le SP Resort pour se rapprocher du port. Tout le monde a fait la même chose, les guest houses sont complètes, nous réussissons finalement à trouver une chambre basique.
Un bateau de l'armée doit arriver cet après-midi pour délivrer les touristes. Nous espérons en trouver un pour demain matin.
Les informations expliquent que les secours doivent intervenir en priorité à Ko Samui, car il y a plus de deux milles personnes bloquées, ainsi qu'à Ko Tao. Nous changeons de chambre au petit matin car dans la notre, il pleuvait. Nous sommes toujours près du port, On, une thaïe, nous accueille avec un grand sourire, elle n' arrête pas de parler, elle nous conseille d'attendre encore quelques jours, que la situation s'améliore. Nous voulons aller vers Ko Lanta, mais les routes sont dévastées, il y a eu des glissements de terrain.
Attendre, attendre, attendre... Nous n'avons que cela à faire, nous faisons preuve d'une certaine sagesse depuis quelques jours, j' éspère que nous serons récompensés...
Nous sommes en vie, en sécurité, c'est l'essentiel...
«C'était Vincenelson, en direct de Thaïlande, à vous Paris ! ».


|
|
| Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 16:44, le 31/03/2011 dans Thailande, Ko Pha Ngan Mots clefs : |
|
( Il paraît que Koh Tao est bien plus authentique que les autres iles thaïlandaises. J'aurai aimé voir les tortues du nord de l'ile, me faire peur en allant nager au dessus des requins de Shark Bay. J'aurai aimé m'offrir un tour en bateau d'une journée pour voir ses plus belles eaux gorgées de poissons multicolores ou encore prendre un taxi-boat pour aller marcher sur le banc de sable qui relie les deux parties de Koh Nang Yuan. J'aurai aimé aller crapahuter dans la jungle, louer une moto-cross pour arpenter tous ces chemins, difficilement praticables, qui desservent l'ile de la tortue....
J'étais prêt à rester le temps qu'il fallait, mais le temps aura fini par me décourager. Sur sept jours, nous avons eu le droit à trois jours de pluie incessante, deux jours nuageux sans la moindre éclaircie et deux jours cléments où le soleil réussissait à s'échapper des nuages, à nous caresser la peau et à redonner à la mer tout son éclat. Une semaine sans trop bouger de l'ouest touristique de l'ile, et vous pensez à tort que Koh Phangan est bien plus belle. Un local m'a dit qu'en cinquante ans, il n'avait jamais vu un temps pareil à la même époque, qu'il ne comprenait pas, « La saison des pluies est en Octobre et Novembre! » ... Nous sommes tous coupables ! )
Je suis de retour à Bangkok pour la troisième fois. Je n'ai pas vu les douze heures de bus passer, n'ayant pas eu mon fauteuil à partager, j'ai pu m'allonger.
Il est 6 heure, je fille à la New Merry V Guest House, c'est complet. Je tente à la New Siam, complet! Je demande dans tout Ramboutri, complet! Dans Kao San Road? Idem, sauf au Center Point Hotel, où je trouve une chambre à 600 baths ( 15 euros ).
Il n'y a pas moins cher, j'ai une salle de bain très propre, l'air conditionné, une télévision que je n'allumerai que pour m'informer sur le tremblement de terre au Japon et les éventuels tsunamis.
Me dire que je prend du bon temps, alors que pas très loin d'ici l'apocalypse répète ses gammes, me file le bourdon.
C'est arrivé quand j'étais à Vientiane. A Chiang Mai, quand j'ai rencontré Antony, il était avec un français, Sébastien, qui quittait la guest house pour aller à Tokyo. Nous avons suivi ses commentaires en direct sur Facebook :
« C'est un truc de fou, çà tremble de partout! Je vais bien. » / « Je sors dans la rue avec ma caméra. » / « J'ai l'impression d'être dans un film catastrophe. » / « C'est la panique, ils viennent d'annoncer une riposte de même magnitude dans huit jours. »....
Je m'endors avec ces images...
Pour rentabiliser le prix de ma chambre, je me refuse à sortir dans les bars et les restaurants, je ne mets le nez dehors que pour m'acheter quelques vivres et de l'eau, reste collé sur internet, le WIFI est gratuit.
29 heures après mon arrivée dans cette chambre, je rend la clé, récupère ma caution, retourne à la New Merry V où ma chambre 3005 m'attend. Je l'ai connue avec Rico, elle n'est pas très grande, mais il y a un balcon et une grande baie vitrée. Pour 250 baths, à Bangkok, c'est le grand luxe.
Didier doit arriver vers 15 heure, je me pose au restaurant, en bas.
C'est un ancien collègue de boulot avec qui je me suis lié d'amitié. Il a 45 ans, il a l'impression qu'hier encore, il roulait en mobylette. Nous sommes souvent allés l'un chez l'autre pour boire l'apéritif, c'est plus usant mais çà coûte moins cher que de consulter un psychologue.
Nous avons la même passion pour la musique des Doors, le même nœud au niveau de l'abdomen, la même sensibilité à fleur de peau. C'est le genre de type qui a un cœur énorme et qui donne sans compter, s'oubliant souvent au passage. Il a besoin de rompre avec son quotidien, de se retrouver face à lui même, quand il m'a vu tout plaquer pour partir, ce fut une révélation , il m'a dit:
« Mon copain, je te rejoins dans six mois », il l'a fait.
Mis à part une escapade en Angleterre à son adolescence, et quelques sauts en Espagne, il n'a jamais quitté la France. Il est dans l'état d'esprit d'un apprenti, d'un oisillon qui a besoin qu'on lui montre comment voler, qui doit découvrir les codes pour survivre, afin d' explorer le monde par lui même.
Il arrive, il est tout pâle. Il prend la claque classique de l'occidentale en perte de repères dans un monde nouveau. Il a encore sa veste d'hiver sur les épaules. Nous montons dans la chambre pour qu'il pose ses bagages, sortons dans le quartier pour qu'il découvre les images, l'odeur et la foule de Kao San Road.
Le lendemain à 18 heure, nous sommes dans le bus qui nous mènera vers Koh Tao.
A 2 heure du matin nous arrivons à Chomphun, regardons Marseille perdre à Old Trafford et nous couchons quelques heures en attendant notre bateau.
17 heures après notre départ de Bangkok, nous faisons notre premier pas sur Koh Tao.
Leçon numéro un : un blanc bec ne doit pas se mettre au soleil sur un bateau, sous peine d'être brulé au second degré et d'avoir un « rougeage » de camionneur...
Nous mangeons sur le port, marchons pour nous retrouver chez Mr J, un chiqueur de tabac qui crache noir, un Yul Brynner à la sauce thaïe. Il nous présente un bungalow propre mais qui sent légèrement l'humidité. Par fainéantise, nous prenons cette chambre, nous avons besoin de nous reposer. Le soir nous prenons l'apéro sur notre terrasse, un scarabée se joint à nous, nous jouons avec, le baptisons Péperto, il a l'air de se sentir en sécurité. Nous pensions rester une nuit, mais le lendemain matin, au réveil, nous avons la mauvaise surprise de voir qu'il pleut, nous changerons de chambre demain.

Il ne pleut presque plus, nous nous rendons sur l'ouest de l'ile sur Hat Sairee Beach, à un kilomètre de là, où l'ensemble des bars, des restaurants, des clubs de plongée et des logements sont concentrés. Nous trouvons un bungalow au Koh Tao Island Resort pour 500 baths. Nous sommes à environ 104 mètres de la plage, au milieu de quelques palmiers, d'un tout petit bassin marécageux dans lequel, le soir, nous entendons de drôles de grenouilles qui beuglent comme des vaches. Nous essayons de communiquer avec elles en les imitant, elles nous répondent.






Encore deux jours sans le moindre rayon de soleil, ce qui réduit nos activités au simple fait de s'allonger au Flower Restaurant et d'y faire quelques parties de billard. Les jeunes thaïs qui nous servent sont marrants, ils ont le sourire, font les intéressants pour nous divertir.

Le ciel commence a s'éclaircir le 19 Mars, le soir de la pleine lune. La célébration se fait au Maya Bar, on est loin de la fête endiablée de Ko Phangan. La soirée ressemble à celles que nous pouvons vivre sur nos côtes françaises. Une pincée de house-music, une dose de vodka-pomme, un soupçon de vacanciers bronzés post-pubères, rajoutez-y quelques jongleurs, des chasseuses d'occidentaux et du sable, çà vous donne une nuit tout à fait ordinaire en Thaïlande, nous sommes loin de participer à un événement. Cela ne nous empêchera pas de nous amuser et de faire quelques rencontres intéressantes, dont Mateo, un français déjanté qui nous offrira quelques shooters de vodka.
Notre séjour commence réellement le lendemain, avec l'arrivée du soleil, nous pouvons enfin nous affaler sur nos paréos et profiter de cette eau turquoise, je commence à reprendre des couleurs.
Nous nous empressons de louer des scooters (150 baths) pour nous rendre dans le sud de l'ile, où il y a de bons spots pour faire du snorkeling. Nous nous arrêtons dans quelques boutiques pour acheter des masques et tubas mais les prix sont trop chers en comparaison avec les autres iles, il faut payer plus de 1000 baths ( l'équivalent de quatre nuits d'hôtel ) pour une qualité correcte. Nous nous contenterons de rouler, allant dans un premier temps sur les hauteurs de Chalok Ban Kao. La vue est splendide, nous voyons au loin une plage parfaite, toute de sable blanc et d'eau turquoise. Il nous faut y aller, mais comment ?


La route goudronnée s'arrête où nous sommes, il doit bien y avoir un chemin, nous demandons notre route, « droite, droite » nous dit un thaï, un peu plus loin, « 800 mètres à droite » nous indique une thaïe. Nous finissons par trouver une piste irrégulière, truffée de pierres, au dénivelé impressionnant. Tiens, un panneau « Shark Bay 1 Km », c'est par là!
En haut de la colline, juste avant de descendre vers la plage, nous nous retrouvons face à une descente de plus de 30 %, la peur de tomber et d'endommager nos engins nous envahit, nous préférons les laisser pour descendre en marchant. Même à pied, nos claquettes glissent sur le sol. Nous voyons au loin Shark Island.

La sueur ruissèle sur notre dos, nos t-shirts sont trempés, vingt minutes plus tard nous sommes sur la plage, ce n'est pas celle que nous avons vu de loin.
« Did, il y avait un panneau un peu plus haut qui indiquait qu'elle est à deux kilomètres »
Nous remontons, prenons l'autre chemin, faisons une pause face à un petit temple où il y a une fontaine d'eau purifiée, une demie heure plus tard, nous nous retrouvons... sur la même plage.
« Hey Vince, moi j'en peux plus, j'suis mort, on ira la voir une autre fois, faut qu'on boive quelque chose de frais. »
Nous sommes à Coral Beach, une plage où les coraux affleurent le sable. C'est mignon mais ça sent le poisson pourri. Nous aurons deux versions expliquant ce phénomène. Un couple nous dit que ça sent la « moulasse », les bateaux de pêches dégazent leurs cuves à poisson en mer et des flaques brunes, salasses, viennent s'échouer dans les criques, un autre gars nous explique que l'alternance de pluie et de soleil crée du remoud, ces fameuses flaques seraient un mélange de sable et de matières organiques. Nous ne nous baignerons pas. Il nous faut maintenant monter et affronter cette pente dans l'autre sens, un vrai calvaire, mais, « C'est bon pour la santé! On n' va pas trop se plaindre non plus! Allez en route!».



Le jour suivant le temps est encore clément, nous enfourchons nos 50 cm3 pour aller jusqu'au bout de la route qui mène vers Yaay Nee Cape, au nord-ouest. Le point de vue est très beau, nous sommes en face de Koh Nang Yuan, deux petites iles qui se rejoignent par un banc de sable étroit. Nous y restons quelques heures, prenant des photos, nous allongeant face à ce soleil qui joue avec les nuages.




Le soir, il y a une soirée « Sex on the beach », toujours au Maya Bar. La soirée est quasiment la même que celle de la pleine lune, les seules différences étant que la musique est encore plus nase et qu'il y a une grande sculpture de sable représentant un phallus, une paire de seins faisant office de bourses, PA...THE...TIQUE...! Je vais me coucher le premier vers minuit.
Je n'aurai pas eu ma dose d' « underground » à Koh Tao.
A l'heure où j'écris, il s'est remis à pleuvoir, il va être temps de bouger, dans trois jours il y a la Half Moon Party à Koh Phangan, c'est une soirée trance, bien moins commerciale que la Full Moon Party. Je vais pouvoir me remettre à faire des images, car s'il y a bien une chose qu'il ne faut pas que j'oublie, c'est de continuer à réaliser mon film musical.
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:29, le 23/03/2011 dans Thailande, Ko Tao Mots clefs : |
|
( Pour une capitale, Vientiane est une ville calme qui ne ressemble en rien aux mégalopoles asiatiques polluées, surpeuplées, vicieuses et embouteillées. Mis à part quelques temples, un musée nationale où des blocs de désodorisants ménagers sont exposés dans les vitrines à coté des œuvres, et les rives du Mékong, il n'y a pas grand chose à y faire. Certains l'aimeront pour sa simplicité, d'autres la mépriseront pour son manque de culture. Son peuple à dû beaucoup souffrir pour se renfermer à ce point sur lui même. La faucille et le marteau flottent sur la ville. On m'avait dit que le Laos était magique, pas cher du tout, que les gens étaient délicieux. J' ai trop idéalisé ces dires, je n'ai rien retrouvé de ce qu'on m' a décrit. J'imagine qu'il m'aurait fallu préparer soigneusement cette partie de mon voyage. J'y suis allé sans guide, sans rien savoir de son histoire, en suivant la même route que la plupart des vadrouilleurs. Je n'en ai pas saisi le sens. La preuve, on peut lire partout qu'il est indispensable de prendre un traitement contre le paludisme, c'est vrai si vous allez dans la jungle ou dans le fin fond du pays. Quand j'ai demandé à David, médecin, si il me fallait prendre ma doxyciline, il m'a répondu que, vu le parcours que nous faisions, cela ne servait à pas grand chose, pour ne pas dire... à rien. )
Nous nous sauvons de Viang vieng un mercredi à midi, après que je me sois fait volé par un distributeur de billets qui ne voulait pas me donner mon argent. Je vais à la banque nationale laotienne pour me plaindre et le récupérer, le responsable que j'ai fait appeler me tend un papier qui selon lui prouve que j'ai perçu les billets.
« -Ce n'est pas possible, vous pouvez vérifier que la machine était bien en panne après mon passage, recomptez les billets vous verrez!
-Non! Vous avez pris votre argent c'est marqué là! Contactez votre banque!
-Pour qu'elle fasse quoi? Qu'elle vous appelle et que vous lui disiez que votre le distributeur fonctionne à la perfection. Vous croyez que je n'ai que çà à faire, venir vous voir pour réclamer de l'argent. Je commence à bouillir là !.. »
Le ton monte, des employés se rapprochent de lui au cas où. Je suis en train de comprendre que j'aurai beau retourner la banque, cela ne changerait rien. Je lui prend son papier des mains, le roule en boule et lui balance au visage en le traitant d'incapable et de voleur.
Il me reste juste le temps de refermer mes sacs et de prendre le bus. David, Antony et moi arrivons quatre heures plus tard à Vientiane. Nous nous dirigeons à pied vers le quartier touristique, trouvons une chambre-triple pour 120 000 kips (12 euros) au Youth Inn Hotel. C'est un grand bâtiment sur quatre étages, nous sommes au dernier.
Notre première soirée est tranquille nous sortons juste pour diner et nous balader.
Quand je me suis décidé à aller au Laos, c'était essentiellement parce que mon visa thaïlandais de trente jours expirait. Il faut que je sois à Bangkok le 14 Mars pour accueillir un pote de Bordeaux.
Je passe donc ma première matinée à l'ambassade de Thaïlande.
J'arrive vers 9 heure, il y a déjà beaucoup de monde, on se croirait dans une préfecture française. Je prend mon ticket, rempli des formalités et patiente deux heures avant de laisser mon passeport à un guichetier et de reprendre un tuk-tuk pour rentrer à la chambre.
Pendant ce temps, Antony et David se sont promenés. Ils me racontent avec désolation leur visite du musée nationale laotien. Notre journée sera blanche...
Le lendemain matin, au petit déjeuner, avec David, nous partons nous installer sur la terrasse d'un café pour nous restaurer. Il y a trois tables. La première est occupée par une femme bien portante d'un certain âge, la seconde par un type, la quarantaine.
En nous entendant parler, la femme intègre notre conversation, elle est belge:
« Ha bein oui, moi nous plus j'aime pas trop le Laos, et pourtant je peux vous dire que j'ai voyagé depuis que j'ai vingt ans. Ils se foutent continuellement de ma gueule parce que je suis grosse, moi aussi je pourrai me moquer d'eux parce qu'ils sont trop maigres, il y a même des fois où l'on m'a demandé de payer double parce que je prenais trop de place dans le bus, alors que ces cons étaient tous debout et mettaient des sacs de riz sur les sièges, je peux vous dire que j'ai râlé, hein.............. heureusement j'ai mon mari qui garde les chats.... ha non! J'ai été mariée une première fois, un mariage d'amour! Mais il est parti... Disons que là, c'est un mariage de raison, j'étais en vacance au Maroc, j'ai sympathisé avec une famille. Je le trouvais gentil, brave, il avait besoin de venir travailler en Europe, j'étais d'accord. Au début, il a essayé de me faire croire qu'il m' aimait, mais je ne suis pas dupe, une fois. Maintenant c'est bien j'ai quelqu'un pour garder la maison et mes chats... »
Nous sommes morts de rire, elle nous fait son « one woman show », l'autre type a rejoint la discussion il est français, il rigole tout autant que nous.
« J'ai l'impression de t'avoir déjà vu », me dit-il
« -Je sais pas, peut-être sur la route... tu es d'où ?
-Région parisienne, mais j'étais vers Tours avant.
-C'est marrant moi aussi, dans quel coin?
-Monts.
-J'ai passé toute mon adolescence à Monts, t'as quel âge?
-42 ans.
-Tu connais peut-être Christophe Raous?
-Christophe? Bein oui, c'était un de mes meilleurs amis entre l'âge de dix et quinze ans, j'étais tout le temps chez lui où chez les Pottier.
-Ce délire! Tof, c'est comme mon grand frère, en fait Antony, son petit frère, c'est mon meilleur pote.
-C'est fou, t'as connu Vlad, leur chien.
-Il me faisait flipper !
-C'est mes parents qui leur ont donné..... »
Nous discutons de tous les gens que nous connaissons. Je suis bouche-bée, il y a vraiment de drôles de connexions, certaines personnes sont programmées pour se rencontrer. J'aurai pu choisir un autre bar, lui aussi, partir de Vang Vieng un jour après, me lever une heure plus tard, mais non, il fallait que je croise Eddy.
Notre journée sera blanche... Nos seuls occupations seront de prendre quelques images et de rêvasser.
Le lendemain, en début d'après midi, je retourne à l'ambassade récupérer gratuitement mon visa de trois mois.
Notre après-midi sera blanche... J'en profite pour squatter le Full Moon Bar, où le WIFI est gratuit, je rattrape le retard que j'ai pris. J'écris les articles sur Chiang Mai, Luang Prabang et Vang Vieng.
Nous nous activons enfin le soir, buvons l'apéro en jouant au « trou du cul », un jeu de carte. Celui qui perd doit boire un bouchon de Whisky Lao. J'ai bu le plus.
Nous partons, échauffés, au Future Club, qui n'a rien de moderne.
Nous trinquons avec une bande de voyageurs que nous croisons sans cesse depuis Chiang Mai, ils sont cinq, ils ont tous une laotienne sur les genoux, ils me font penser à des militaires en permission qui en profiteraient pour fricoter avec des locales.
La prostitution au Laos est moins développée qu'en Thaïlande, mais dans cette boite, il y a des tables et des tables de filles qui n'attendent que de passer la nuit avec un occidental plein d'oseille.
Nous ne savons pas aborder des filles qui au final nous demanderons de l'argent.
Nous rentrons chez nous.
Nous nous séparons demain, après avoir passé plus de deux semaines ensemble. David part au Cambodge, Antony au Vietnam.
Nous passons cette dernière journée tous les trois, allons nous balader sur les rives du Mékong, continuant à nous raconter des conneries, à rire.
De la « promenade des touristes » jusqu'au fleuve, il y a un banc de sable d'une centaine de mètres à traverser. Il fait très chaud, la sueur nous brule les yeux, nous marchons à deux à l'heure, chaque pas semblent être une épreuve herculéenne, nous avons l'impression d'affronter un désert. Sur le sable, l'évaporation de l'eau forme des mirages.
Il est l'heure. Nous retournons à l'hôtel où un taxi doit nous récupérer pour nous amener à notre bus. Nous nous faisons la bise, nous souhaitons bon courage pour la suite de nos aventures respectives.
Salut les gars, ce fut un plaisir de voyager avec vous deux, prenez soin de vous, à un de ces jours.
Dans douze heures, je serai à Bangkok.











|
|
| Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:40, le 17/03/2011 dans Laos, Vientiane Mots clefs : |
|
( Au milieu d'une belle nature, au bord du Nam Song, se cache une ville à la pratique sportive douteuse. Une armée de maillots de bain défile dans ces quelques rues . Des plagistes titubants, équipés de pochettes étanches roses, de débardeurs, proclament le même slogan. On est loin du fameux « sea,sex and sun », là ce serait plutôt « rivière, sexe si je suis pas trop bourré and le soleil ça fait mal au crâne ». La première fois que j'ai entendu parler de Vang Vieng ( « Ouai heu Vang Vieng, c'est comme Ko Pha Ngam mais avec du tuning! »), de la bouche d'un français, j'ai imaginé Ko Phan Gan avec des beaufs. Il m'avait dit "tubing" et non "tuning". Ma vision n'était pas totalement fausse, disons que ceux-là, ils n'ont pas de voitures kitées... Vous avez déjà vu des reportages sur des étudiants américains qui vont fêter leur diplôme à Tijuana ? )
Il n'y a que 215 kilomètres entre Luang Pabang et Vang Vieng, mais il faut plus de six heures pour rallier ces deux villes par la route. Avec David, nous prenons un minibus à la gare routière. Je déteste ce moyen de transport, c'est de loin l'un des moins confortables. Nous sommes encore entassés à 14, j'ai mal à la fesse gauche. Nous arrivons le 08 février, vers 20H30.
Dans la rue principale, nous croisons immédiatement Sabrina et Jacki, elles nous rencardent sur les chambres, nous donnent rendez-vous au Q Bar.
Tiens, les chiliennes sont allongées dans un restaurant, elles mangent en regardant Friends.
Nous trouvons une chambre triple pour 80000 kips ( 8 euros ), j'oublie de noter le nom de la guest-house, en même temps, je ne risque pas de me perdre ici.
Nous faisons le tour du propriétaire, sur le balcon, il y a un japonais en slip traditionnel rouge qui danse sur la musique de Super Mario Bros.
Nous sortons dans la rue des pubs et des restaurants.
Il n'y a pratiquement que des adulescents en crise, il n'est pourtant pas très tard, tout le monde semble ivre, les plus allumés ont des marques de peintures fluorescentes de la tête aux pieds, ont croirait qu'ils sont l'œuvre d'une classe de maternelle. Ils sont mignons, ont dirait des petits jardiniers avec leur petit seau à la main, leurs buckets remplis d'alcool.
C'est un grand bordel! Pourtant en général je trouve sain le fait qu'il y en ait ! Mais là, c'est comme si on venait faire les fêtes de Bayonne au Laos. Il n'y a que des étrangers qui se comportent comme bon leur semble, certains montent à quinze dans un tuk-tuk et paradent comme s'ils venaient de gagner la coupe du monde.
David et moi nous regardons les yeux pleins d'incompréhension, comme dirait mon pote Bibi :
« Mais d'où qu'c'est qu' vous en êtes !!? ».
Nous comprenons que cet endroit n'est pas fait pour nous, nous ne sommes pas à notre place ici. Les filles essayent gentiment de nous convaincre et de nous motiver à faire ce fameux « tubing ».
« -Tu vas voir c'est cool! En fait, on prend la rivière sur une grosse bouée, dans le sens du courant et on s'arrête à chaque bar pour boire des shooters, c'est marrant! », me dit Jacki,
« -Je ne peux pas.
-Mais si, viens demain! Tu vas quand même pas me dire que faire une activité et boire en même temps ne te plaît pas. Tu peux pas venir ici sans faire du tubing!
-Bein, disons que... si! J'ai pas très envie. C'est contre ma religion!
-Petit joueur! »
Heureusement, il y a ce jeune allemand que David a rencontré sur la route. Il nous propose d'aller fumer une clope sur le balcon de notre hôtel. Il est de Berlin, mordu d'électro, il nous fait écouter de la minimale. Nous vidons quelques bières. Notre japonais se joint à nous, il s'est rhabillé, il plane, joue avec un petit laser vert.
Le lendemain nous restons une bonne partie de la matinée dans notre chambre, sortant uniquement pour prendre notre petit déjeuner. Impossible d'échapper à Friends.
Nous ne remetons le nez dehors qu'en milieu d'après-midi pour aller nous poser près de la rivière. Je m'entend bien avec David. Il est tranquille, il adore la musique, sait méditer et c'est un bon fétard.
Nous restons assis quelques temps au Brownie Bar, regardons curieusement le menu « happy ».
Ce coté de Vang Vieng nous plaît d'avantage, l'atmosphère ressemble à ce que nous cherchons, l'horizon est chargé de verdure. Entre deux rêvasseries, nous voyons débarquer les gens qui font du tubing, ils ont l'air content.
Le soir nous retrouvons Antony qui vient d'arriver :
« Les gars c'est quoi ce sketch! Ils se croient tous à la plage ou quoi, ici !? Y'a pas moyen, moi, je reste pas là, je repars avec vous demain matin.»
Je n'en saurai pas plus sur cette région, le coin à l'air très beau, mais toutes les activités sont trop chères pour ma bourse de voyageur, et c'est beaucoup trop touristique pour que je reste. C'est marrant quand on a vingt ans!
Demain nous serons à la capitale.


|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:33, le 14/03/2011 dans Laos, Vang Vieng Mots clefs : |
|
( Prendre son temps pour voyager, de villes en villes, de pays en pays, permet de se rendre compte que les kilomètres absorbés ressemblent à une épreuve. En avion, on réalise moins que l'on s'éloigne, souvent, plus la route est pénible plus la récompense est belle, c'est comme quand vous faites une queue interminable pour entrer dans un festival, quand vous vous tapez les bouchons pour partir en vacance, au bout, il y a du bon temps à passer. Il arrive parfois qu'un trajet soit long et loin d'être pénible, c'est le cas quand vous naviguez sur le Mékong, de Chang Kong, à la frontière thaïlandaise, jusqu'à Luang Prabang, au Laos. )
Nous partons, avec Jacki, Sabrina et Antony, le 02 Mars. Un mini-bus passe nous chercher à la Julie's Guest-House de Chiang Mai vers 10 heure.
Nous roulons en compagnie de trois chiliennes,d' une géante australienne,d' un couple de norvégiens, d' un autre d'américains.
Nous arrivons à Chang Kong en fin d'après-midi. C'est un petit village, en face du Laos, sur l'autre rive du Mékong, construit le long d'une route. Les gens vivent du passage des touristes d'un jour.
Nous remplissons les formulaires de demande du visa laotien, faisons des photos d'identités à 100 baths et les laissons à une employée de la guest-house.
En face de notre auberge, il y a un bar où derrière le billard se trouve un frigo orné de deux bières, une télévision bancale qui retransmet des matchs de foot anglais. Nous attendons d'avoir mangé, et de nous être assis au bord du fleuve avant de venir s'y installer. Le frigo a été rechargé.
Nous allons nous coucher tôt. Avant de rentrer dans notre chambre, sous le préau, avec Antony, nous restons quelques minutes à regarder la vingtaine de geckos collés au plafond. C'est sûr, ils nous ont vu, ils nous observent! Un papillon de nuit fait son apparition. Il a l'air de ne pas trouver la sortie, nous lui indiquons mais il semble être têtu, il se colle au néon, près d'un gecko qui, perturbé, tombe à nos pieds après avoir tenté de l'attraper. A notre échelle il a fait une chute de 54 mètres...
Le lendemain matin, on nous fait monter à quatorze, avec nos sacs, dans un pick-up pour faire 600 mètres et arriver près d'un embarcadère où nous prenons une barque pour traverser la rivière jusqu'au Laos. Les gens de l'hôtel ne nous ont pas rendu nos papiers, nous attendons deux heures, le temps de les refaire. J'ai mon visa laotien ( 30 $)!





Nous suivons un guide qui nous emmène à une épicerie, où nous prenons un taxi qui nous emmène à une « épicerie agence de voyage ». Nous poireautons une heure, le temps de consommer, avant de nous retrouver dans le fameux bateau. Nous devions partir à 9 heure, il est plus de midi.
Notre embarcation à la taille d'un bateau-mouche, une cinquantaine de voyageurs prend d'assaut le navire.
C'est aussi la maison d'une famille, après la salle de réception où sont installés des sièges de train et un bar d'angle, il y a la chambre à coucher, au dessus du moteur, équipée de moustiquaires. Suit le living room munit d'un « téléviseur télécommande non intégré », d'un lecteur DVD récupéré, dans lequel pendent quelques vêtements du dimanche, à l'arrière, une « cuisine salle de bain toilettes balcon » d' un mètre carré et demi, décorée avec une chemise, un slip et un pneu repeint en vert.
Imaginez cinquante laotiens dans votre appartement.
Antony et moi nous allongeons dans le petit salon, bercés par le bruit d'un moteur très très peu silencieux, la vue est imprenable.
Le paysage est ardoise et vert. Nous sommes sur le légendaire fleuve bordé de montagnes. Nous pouvons nous déplacer, nous coucher, c'est confortable. Les anglo-saxons sont déjà en train de faire des jeux à boire, Markus, un allemand, manipule des cartes, le plus vieux, un québécois, fait des allers retours entre la salle des payeurs et la terrasse pour fumer, la plus jeune, attend sans cesse à la porte des toilettes, ratant à chaque fois son tour. Les chiliennes sont jolies. Jacki et Sabrina sont sagement assises, elles lisent, écoutent de la musique.









Nous débarquons à Pakbeng au coucher du soleil. C'est un tout petit village au bord du Mékong, qui lui aussi vit du passage des touristes d'un jour, mais qui est bien plus authentique que celui d'hier soir, le décor est tropical.
Les enfants lorgnent les paquets de chips, les ados présentent des cartons à l'effigie des auberges, les hommes proposent de l'herbe et de l'opium. Ils en veulent vraiment à notre argent, ils ne sont pas très aimables. Nous trouvons une guest-house qui surplombe le Mékong. Nous rencontrons David, un martiniquais de 38 ans qui ne fait pas son âge, médecin, qui vient de passer 10 mois entre l'Inde et le Népal. Nous formons dorénavant un quintette.
Nous nous couchons vers 3 heure, après avoir gouté le whisky laotien, un alcool de riz, blanc...
Réveil, 8 heure, petit déjeuner les yeux dans les montagnes, le bateau décolle à 10 heure.


C'est reparti pour une journée en mode « je branle rien sur un bateau qui navigue dans un paysage de fou en buvant des bières et en espérant qu'un des anglo-américano-australiens vomisse ». Je ne suis pas pressé d'arriver, je profite du moment. Quand nous mettons les pieds à Luang Prabang, je suis déjà nostalgique, je serai bien resté un jour de plus...
C'est la course à la guest-house, il est 18 heure, une flopée de touristes vient d'envahir la ville, nerveuse à l'idée de pouvoir prendre une douche. Les prix sont chers, jusqu'à 40 $ la chambre, avec mes deux acolytes, nous mettons plus d'une heure à trouver une chambre propre à 35000 kip (3,5 euros) chacun. Erreur!!! Nous n'avons pas vérifié l'eau, il n'y en a pas. Je descend le signaler au gars de l'accueil, il a l'air de s'en fiche complètement, il monte, regarde.
« -Dans combien de temps on aura de l'eau?
-Dix minutes...
-Dix minutes ou une heure?
-Une heure... »
Nous nous douchons sous un filet d'eau, deux heures plus tard.
Nous rejoignons les filles. Jacki nous dit que des amis lui on conseillé d'aller au bowling, c'est un endroit où il y a du monde, sympa pour boire un verre. Je ne suis pas enchanté à l'idée de faire du bowling, je me dis que cet endroit doit être spécial. Nous demandons à un chauffeur de tuk-tuk :
« -Non pas bowling, pas bowling. Pétaaaank, pétaaaank, oui oui pétank!
-Pétanque?
-Oui oui pétaaaank!
-Jacki? T'es sûr que c'est du bowling, car la pétanque, c'est un jeu français.
-C'est peut-être çà, ils sont australiens, il y a des boules, ils ont dû appeler çà « bowling »!
-On y va? Ok, Chauffeur! C'est combien ?.... Non, c'est trop cher!..... »
Nous arrivons au boulodrome. Une dizaine de terrains sont tracés, ils sont tous occupés par des joueurs locaux qui jouent sérieusement. Pour les habitants de Luang Prabang, c'est un bon endroit pour venir en famille ou inviter sa bien-aimée. On dirait le restaurant d'un camping, il y a une grande terrasse, des tables en bétons, carrelées, comme celles des aires d'autoroute, des chaises en plastique.
Un type, sorti tout droit de "La cage aux folles", nous accueille avec ses plus belles manières, il nous invite au karaoké, nous nous regardons, nous demandant s'il nous faut rester ou nous sauver.
« - Haaaaa vous zetes flançais!
-Oui nous quatre, Jacki est australienne.
-houuuuuu, « zo lé taxi, cé çà oui » vous conaissé? Houuuu« Zo lé taxi, cé çà oui », vous connaissé?
-le rhum au mambo, embouteillage!
-Haaaaaa! Vous conaissé !!! Trois bières gratouites!! »
Nous nous asseyons en face de la scène, il nous sert trois bières chaudes, les filles commandent un verre.
« -S'il te plait? On pourrait en avoir des fraîches?
-Houuuuu, non, pas fraiches! Glaçons, glaçons. »
Imaginez une bonne vieille Kronembourg chaude avec des glaçons, nous avons le plus grand mal à les boire.
Nous sommes morts de rire à écouter ces gens chanter faux de tout leur cœur. J'ai toujours trouvé les karaokés pathétiques, c'est comme regarder Strip-Tease. Je les observe avec un œil supérieur mais en même temps, je suis touché et presque ému de voir à quel point ils chantent avec passion, ils pensent qu'ils sont bons, ils se sortent les tripes!
Nous rentrons dans le centre après avoir bu gratuitement, sans avoir eu le droit de tirer et de pointer, «houuuuuuu les terrains sont pris » qu'il disait. Les filles nous en veulent un peu de leur avoir laissé payer les glaçons.
Le lendemain, nous changeons de chambre à la première heure. Nous arpentons Luang Pragan à la recherche du meilleur cliché. C'est une ville de type coloniale, une ville importante qui compte quelques écoles bouddhistes et donc forcément, des temples. On y voit des enfants vêtus d'orange, innocents, faisant du vélo comme des gosses ordinaires. Ils sont déjà sur la voie de la sagesse.
On y sent l'influence de la France, les boutiques sont grandes, élégantes, elles ciblent une clientèle aisée , il y a des boulangeries, des croissants sur les cartes des cafés. Nous avons dû faire beaucoup de mal ici.
Le reste? Des guest-houses, des agences de voyage et des épiceries!
C'est cher, nous ne sommes pas sous le charme, heureusement que la nature est omniprésente.
Nous montons les 190 marches qui mènent au monts Phu Si pour découvrir la vue.
Il y a des cascades aux alentours, tous les chauffeurs de tuk-tuks nous proposent des tours, nous n'irons pas.








Le soir Sabrina, Jacki et les chiliennes ont décidé de boire et de faire la fête. Nous les rejoignons avant de partir à la Disco. Tous les backpackers sont là, ceux qui étaient sur le bateau, ceux qui étaient dans la rue. Je n'aime pas la musique de boite de nuit, je ne m'amuse que parce que je suis avec des gens drôles. Il y a un couvre feu, à minuit, extinction des feux.
Nous passons une nouvelle journée à jongler entre nos lits et les rues de Luang Prabang.
En allant acheter nos billets de bus pour partir vers Van Vieng, avec David, nous nous décidons à acheter de quoi manger sur le marché. Nous allons naturellement vers une femme un peu ronde, qui nous a proposé ses sandwichs à chaque fois qu'elle nous a vu passer.
Elle a un sourire radieux, elle a l'air généreuse, elle est contente de travailler, de nous préparer notre « thon-mayo-crudités » avec un amour certain, les remplissant de couches et de couches d'ingrédients.
Nous rejoignons Antony qui se baigne dans la rivière avec les enfants. Je joue au foot avec un gamin, il me montre toute sa technique, il s'applique. Je me pose pour manger. Je suis comme Alexander Supertramp face à sa magnifique pomme rouge, je dis à mon casse-croute qu'il est le meilleur de tous les sandwichs.




Ce soir une copine d'Antony arrive de Pai avec d'autres filles, apparemment, elles aiment faire la fête, nous partons demain midi, on pourra toujours dormir demain matin si on se fait embusquer...
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:42, le 13/03/2011 dans Laos, Luang Prabang Mots clefs : |
|
( Au nord de la Thaïlande, au pied des montagnes, à deux pas de la brousse, on vous propose d'être l'acteur de votre propre documentaire, du genre de ceux que vous regardez un dimanche après-midi d'hiver. Chiang Mai est au cœur de la nature, ce qui rend cette ville respirable malgré les tonnes de béton qui la constitue. On vous « castera », vous proposant de voler avec des gibbons, d'aller poser votre bivouac dans la montagne pour quelques jours, de monter un éléphant, de le laver, de faire de la descente en VTT, d'apprendre à cuisiner thaï, à masser comme une locale, on vous demandera une participation, l'équivalent de quinze nuits dans une guest-house pour backpackers... C'est le prix pour s'offrir un souvenir inoubliable, un bel album photo. )
Nous partons de Ko Pha Ngan, le lendemain de « l'after » de la Full Moon Party, à 12H30.
Non sans difficultés, car forcément, tous les touristes se sont décidés à partir en même temps. Coup classique.
Sur le bateau qui nous amène jusqu'à Surat Thani, il n' y a plus la moindre place, chaque centimètre-carré est occupé, impossible de se déplacer sans bousculer quelqu'un.
Arrivés, des gars déchargent nos sacs en les lançant sur le quai, créant un tas sur lequel nous ne pouvons les récupérer. La foule s'amasse dessus comme des fourmis sur un biscuit, nous attendons qu'elle se dissipe pour commencer à tenter de repérer la couleur de nos bagages.
Il nous faut faire un trajet d'une demie heure pour rejoindre le bus qui nous mènera à Bangkok, le premier est déjà parti, nous prenons le suivant à 16h30, après avoir retrouvé nos potes espagnols, après avoir patienté et consommé pendant quelques heures. Le minibus nous dépose à une agence de voyage, ou l'on nous remet un énième autocollant à nous coller sur le débardeur, puis on nous dis de prendre un tuk-tuk pour nous déposer dans une autre agence qui contre notre ticket nous redonne un autocollant et nous dit de patienter, de là, nous rechargeons nos bagages dans un pick-up qui, après avoir pris en contre sens les bas cotés d'une voie rapide, nous arrête dans une agence, qui elle aussi vend des bières et du riz, où là, nous reprenons un minibus qui nous conduit à une station service où enfin, notre grand bus nous attend. Il est 18H30. Les thaïlandais n'oublient pas leur famille et leurs amis qui ont des boutiques et des restaurants...
Douze heures plus tard, nous marchons près de KhaoSan, pour retourner à la Merry V Guest House, là où nous étions 3 semaines auparavant. Rico rentre demain en Europe.
Je me décide à rester deux jours de plus pour écrire et faire quelques achats afin d' envoyer un colis à la maison.
Le second jour, au retour de la poste, dans Khao San Road, je croise à nouveau les espagnols, nous discutons un peu. Il y a Alberto, 34 ans, beau gosse, branleur, sympa, rigolo, il est en train de quitter son boulot, disons qu'il organise son licenciement pour partir voyager, il est en vacance rentre bientôt à Madrid, Elisa, charmante, stylée, deux petits piercings au niveau de la lèvre supérieur et Mercedes, mignone, elles sont de Barcelone. Aucun des trois ne semble être ensemble.
Vince, un belge, guerrier de Shiva, et Frederico, un italien qui vend des glaces pour le compte de sa famille dans le sud de la France, nous ont rejoins. Nous allons boire des white-russians dans une rue parallèle, moins touristique. Il y a un « petit bar de rue » qui passe de la trance-music, nous dansons, j'y rencontre Marcela, une jolie chilienne...
Je rentre à mon hôtel. Bangkok s'est depuis longtemps éveillée. Je pars ce soir, je vais à Chiang Mai.
Encore un trajet de nuit, encore une nuit de trajet.
Le bus arrive à 6h du matin, à l'ouest des remparts. Le centre de Chiang Mai est délimité par des canaux qui forment un carré. Je marche et pénètre dans le cœur touristique, là où se trouvent l'ensemble des guest houses. En descendant du bus, j'ai entendu deux norvégiennes dire qu'elles cherchaient la Julie Guest-House. Il me semble que j'ai lu ce nom dans le Routard. Après quelques errements, je me retrouve face à l'entrée, elles sont déjà là.
Il y a une grande salle à moitié à ciel ouvert, où l'on doit pouvoir se restaurer, boire des verres. Des tables, des chaises, des petits salons, des estrades en bambou où l'on peut s'allonger sur des coussins, un billard, dessinent le décor.
La réception n'est pas encore ouverte, nous sommes une dizaine à attendre. Certains dorment, d'autres fument cigarette sur cigarette en tapant du pied, lisent les brochures d' activités de plein air.
Le rideau se lève, on se bouscule légèrement pour se présenter au bureau, l'ordre d'arrivé n' a plus l'air de compter. Je prend la dernière chambre-simple, pour 100 baths. Il faut que j'attende le check-out de 11 heure, je prend mon petit déjeuner, profite du wifi, balance quelques articles sur voyage-forum.com histoire de gagner un peu de lecteurs. Je ne m'allongerai sur mon lit qu'à midi.

Le premier jour, je profite du confort de chez Julie, tantôt calé sur des coussins, tantôt dans un hamac en rotin, sur le toit-terrasse. C'est hyper agréable, il y a plein de voyageurs tous plus cools les uns que les autres, souriants, l'ambiance est zen. Je rencontre Antony, un parisien, avec qui le contact passe immédiatement. Nous avons vécu en même temps à Tours, il bossait dans une boutique où j'avais l'habitude d'acheter mes jeans et mes baskets, rue de Bordeaux, il m'en a certainement vendus. Nous sommes dans le même délire, comme si nous faisions parti de la même bande de potes depuis des années, nos références sont les mêmes. « Same same, but different » comme diraient les thaïs.
Rens, un hollandais nous rejoins.
Le second jour ressemble au précédent, je passe le plus clair de mon temps dans cette guest-house idéale, sortant quelques heures dans la ville pour prendre des photos. Chiang Mai est truffée de temples feuilletés d'or, sophistiqués. Dans ces quatre kilomètres-carrés il n'y en a pas moins de 300, des milliers de statues représentent Bouddha. Ici les gargouilles sont des dragons, ils s'élevent fièrement sur les poteaux qui délimitent les entrées. Des tenues de moines oranges sèchent au soleil. Je prend plaisir à marcher, même si la chaleur est assommante, mes yeux se réjouissent de cet environnement coloré.





Nous nous retrouvons tous les trois pour boire l'apéro. Avec du SamSong ( rhum thaï ), nous nous installons dans un premier temps sur la terrasse, écoutant tour à tour Daft Punk, Ghinzu, Blonde Redhead. Après avoir vidé notre flash, nous descendons faire un billard, rencontrons Sabrina, une française à l'accent anglais parfait, et Jacki, une australienne, discutons avec les deux norvégiennes. A un moment je sors pour aller m'acheter des cigarettes, mais il est plus de 22 heure et la supérette du coin est fermée. Je vais un peu plus loin dans un bar pour en demander, le patron est californien, la cinquantaine, les cheveux mi-longs, bouclés, roux.
« - Tu aurais des cigarettes s'il te plait?
-Non je n'en vend pas.
-Tu saurais, où je peux en trouver?
-Hum...A cette heure-ci.... Attends.... Viens! Suis moi!
-Pardon?
-Suis moi je te dis, je t'emmène!
-Je peux y aller seul, je ne veux pas te déranger.
-Je t'ai dis de me suivre, allez viens! »
Il me conduit au Seven-Eleven. Sur le chemin:
« -Merci beaucoup.
-Merci pour quoi?
-De m'avoir amené!
-Ne me remercie pas, c'est normal, tout le monde ferait çà!
-Je ne suis pas sûr.
-T'as besoin de clopes, je sais où il y en a, je t'amène, c'est logique! »
Au retour, je rentre dans son bar pour commander un verre et le remercier, il ne veut pas que je paye. Je reste environ une heure accoudé à son comptoir, nous parlons de football, nous nous chambrons sur la future confrontation entre Manchester et Marseille.
« -Tu vas voir, on va faire 1-1 à Old Trafford et on se qualifie.
-Tu rêves mon petit, on ne va faire qu'une bouchée des petits marseillais! Mec, c'est Manchester en face! »
Je fais semblant d'oublier de l'argent sur le comptoir et retourne à la guest-house:
« -Putain t'étais où? Je t'ai cherché partout!
-Truc de fou! J'te raconte... »
Le temps que je sois parti, ils avaient fait connaissance avec deux suédoises. Nous nous décidons à sortir tous les trois, d'abord au night-market, puis ensuite à la Fabrique, une boite de nuit située dans un hôtel de luxe, où viennent s'amuser les étudiants et la jeunesse dorée de Chiang Mai. Nous sommes les seuls étrangers, les seuls en claquettes et en short, dévisagés par 99% des clients, tous sur leur « 31 ».
Il y a deux salles, nous squattons le dance-floor de celle où se joue de l'electro minimale. Deux dj's font un « ping-pong », ils envoient un son de très très bonne qualité, ils sont bons, comme on dirait dans le milieu, çà tabasse!
Nous dansons. Des filles nous font de l'oeil, mais elles sont rapidement cernés par leurs amis mâles, gardes du corps pour l'occasion. Nous nous tenons à carreaux, ils ont l'air tendus, pour un peu qu'ils fassent de la boxe thaïe...
Nous partons à la fermeture, Rens n'est plus là. Nous demandons à un chauffeur s'il y a un after, il nous dépose dans un bar à pute.
« -On y va? » me demande Anthony, pas très motivé.
-J'sais pas, on peut p't'être juste boire un coup...
-Mouai.
-On fait pile ou face, pile on reste, face on s'casse. Face! On peut au moins boire une bière...
-Ok, on en boit une, on roule deux ou trois pelles et on se casse! »
Nous commandons une bière à 200 baths ( 5euros!!!), des filles s'invitent à notre table, nous demandant de leur offrir un verre. Nous refusons, restons une demie heure à rigoler de cette situation, nous sommes les seuls dans ce bar. Nous repartons après avoir fini nos bières, sans avoir roulé de pelles.


Le réveil du lendemain est quelque peu difficile, je me lève vers 11h30, en descendant, Antony me dit qu'il a réservé, avec Sabrina et Jacki, un billet pour aller au Laos en bateau, sur le Mékong. Je me décide à faire la même chose. Je pars, l'après midi, me promener avec Rens, et me faire vendre le même billet au TAT Centre par un lady-boy qui parle couramment français.
Le soir? Rien à signaler...
Je me décide enfin à m'activer, ce matin, j'ai loué un scooter, je pars sur la route pour gravir et explorer Doi Suthep, la montagne. Je m'arrête à plusieurs niveaux pour aller voir des cascades,roule toute l'après-midi.





Le moment tant attendu arrive enfin, c'est le dernier jour, je repars demain.
Mon magnétoscope cérébral est prêt, je n'ai plus qu'à appuyer sur le point rouge.
« Scène des éléphants, tout le monde en place, allez! Prêts !? Actiooon!!! »
Nous décollons de chez Julie vers 10 heure, direction un camp d'éléphants situé en bordure de jungle. Nous allons passer la journée avec eux.
A l'arrivé, le directeur du centre nous accueille, nous explique son amour pour les éléphants, qu'ils ont appartenu à des propriétaires qui les utilisaient pour cultiver le teck, faire des spectacles et d'autres activités lucratives. Ils les rachètent pour leur offrir une meilleur vie.
On nous affuble d'une tenue traditionnelle couleur jean.
Le matin nous avons un premier contact avec eux, nous leur donnons à manger, apprenons à les monter.
Après le repas de midi, nous partons sur leur dos pour une ballade de deux heures, pour finir dans cette eau marron, où quelques excréments flottent à la surface, afin de les laver.
Un moment magique, j'ai l'impression d'être dans un reportage de Géo. Toucher ce cuir si épais, ces poils si raides, sentir ces muscles, ce coeur battre, s'amuser avec cet éléphanteau qui vous enlace la jambe avec sa trompe et s'allonge, le flanc par terre, comme un chien qui voudrait qu'on lui caresse le ventre, le nettoyer avec une brosse à récurer, lui balancer des seaux d'eau pendant qu'un autre, joueur, vous arrose à l'aide de sa trompe, vous redonne le rire et la joie de vivre d'un enfant.
Nous repartons en fin d'après-midi.






Une dernière soirée à jouer au billard, à boire avec un jeune breton de 20 ans, un branleur, un faux dur au cœur tendre, complètement saoul, qui a besoin de parler, de se confier et de prendre un peu d'expérience, et il sera temps pour moi de reprendre la route. Cette fois, elle sera fluviale, après demain, je serai au Laos.
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:59, le 6/03/2011 dans Thailande, Chiang Mai Mots clefs : |
|
( Le paradis des « teufeurs » existe!
Il persiste et résiste encore et toujours à la désapprobation des politiciens occidentaux, des grands shérifs qui sous prétexte de vouloir nous protéger de nous même, de sauver notre santé, bannissent et interdissent la fête que des millions d'êtres humains veulent faire.
Est-ce qu'ils pensent à notre santé mentale? Pas le moins du monde! Ils espèrent juste que l'on sera de bons moutons effrayés capables de mettre un bulletin dans une urne, de cotiser assez pour payer leurs salaires et de consommer.
Aller à la Full Moon Party est une façon de faire la révolution et de dire « merde » a tous les moralisateurs.
A Ko Pha Ngan on se sent libre. Des gens des quatre coins du monde ont élu pour domicile cette charmante petite île, s'échappant de tout ce qui les empêchaient de s'épanouir chez eux pour se consacrer au moment présent, à la musique, à créer leur petit business, à vivre les pieds dans l'eau dans des paysages magnifiques et surtout à s'amuser, à partager de bons moments avec des gens qui ont soif de vivre.)
Nous quittons Ko Lanta, du moins le Family Resort le 12 février à midi, prenant, pour 650 baths chacun, un bateau qui mettra quatre heures pour rallier Phuket, un grand bordel (dans tous les sens du terme) où nous ne resterons que le temps d'une nuit et de perdre quelques parties de Puissance 4 face à de jolies thaïlandaises.
24 heures plus tard, nous nous asseyons dans un minibus, venant tout juste d'acheter nos billets pour Ko Pha Ngan (600 Baths, 15 euros).
Nous allons mettre du temps à réaliser que ce taxi inconfortable, qui va durant quatre heure nous écraser les nerfs sciatiques et nous amener à Surat Thani, est en fait notre moyen de locomotion. Nous rêvions d'un grand bus moderne, spacieux. Nous avons le droit à un pauvre monospace rabaissé, sensible aux moindres défauts de la route. Douze passagers dans une boite à sardines qui souffrent en silence!
Arrivés dans la ville portuaire, nous déposons nos bagages dans une agence et partons diner.
Au retour un gars nous presse : « Allez, dépêchez vous, nous partons au port maintenant! ».
Le gars nous dépose face à un gros bateau qui ne part que dans trois heures, je comprendrai plus tard pourquoi ce type était si pressé de nous voir partir quand je m'apercevrai qu'il manque de l'argent dans ma banane, mon sac était pourtant cadenassé, ils ont du me voir faire le code. Ils n'ont pris ni mon passeport, ni ma carte de crédit, et m'ont même laissé un peu d'argent. Ils sont mignons...
Jusqu'à présent je faisais confiance aux agences de voyage, elles proposent tous le temps de garder nos bagages et de les surveiller, ce temps est révolu.
Malheureusement je n'ai pas noté son nom pour lui faire un peu de publicité, je n'avais pas traité directement avec elle. En Thaïlande, il y a des tonnes et des tonnes d'intermédiaires.
Le comble, c'est que la veille, un pote m'a envoyé un message me disant que mes récits étaient bien beaux mais que je ne parlais jamais de mes galères. Je lui ai répondu que pour l'instant je les avais évitées et qu'elles avaient été clémentes avec moi, conneries! Il suffisait juste de l'évoquer pour qu'une apparaisse.
Bruno, je ne te remercierai pas de m'avoir envoyé de l'énergie négative ! Tu dois bien rigoler là ! Oui je sais, le « nagual » est farceur !

Notre bateau décolle à 23 heure, nous nous installons sur notre couchette pour nous réveiller 7 heures plus tard à Thongsala, le port de Ko Pha Ngan. Nous prenons un taxi pour nous rendre vers Baan Tai, au Jungle Bar, afin de nous reposer quelques heures dans un des trois bungalows et passer notre première nuit sur l'île.
Après une longue sieste, nous rejoignons Nathalie, une vieille copine tourangelle exilée à Ibiza.
Elle loge sur le port, nous a trouvé une chambre propre pour 200 baths. Nous déménageons dés le lendemain.
Nous resterons à la Yellow Guesthouse, pendant tout notre séjour.
Le propriétaire s'appelle Jesse, il est anglais. Il vit en Thaïlande depuis trois ans et a parcouru tout le pays avant de s'installer ici. Il est le père d'un très beau petit métis. C'est un chic type, souriant, costaud, les cheveux rasés. Il passe tous les jours pour laver les sanitaires et se soucier de notre confort, il nous indique les endroits à ne manquer sous aucun prétexte.
Dans la maison jaune, il y a une anglaise qui passe ses journées à s' entrainer à la boxe thaïe, trois hollandaises marrantes qui ne nous plaisent guère et un couple de fêtards canadiens.
Pour se déplacer sur l'île, il est plus pratique d'utiliser un engin motorisé. Nous louons deux 125cm3 pour 150 baths. Pour moins de 10 euros par jour nous avons une chambre et un moyen de locomotion, royal!
Notre leitmotiv sera d'explorer l'ensemble des plages de Phangan, du nord au sud, d'est en ouest, de Haad Yao à Thong Nai Pan, de Haad Rin à Chaloklum...
Nous partons en général le matin vers 11 heure pour rentrer à l'heure de l'apéro, sillonnons des routes montagneuses impressionnantes, des pistes de terre qui nous donnent l'impression de participer à un rallye-raid, les cheveux dans le vent, les lunettes de soleil bien calées pour contrer la poussière, les masques, tubas et appareils photos dans nos sacs étanches.
Après être passés par Ko Phi Phi, les plages d'ici nous paraissent un peu plus banales mais nous ne boudons pas notre plaisir. Le décor est très varié, nous nous retrouvons tantôt en haut d'une crique ou encore assis sur du sable blanc, dans la jungle en train d'acheter un peu d'essence, dans un petit troquet au bord d'une route pour boire à la paille un shake à la banane, à proximité d'une chute d'eau.






Nos premières journées sont calmes, nous nous reposons et gardons nos forces pour le marathon de la Full Moon Party.
Le mercredi, nous nous décidons enfin à sortir, il y a un concert du plus grand groupe de reggae thaï, Job 2 Do.
Nous y allons avec deux locaux, des potes de Nathalie.
L' endroit est sublime, au bord d'une plage. A notre grande surprise, il y a beaucoup de monde. C'est la pleine saison, les fêtards sont arrivés en force.
La scène est haute, le son, de qualité. Il y a plein de petits stands qui vendent de la bouffe ou des fringues, un bar difficilement accessible où il ne s'y vend pas que de l'alcool.
Le premier groupe joue un rock'n roll puissant, les musiciens sont bons, à l'aise. Le batteur fait des breaks dévastateurs, le guitariste branle son manche avec aisance, le chanteur a la voix cassé.
Ils font l'unanimité en balançant « Rock'n Roll » de Led Zeppelin. Une dizaine de chevelus, rescapés des 70's, sautent dans tous les sens au premier rang. Ils sifflent, ils hurlent, brandissant fièrement leur bière au dessus de leur tête.
Arrive le moment tant attendu, les « number one », comme disent les Thaïs, entrent en scène….
Un chanteur, une Ibanez blanche entre les mains, un bonnet ample sur la tête cachant d'épaisses dread-locks, qui semble tout droit sorti d'une vieille jacket d'un vinyle de Kingston, dont la voix n'a rien a envier à celles qui fleurissent des studios d'enregistrements jamaïquains, un bassiste à la coupe afro qui le grandi de dix centimètres, un guitariste solo qui utilise sa pédale wha-wha à la perfection, une section rythmique en place. Ils ont un son bien « roots » qui m'évoque Burning Spears, la réalisation est de très bonne qualité.
Malgré une très bonne reprise des Pink Floyd, « An other brick in the wall » et quelques standards de notre cher et tendre Bob, je regrette de ne pas avoir assez entendu leurs propres compositions, ils faut bien donner à manger aux fauves.

Juste le temps de réorganiser les balances, apparaît un groupe russe.
Dans un esprit clubber mais musicalement comparable à Hilight Tribe , ils envoient un live electro « label rouge ».
Le leader est aux percussions, il tape à une vitesse phénoménale, menant la troupe. Le chef d'orchestre, lui, est caché derrière son Mac, il equalise tous les instruments en direct, règle les réverbes des voix, rajoute des effets et des samples. Il y a un batteur, une joueuse de didgeridoo, un chanteur, une chanteuse et une danseuse pleine de grâce. Leur musique est un mixe de house et de trance.
Ils sont bons, ils ont du charisme, tout le monde danse. C'est le bouquet final.

Le son s'arrête vers deux heure du matin, il y a une « jungle party » dans un autre coin de l'île, nous nous y dirigeons.
Sur le chemin, Rico décide d'envoyer les gaz, histoire de se faire plaisir sur sa moto. Les thaïs, qui nous accompagnent et nous montrent le chemin, n'apprécient guère et se décident à prendre un autre chemin sans se préoccuper de lui. Je les abandonne, pensant qu'Éric nous attend un peu plus loin. En fait, il avait juste envie de faire un tour de l'île « by night ». Je ne le retrouve pas, je rentre à la maison.
J'ai envie de me fumer une dernière cigarette avant de me coucher mais je n'ai plus de briquet, je descend pour aller m'en acheter un au « Seven-Eleven » ( des épiceries ouvertes 24 heures sur 24, il y en a partout en Thaïlande ). Au retour, à deux pas de chez moi, j'entends :
« Hey Vincent!!! »
Je vois Sarah et toute la troupe de français que nous avons rencontrés au concert.
«-Tu fais quoi là?
-Bein... je vais me coucher.
-T'es pas bien toi! Allez, viens à la Jungle! Dépêches toi! En plus j' suis un peu bourrée j'ai peur de conduire.
-Ok, mets toi derrière, c'est parti! »
Je comptais aller me coucher tranquillement, j'étais décidé, et me voici, pour une histoire de briquet, en train de retourner faire la fête... Cette nuit là, je n'étais pas programmé pour dormir.
Vingt minutes plus tard, je me gare, paye les 300 baths de droit d'entrée et pénètre dans l'enceinte.
Effectivement, nous sommes au cœur de la jungle, l'espace est bien aménagé, il y a un grand « dance-floor », beaucoup de monde, plusieurs « chill-out », un bar.
C'est une teuf trance! Yes!
A l'affiche, des dj russes qui balancent des galettes de psy-trance. Le son est énorme. Tout le monde danse d'une même façon tribale. Les filles sont belles, stylées, les mecs, torses-nus, tatoués. Les gens ont le sourire, communient, sauf peut-être ce type qui a l'air d'avoir pris trop de stéroïdes pour se gonfler les muscles et dont les mâchoires semblent bloquées, on dirait Hulk, en plus blanc que blanc, avec une calvitie.
Il y a pas mal de français, des espagnols, des brésiliens, des argentins, des russes, des israéliens et des anglos-saxons... C'est génial de faire la fête avec le monde entier.
Je rentre en taxi vers 11 heure, après la coupure de son, après avoir vu le soleil se lever doucement, après avoir fait connaissance avec quelques charmantes demoiselles. Je me sens bien, heureux d'avoir participé à une « teuf » digne de ce nom, d'avoir écouté de la musique de qualité, sans que des policiers viennent éteindre le son et confisquer le matériel des organisateurs. Il est temps d'aller me coucher.
Si nous le souhaitions, nous pourrions sortir tous les soir, mais nous préférons nous réveiller en forme pour enfourcher nos engins et partir sur les routes. Notre rythme de vie est sain, nous mangeons un bon petit déjeuner le matin, à base de fruits et de céréales, nos repas sont équilibrés. Je raffole du pad-thaï, ces nouilles sautées cuisinées avec des légumes, du poulet et des arachides.
Nous buvons notre petite bière le soir et évitons de boire trop de ce whisky thaï qui fait mal au crâne.
La lune grossi de jour en jour, elle atteint sa taille maximale le 18 février, il va être temps de se rendre à Haad Rin, la plage de la Full-Moon.
C'est impressionnant, des milliers de gens se sont donnés rendez-vous pour célébrer la puissance de notre astre nocturne. L'excitation est a son comble, la foule est hypersensibilisée par l'énergie que déploie la lune, la cérémonie a commencée.
Sur cette petite plage, il doit y avoir une dizaine de sound- systems. De la drum'n bass, du dub-step, de la house, de l'electro minimale, de la techno et bien sûr de la trance.
Nous resterons toute la nuit devant le Zoom Bar, bercés par des dj's israéliens, faisant quelques longueurs de plage pour regarder le spectacle.
Le meilleur moment est toujours quand le soleil se lève, danser sous un ciel rose est juste... magique. Certes, il y a toujours quelques têtes qui font mal à voir, mais c'est tellement plus agréable de voir tous ces sourires, ces déguisements fluorescents que la plupart des gens arborent, le visage des jolies filles à coté desquelles on danse. En plus ça évite de draguer ou de se faire piéger par un « lady-boy », car ils sont belles, c'est bluffant.
Après la fête nous nous dirigeons dans un premier after, un petit bar dans lequel se joue de l'electro minimale, puis avec Rico, nous atterrissons dans un autre after trance.
Nous n'en repartirons que le soir à 21 heure, passant la journée à danser sur le sable ou dans un univers de tentures psychédéliques, à boire des bières, à nous étaler comme des loques dans un hamac, le regard perdu entre le bleu du ciel et de la mer, les tympans caressés par une basse ronde et répétitive, discutant avec des espagnols et des françaises, admirant des mecs qui jonglent, rigolant de voir se russe tout sec, perché, sauter partout, rigolant, rigolant, rigolant...
Nous prenons le bateau demain à midi, direction Bangkok, Rico rentre chez lui et moi je vais aller dans le nord... Il y a un temps pour tout, celui de la fête est passé... pour le moment.
( Il est pas mignon ce vieux monsieur, avec sa bière ? )
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:28, le 25/02/2011 dans Thailande, Ko Pha Ngan Mots clefs : |
|
( Ses plages et ses eaux sont bien moins parfaites que celles de sa perle de voisine, Ko Phi Phi, mais Ko Lanta a l' avantage énorme de ne pas être bondée de touristes qui étendent leurs paréos à quelques centimètres de vos pieds, jouent aux raquettes de plages et s'excusent de vous avoir écrasé, sans faire exprès, un ballon de football américain sur le coin du nez.
Le mot d' ordre est : RELAX.
Une destination familiale, simple, agréable, sans fête et sans vice.
Vous aurez le choix entre visiter les ilots de l'archipel, faire de la plongée ou... ne rien faire, disons plutôt vous affaler quelque part, à l'ombre ou au soleil, siroter des jus de fruit le jour et des cocktails la nuit et éventuellement si vous êtes très courageux lire un livre, à défaut, il y a toujours un menu à portée de main, c'est moins instructif mais ça occupe...)
Ça n'a pas été très compliqué de passer de Ko Phi Phi à Ko Lanta, une heure de bateau (250 baths). Nous commençons a être habitués, nous trouvons une place sur le coté, les pieds dans le vide, accrochés à la rambarde de sécurité, ne cherchant pas a nous protéger du soleil. « Tapes, petit Soleil, tapes! ».
Nous réservons notre futur bungalow pendant le trajet. Un gars sympathique nous aborde, nous montre de belles photos du Family Resort qui se situe à l'ouest le long de Khlong Khoang Beach, il est convainquant, nous signons sur le champ après quelques négociations, 700 baths pour deux ( 9 euros chacun ).
Un pick-up rouge nous récupère au port et nous amène, sans frais supplémentaires, à notre nouvelle maison.
Le lieux est calme, paisible, il y a une dizaine de bungalows confortables. Face à la mer d'Andaman, se dressent de petites cahutes dans lesquelles on peut s'allonger sur des coussins, ou s'assoir en tailleur pour manger ou boire un coup. Le bar est a proximité, le personnel est charmant.
C'est simple, nous n'allons pas bouger de notre cabane, vivant au ralenti pendant deux jours, les yeux rouges d'émotions, l'esprit aiguisé et inspiré, n'échangeant que peu de mots, nous délectant de la lumière, sympathisant encore d'avantage avec le soleil et la lune, méditant à proximité mais chacun dans notre coin, cherchant des réponses à nos questions existentielles, nous échangeant de beaux sourires qui nous permettent de nous rendre compte à quel point nous sommes heureux d'être ici.
Le chemin et les deux cent mètres qui nous séparent de notre bungalow seront les seuls pas que nous ferons sur cette l'île... Rien d'autre à signaler.






|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 07:28, le 24/02/2011 dans Thailande, Ko Lanta Mots clefs : |
|
( « Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations », Nicolas Bouvier.)
« -Neuf lettres !
-Pas mieux.
-Turquoise ! »
Après un réveil difficile dû à une consommation excessive de mojitos locaux, nous quittons la New Merry V Guesthouse le 7 Février pour déposer nos bagages dans l'agence où nous avons réservé nos billets la veille.
Nous tuons cette journée à finaliser nos dernières emplettes, nous allongeant plus tard sur de l'herbe fraîchement tondue, au bord du fleuve Chao Phraya.
Nous nous rendons à l'agence vers 18 heure, un jeune homme vient nous chercher et nous le suivons à travers le quartier. Il passe récupérer tous les voyageurs prêts à quitter Bangkok pour les îles. Une cinquantaine de sacs à dos déambulent dans Thanon Rambuttri en quette d'un bus.
On nous a collé un autocollant rouge qui veut dire « Koh Phi Phi !!! ».
Nous partons à 19 heure.
17 heures plus tard, nous ouvrons les yeux, allongés sur le coté d'un bateau, nous pénétrons dans le port de Tonsai, les yeux pétillants, la bouche grande ouverte.
Entre temps nous avons fait 12 heures de route, une escale « je ne sais où » de trois heures et deux heures de bateau. Une jeune israélienne, Nathalie, s'est approchée, elle nous demande si elle peut chercher une chambre avec nous.
A peine les pieds sur terre qu'une tonne de commissionnaires terroristes nous agrippe, nous menace de ne pas trouver de chambre car l' île est complète. Ils sont les seuls à pouvoir nous trouver un logement, qu'ils disent !
Le soleil et la chaleur nous assomme et dans un acte de paraisse absolu nous cédons à la tentation. On nous trouve une chambre à la Golden Hill, une guesthouse située en hauteur juste après le village touristique pour 1200 baths. Un adolescent nous y accompagne, trainant à la main un chariot à roues plein de nos bagages. Il aura gagné le droit de manger.
La vue du balcon de notre chambre triple est magnifique, elle nous évoque l'ambiance paisible qui règne parfois dans les films américains sur la guerre du Vietnam.
Nous partons à la rencontre de cette cité balnéaire, prenant toujours le même chemin dans ce labyrinthe de rues. Tout a repoussé depuis le tsunami de 2004.
Il y a des anglais, des pubs, des restaurants et des clubs de plongée à n'en plus finir. Nous mangeons des brochettes de poulet grillé dans un tout petit boui-boui où quelques chaises en PVC se battent en duel et nous nous dirigeons vers la plage. Nous oublions le fait que toutes les serviettes soient collées les unes aux autres pour nous concentrer sur le paysage et sur cette eau si limpide, si salée.
Je n'ai jamais autant aimé la couleur d'une eau.
Avant la tombée de la nuit, nous louons un kayak et partons accoster sur une minuscule plage inoccupée. Nous grimpons sur des rochers colonisés par des « pinces oreille » pour nous assoir sur deux blocs plats et regarder l' horizon rose, la lumière est splendide, ça nous ferait presque verser une petite larme de joie. C'est officiel, nous planons!






Nous ne ferons pas la fête les deux premières nuits.
Le lendemain nous partons à pied, vers Long Beach, suivant un chemin où se mêle forêt primaire, rochers et sable blanc. Programme « farniente », rien d'autre à signaler.

Le jour suivant, j'apprends, en descendant prendre mon petit déjeuner, que notre chambre est réservée, il nous faut quitter les lieux. Après un pile ou face, nous décidons de rester un jour de plus pour aller en bateau à Phi Phi Leh, l'île voisine. Nous prenons la première chambre venue, il est déjà l'heure d' embarquer.
Au point de rendez-vous, nous sommes une dizaine, un petit groupe de suédois, un père célibataire français avec son enfant de deux ans, deux ravissantes espagnoles, et nous les « muches-muches ».
Notre commandant de bord porte un maillot de l' équipe de France.
Nous allons passer un des plus bel après midi de notre vie.
Un passage dans un lagon à l'eau plus que turquoise, une cession de nage avec masque et tuba où je passe quelques minutes sans bouger, face à face avec un poisson fin qui a l'air aussi curieux que moi, une excursion dans Maya Bay, la plage de La Plage, où il y a malheureusement un peu trop de monde, une autre plongée au milieu des poissons perroquets aux couleurs de l'île, en camaieu de verts et de bleus, et pour finir un coucher de soleil sur l'eau. Le tout pour 250 baths ( 6 euros ), c'est cadeau!
Nous finirons notre rêve paradisiaque le soir même, allongés dans un bar de plage pour faire la fête. Dans notre dos des anglais jouent au chaises musicales, qui sera Miss Camping? Dans tous les bars il y a des types qui jonglent avec des bolasses en feu, on entend un remixe de Stand By Me en version dance-music.
Demain, nous allons chez les voisins à Koh Lanta..
Quand on voyage avec un ami, on peut partager la beauté du moment et s' exprimer instantanément.
C'est agréable de vivre entre pote des instants où l'on ne se parle pas et d'autres où l'on réalise que face à nous, très très loin, il y a une énorme boule de feu.
( Avec l'inspiration de Rico. )

|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 15:39, le 11/02/2011 dans Thailande, Ko Phi Mots clefs : |
|
( S'il y a bien un peuple qui a tout compris au commerce, ce sont les Thaïs. Bangkok en est le symbole, telle une « Fashion Mecque » elle confectionne les vêtements et les gadgets qui vous serons vendus aux abords des plages du monde entier. La mode se crée ici.
Bangkok fera en sorte que tous vos désirs deviennent réalité. Vous voulez des jolies filles? Trouver l' amour de votre vie? Vous voulez boire comme des trous et vous comporter comme des barbares? Vous voulez de la sueur et des combats? De la musique? De la bonne nourriture, des diners romantiques? Vous relaxer sous des mains expertes? Vous voulez vous enrichir et créer votre propre marque de vêtement? Vous recherchez un peu de zénitude? Bangkok y pourvoira!
Seul votre confort lui importe, peut-être aussi votre argent...
Bien qu'un peu folle, elle est totalement lucide et terriblement polie, elle est tout simplement...impressionnante. A voir, à vivre !!! )
J' ai bien retrouvé le moment présent, le 03 Février à 4h30 quand mon téléphone a vibré... J'arrive à l'aéroport de Chennai vers 7 heure où mon avion mettra deux heures pour rallier Calcutta. A peine le temps de récupérer mes bagages et de comprendre que l' aéroport internationale est à 500 mètres, que je suis déjà dans un autre avion. J'arrive à Bangkok à 16h30 heure locale.
Je suis immédiatement soumis a un test de patience. Tous les touristes ont du se donner rendez vous en même temps car il y a d' énormes queues pour passer l'immigration. J 'ai toujours le don de me mettre dans les files d'attentes qui avancent le moins. Je respire par le nez pendant une heure et demie avant de présenter mon passeport à un agent qui me demande de rester les pieds sur le marquage au sol pour me prendre en photo. Entre temps j'ai découvert sur les écrans de propagande que le Roi joue de la clarinette, peint des toiles et réalise des clichés à l'aide de gros objectifs. En conclusion, on apprend qu'il tire son inspiration de l'ensemble du peuple thaïlandais. Le Roi des thaïs est un romantique, c'est beau, non?
Sorti de cet immense aéroport flambant neuf, second test de patience. Tous les touristes qui attendaient pour leur visa, espèrent désormais trouver un taxi. Ils s' amassent de façon anarchique, avec leurs chariots remplis de bagages, dans une file qui n'a rien d' indienne. Une brèche s'ouvre, une autre queue se forment à 200 mètres de là, pour une fois je suis vif et réactif, je suis les dread-locks qui sont juste devant moi, en quelques secondes j 'ai gagné deux cent places.
Sous les dread-locks il y a Hugo, à ses cotés, Romina se cache derrière la housse de sa guitare.
« -Tu vas vers Khao San Road ? », me demande-t'il.
«-Oui.
-Si tu veux on peut partager le taxi.
-Carrément! »
Hugo est espagnol, il vit dans le nord de la Thaïlande depuis un an. Il travaillait dans le bâtiment, près de La Corogne où il montait des structures métalliques. Un jour il est tombé de deux étages et s'est brisé les deux poignets. Maintenant il touche à vie une pension d'invalidité. D'après lui, cet accident a positivement changé sa vie.
Romina est argentine, elle fait un tour du monde, des écussons de tous les endroits où elle est passée sont brodés sur ses affaires.
Il faut environ une heure pour arriver dans le quartier touristique de Bangkok, la course coûte 450 baths ( un peu plus de 10 euros ).
Je me familiarise avec ce nouveau décor. Beaucoup de gens vous diront que Bangkok est une fourmilière bruyante et puante, mais après deux mois en Inde, je trouve la ville plutôt propre et calme. Les chauffeurs sont disciplinés, ils roulent tranquillement, ne klaxonnent jamais.
En périphérie, le décor est truffé de grattes ciel, on se croirait en occident.
Hugo connait bien les lieux. Je les suis jusqu'à la New Merry V Guest House, située à 500 mètres de Khao San. J'y trouve une chambre correcte avec un petit balcon et un lit deux places pour 250 baths.
Je sors de suite avec mes deux compères latins pour découvrir le quartier.
C'est bondé de touristes, je suis immédiatement attiré par toutes ces boutiques de fringue. J'ai l'impression que ces t-shirts ont été fait pour moi, du Trainspotting par ci, du Jim Morrison par là, des vestes aux trois bandes vintages, de toutes les couleurs...
Mes yeux découvrent de nouvelles images, se garent devant une multitude de salons de massage où des gens se font manger les peaux mortes des pieds par des petits poissons, slaloment au milieu des chauffeurs de tuk-tuk vendeurs de « ping-pong shows » ( strip-teases), s'intéressent à ces stands qui présentent des fausses pièces d'identité, des fausses cartes de presse et des faux permis, s' émerveillent devant les marchands ambulants qui proposent des insectes fris, des nouilles sautées et des nems, évitent le regard des tailleurs de costumes sur mesure, s'attendrissent devant une mendiante aveugle qui chante divinement bien, un micro dans la main, un ampli accroché autour du coup, s'assoient à des terrasses de café où des seaux remplis d'alcool, de glaçons purifiés, de soda et de pailles se cognent les uns aux autres, s'interrogent de voir autant de mecs banaux avec d'aussi jolies thaïes.
Le quartier est noir de monde, noir de vice, noir de fête, noir de business.
Dans chaque bar il y a un ou des musiciens, des écrans géants retransmettent les matchs de foot anglais. On se croirait au carnaval, chacun arbore un style, un code vestimentaire bien particulier, c'est le défilé des tongs dorées, des débardeurs customisés, des shorts courts fluorescents, des fausses lunettes Carrera.
On attend du Guns n' Roses partout, de la dance-music de piètre qualité.
Jusqu'ici, je voyageais seul, avec plaisir. Je vais découvrir la joie d'être au bout du monde avec un ami, un vrai, avec qui j'ai fait les quatre cent coups.
Rico atterri à Bangkok le lendemain matin, nous nous retrouvons dans le quartier. Nous nous promenons une bonne partie de la journée, marchons dans des rues à peine plus larges que deux paires d'épaules, nous nous arrêtons devant une scène où des policiers jouent du reggae pour tenter d'enrôler de nouvelles forces vives.
Le soir, nous nous posons en terrasse pour boire des mojitos à deux euros, et allons au Lucifer, un club .
Le lendemain nous partons avec un chauffeur de taxi pour faire le tour de la ville. Il nous emmène dans des temples remplis de fontaines et de bouddhas dorés, et au MBK, un énorme centre commerciale sur au moins six étages.
La ville est immense, trop immense, nous voulons de la tranquillité, nous voulons nous prélasser sur du sable blanc, le regard perdu dans l'horizon.
Une dernière soirée sur Bangkok, une dernière gueule de bois à base d' alcool local frelaté, et nous serons fin prêt pour partir vers Koh Phi Phi.
J'ai désormais un partenaire!








|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 10:57, le 10/02/2011 dans Thailande, Bangkok Mots clefs : |
|
J' ai retrouvé la civilisation indienne le lundi 17 Janvier après avoir participé à ma dernière séance de yoga à l' ashram, après avoir mangé un dernier repas, fait l'accolade aux gens avec qui j'avais tissé des liens, remercié et salué les bénévoles qui s' occupaient de nous.
J' ai l'intention de prendre le bus pour retourner sur Madurai, j'ai l' espoir d'être à Pondicherry au lever du jour, il est midi.
Je marche le long de la route, des bus me doublent, je leur fais signe de s'arrêter mais ils font comme s'ils ne m' avaient pas vu, c'est peut-être le cas.
J' attend à l'ombre d'un arbre, il fait chaud, il y une sorte d'abris blanc, je m'imagine que c'est l'arrêt de bus mais il n'en est rien, un homme en moto s'arrête pour m'expliquer que ce n'en est pas un , il me montre au loin un panneau de signalisation vert et m'indique d' aller après. Je marche un kilomètre, pose mes sacs par terre.
Un bus passe, je lève la main timidement, il file. Un second passe, il est plein, des hommes sont accrochés aux portes, un pied sur une marche et l'autre dans le vide, les joues déformées par l'air qu'elles transpercent à toute allure.
Un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième... Je m' énerve tout seul, j'ai déjà oublié qu'à peine une heure auparavant j' étais dans un état de zénitude absolu.
Le prochain, je l'arrête de force, je le braque, et s'il ne s'arrête pas je lui ferais l'honneur de croiser les bras et de lui suggérer de se mettre le majeur où je pense !!!
Une demie heure passe, il fait chaud, je sens la sueur s'accumuler sur mon visage, la chaleur est visible, des mirages flottent sur le bitume, je devine une tâche bleu qui arrive dans ma direction. C'est un bus, oui c'est un bus ! Je lève le bras droit avec autorité, je lui fais signe de s'arrêter. « Alléluia! Chauffeur je vous aime!» c'est ce qu'il a pu lire sur mon visage.
Je descends à la gare routière de Madurai, il faut que je trouve rapidement un bus pour Pondicherry, j' espère qu'il reste des places, je n'ai pas envie de dormir ici.
Après m'être renseigné, j' entre dans une agence de voyage, encore une Ganesh Travel.
Le gars fait la grimace quand je lui dis que je veux partir le soir même.
Il appelle, me demande 350 roupies pour le billet, il reste une place, la numéro 25, le départ est à 22 heure, je souffle.
Je dépose mon gros sac dans une consigne à la gare routière et m'en vais tuer le temps dans le vieux Madurai, à coté du temple. Je suis stupéfait par sa beauté et sa grandeur, je ne rentrerai pas dedans mais le simple fait de le voir de l' extérieur me contente. Je marche aux alentours, comprenant pourquoi cette ville est un haut lieu de pèlerinage pour les hindous.
N' ayant pu rédiger d'articles pendant ma retraite spirituelle, je vais dans un internet-café pour rattraper le retard que j'ai pris. J' y passe le reste de la journée.
Il ne me reste plus qu'à manger quelque chose, je pourrai alors me rendre à l'agence, il est 20h30.


Le bus arrive à l'heure, je suis un des premiers à monter dedans, « siège numéro 25, hum...ok c'est ici ! ». Un gars s'assoit à coté de moi :
«- Tu as quelle place? Me demande-t'il.
-25.
-C'est bizarre moi aussi!?
-Regarde, c'est bien marqué 25. »
Il descend du bus, le gars de la place 26 arrive, s'assoit et me demande à qui est le sac qui est à sa place, je lui dis que c'est à un autre gars qui a la même place que lui. Il se lève et descend à son tour.
Je me dis que je bougerai pas, que j'étais là le premier, je suis au milieu du bus, où on ne sent pas trop les secousses. Un gars vient vers moi, me demande mon billet et s'en va avec. Il revient dix minutes plus tard, et me dit de me déplacer à la place 63, la dernière, au fond au milieu de l'allée, la plus désagréable, juste au dessus de l'essieu arrière.
L' agence m' a vendu une place qui l'était déjà, je prends celle d'un des employés.
Je respire par le nez, repense à l' ashram et à mon avocat, mon Dr Gonzo qui est « cépagravologue ».
Le principal, c'est que je sois dans le bus, je serai dans dix heures à Pondicherry!
A la descente, je me fais avoir par un chauffeur de rickshaw. Je lui demande de m' emmener à la Sri Aurobinio Guest House, il me dépose dans le quartier français devant un hôtel où les chambres sont à 1000 roupies ( 17 euros ), je décide de marcher pour essayer d' en trouver une bien moins cher mais après quelques minutes, je me décide à prendre un autre rickshaw. Cette fois-ci je souhaite aller à la Surya Swastika Guest House, il me dépose au Surya Hôtel où les chambres sont au même prix que les précédentes, heureusement le gars de l'accueil me dit d'aller quelques rues plus loin pour en trouver une qui correspondant à mon budget.
Je repars à pied et envoie promener tous les chauffeurs qui se présentent à moi.
Je trouve finalement une petite cellule d'à peine six mètres carrés, sans fenêtre et avec une ridicule salle de bain pour 200 roupies à la Mother Guest House, le long du grand boulevard qui sépare les quartiers tamil et français. Je vais dormir quelques heures.
En me réveillant je déclare la guerre à des fourmis naines, il va leur falloir trois jours, trois générations et des milliers de pertes pour comprendre que ce carrelage est mon territoire. Je leur prévois un véritable holocauste si elles insistent. Elles vont finir par comprendre et par battre en retraire.
L'après-midi je pars à la découverte de la ville, je suis sidéré par la différence de propreté qu'il y a entre les deux parties de la ville. Du coté français, il y a plein de touristes du troisième âge, des restaurants, des boulangeries dont la qualité des croissants n'a rien à envier à celle que nous avons chez nous, le nom des rues est inscrit dans la langue de Molière et comme par hasard on est à deux pas de la Mer du Bengale.
Je prends place pour le reste de la journée dans le Eat'n Net, rue Romain Roland, un très beau bar où il y a le WIFI, j'ai encore du travail.
Les patrons sont délicieux, ils sont indiens, parlent une multitude de langues. Ce sont les meilleurs commerçants que j'ai pu voir en Inde.
Ils ne passent presque que de la musique classique.
J'ai l'impression d' être un des droogies dans le milk-bar d'Orange Mécanique ( même si la décoration n'a rien à voir ) au moment où j' entends la 9ème symphonie de Beethoven et que je sirote en même temps une boisson lactée, l'ultra violence en moins bien sûr !
Un peu plus tard j' aurai même le droit de plonger dans l' univers de Twin Peaks à l'écoute de son générique désormais kitch.
Le soir je vais au bar Le Space ( rien à voir avec le club d' Ibiza ) pour boire des cocktails, je n'ai pas bu depuis Goa, j' y rencontre deux françaises, Maika et Claire. Elles viennent juste d'arriver en Inde, elles vont travailler pendant un mois dans une ferme d' Auroville, une ville expérimentale, idéaliste , communautaire. Je ne vais pas faire long feu...
Le matin suivant, je me lève tôt. J'ai deux objectifs, trouver le Sri Aurobinium ashram pour prendre des cours de yoga, et la Jayalakshmi Fine Art Academy pour apprendre à jouer des tablas.
Je vais mettre du temps pour trouver l'ashram, demandant mon chemin à plusieurs personnes qui m'orientent tous dans des directions différentes.
Une fois sur place, une dame me dit d'aller au bureau des renseignements « Vous allez tout droit, prenez la troisième rue à droite, continuez, c'est à gauche après le pont, un bâtiment gris, s'est marqué COTTAGE ».
A l'office, on m'explique qu'il n'y a pas de leçons de yoga, que chacun vient le faire de façon autonome, je ne suis pas assez expérimenté, j'abandonne.
Je file sur Mission Street pour trouver l'école de musique, dans le Lonely Planet ils indiquent que c'est au 221.
Je suis devant, il y a un hôtel et une battisse à l'abandon. Je demande mon chemin à un employé de l' hôtel « Vous reprenez Mission Street, c'est à l'avant dernière rue à gauche, à l'angle ».
J' y vais, il n'y a rien à l' angle. Je redemande mon chemin, on me guide vers un studio d'enregistrement qui n'est pas une école.
Je me renseigne à nouveau, on me dit que c'est au 221, j' y retourne, reste face à l'immeuble désaffecté, il y a une pancarte écrite en indien, je devine un chiffre, ils ont du changé d' adresse.
Il y a un jeune couple, assis sur un scooter à l'arrêt. Je leur demande s'ils peuvent me traduire par écrit ce qu'il y a de marqué. La fille note mot pour mot, sur mon cahier, ce qui est inscrit, je ne comprends pas plus mais elle me dit que si je montre ça à n'importe qui, on me guidera.
Je vais finalement comprendre que l' école est désormais au 39 Thiyagaraja Street.
Je réserve cinq heures de cours, je commence demain à 9h30, ça me coûte à peine 5 euros de l'heure.
Je décide d'aller à la plage. Je m' assois au bout d'une digue de rochers noirs, face au soleil, je fais connaissance avec Monsieur Meursault, L' étranger.

Le soir je retourne au Space, revois les deux françaises, rencontre Constantin un suisse et Markus un allemand.
Une nouvelle nuit de passée, j' ai rendez-vous à 9h30, je suis un peu excité, c'est mon premier cours de musique.
J' arrive, le master n'est pas là, le gars du bureau l' appelle pour lui rappeler qu'il a un cours à donner.
Il se pointe, me demande si je suis novice. Je lui explique que je fais de la musique mais que je ne sais pas jouer de percussion.
Tout d'abord, nous restons assis en tailleur, sans instrument, il prend mon cahier, note :
« THA GA DHE ME, THA GA DHE ME » « THA GI DA, THA GI DA »
( 1 2 3 4 ) ( 1 2 3 )
Il me fait taper le rythme sur ma cuisse, un temps de la paume, le suivant du dos de la main.
Au début je ne chante pas le rythme, mais il m' explique que c'est primordiale, si je ne suis pas capable de le chanter, je ne pourrais pas le jouer.
Il me note ainsi quelques exercices je vais attendre un peu avant de toucher l' instrument.
Une tabla est une percussion constituée de deux éléments, le Danga la partie gauche qui correspond à la basse et le Karnai, plus petite, à droite.
Il me montre quatre touchers que je vais travailler :
Le THA, joué sur le danga avec les cinq doigts de la main gauche, au milieu de la peau.
Le THEE, joué sur le karnai avec trois doigts de la main droite, au milieu de la peau.
Le THOM, joué sur le danga avec le majeur gauche, au milieu de la peau.
Le NAM, joué sur le karnai avec l'index, sur le bois, l'extrémité de la peau.
Il écrit une dizaine d' exercices.
< THA THA - THEE THEE - THOM THOM - NAM NAM >
< NAM NAM THOM - NAM NAM THOM >
< NA DHE - NA DHE DHEN - NA DHE >
Il est assez dissipé, on dirait un grand gamin qui ne sait pas rester en place, qui a du mal à rester concentré.
Il passe des coups de téléphone à des amis pour leur dire qu'il donne des cours à un musicien occidental, il me passe le téléphone, m' explique qu'ils veulent me parler, nous échangeons des banalités.
Il me passe un autre de ces amis qui vend des tablas, il m' en propose à 3500 roupies.
Il me montre ses cartes de visite, ses papiers à entête, des prospectus où son nom est inscrit. Il demande à la secrétaire un thé. Il me note de nouveaux exercices.
Les deux heures sont passées vite, je n'ai pas l'impression d'avoir appris grand chose, mais au moins j'ai tout un cours manuscrit avec plein de THOM, de NAM et de THEE, j'imagine que je saurai m' en souvenir le jour où je me retrouverai chez moi à composer.
« Je peux vous demander une faveur Master ? Oui ? En fait, pendant mon voyage, je promène avec moi une caméra, j'aimerai pouvoir filmer le prochain cours... C'est vrai, ça ne vous dérange pas... Merci beaucoup ! »
Deux jours plus tard, je pénètre dans la même pièce, cette fois-ci, il est déjà là, il est avec un garçon de six ans qui tape comme un sourd sur une batterie.
« On m' a appelé à cinq heure ce matin, pour que je donne un cours à ce gamin », me dit-il.
Je fais semblant de le croire.
J' installe mon matériel.
«-Alors ça tourne?
-Non pas encore Master.»
Il est déjà pendu au téléphone, j'imagine qu'il dit à ses amis qu'un type est venu de loin pour le filmer. Il a besoin de se mettre en valeur vis à vis des autres, il ne doit pas avoir une grande confiance en lui. C'est curieux, avec le talent qu'il a, il a juste à jouer pour qu'on s'intéresse à lui.
Je l'aime bien, il est touchant.
«-Alors ça tourne ?
-Oui, c'est bon. »
Il me demande de taper sur les tablas, pour que je fasse entendre à la personne qu'il a au bout du fil qu'il est bien en train de donner un cours.
Il me dit de reprendre les exercices, il s'absente quelques secondes et revient avec un petit clavier qui fonctionne à l'air, un peu comme un accordéon. Il commence à jouer. La façon dont il fait sonner ce jouet m'épate, il est vraiment doué. Il me corrige, m'explique comment mieux toucher les peaux.
«-Alors ça tourne ?
-Oui oui, encore. »
Il prend les tablas, se cadre au milieu de l'objectif et commence à jouer un rythme tribal. Instinctivement je me mets à chanter...
Avec tout son cirque, je ne suis plus attentif, je n'ai plus trop envie d' apprendre, d'ailleurs, je réalise que je ne suis pas venu ici pour vraiment apprendre à jouer mais pour vivre une expérience.
( Pondicherry ne m'enchante pas plus que ça, j' ai même du mal à supporter cette ville.
La frontière entre les deux quartiers est indécente. Les mendiants, qui ne sont ni du coté français, ni du coté tamil, me paraissent encore plus abimés ici.
J'ai l'impression qu'ils sont victimes des riches expatriés et des vieux « voyageurs organisés » qui viennent en Inde pour faire le tour de ...Pondicherry, pour acheter du mobilier d'art et se rassurer,
« Chéri, prend l'appareil, regarde comme il est pauvre cet enfant !».
La colonisation a le don d'engendrer le chaos.
Du chaos, il y en a pourtant dans toute les villes d' Inde, mais ailleurs, il parait être « organisé », les gens vivent avec, on arrive à sentir de l' humanité chez « les laissés pour compte », ici c'est l'inverse, les misérables font vraiment très très mal à voir, ils dorment dans les caniveaux, ils errent sur ce grand boulevard qui donne la gerbe …
… Et deux ou trois pâtés de maison plus loin, il y a ce parc si « français » avec de belles fleurs, des toboggans, des bancs publics et des gens qui se prennent en photos devant tout et n'importe quoi.
Je me sens mal à l'aise, les indiens, du moins les riches indiens, les plus pales, ont l' air d' apprécier ce beau quartier, cette sorte de Promenade Des Anglais qui longe la mer...
J'en ai marre des croissants.
Faut que je bouge, encore un cours et je bouge, plus que deux jours et je bouge.
Une semaine ici, c'est beaucoup trop, beaucoup beaucoup trop... )




|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:36, le 2/02/2011 dans Inde du Sud, Mots clefs : |
|
A peine le temps de fermer les yeux que le taxi a déjà parcouru les 200 kilomètres qui me séparaient de Mamallapuram. J'étais il y a deux heures encore à Auroville. J'y ai passé deux jours à ne rien faire, deux jours à n' aller visiter ni la « sphère dorée », le monument qui est au centre de la ville, ni le Visitor Centre, où son histoire est projetée sur des écrans.
Auroville fut construite dans les années 60 par The Mother, une française qui fut la compagne spirituelle de Sri Aurobinio, un philosophe indien.
Ils sont l' âme de cette région, encadrés dans toutes les maisons, scannés sur tous les calendriers.
La Mère a eu un grand rêve qui s'est matérialisé: créer une ville qui ne soit la propriété de personne, où les gens pourraient vivre en liberté en tant que citoyens du monde, une sorte de laboratoire à taille humaine, axé sur le future, où l' on étudierait comment vivre de façon alternative, dans la spiritualité, loin de la société de consommation.
Elle voyait une ville de 50000 habitants. Aujourd'hui ils sont plus de 2000 « irréductibles gaulois résistant aux envahisseurs romains ». Des communautés replantent des arbres, d' autres retraitent les eaux usées, font de la culture organique ou travaillent sur des énergies renouvelables.
On connait la place que l'argent et le pouvoir prennent chez les humains mais l' utopie vaut le coup d'être tentée.
Je suis à l'avant dernière étape de mon voyage en Inde. Je vais attendre mon avion bien sagement, ici, dans le village des pêcheurs et des sculpteurs.
A première vue, l' endroit n'est pas super excitant mais j'ai entendu dire que les voyageurs ont tendance à rester un peu de temps ici.
Je rentre dans l' Hôtel Lakshmi, l'endroit des backpackers. La plupart des chambres possèdent une petite terrasse. J' ai vu qu'il y a une piscine, je crois que je vais jouer au riche voyageur et me prendre une chambre de 25 mètres carrés juste à coté pour 500 roupies ( 8,5euros ) la nuit.
Mon premier réflexe est d'aller sur la plage. L'odeur est spéciale, il y a beaucoup de barques, des vaches, pas mal de locaux, quelques blancs becs. Elle n' est pas très large, bosselée. Elle a subit le tsunami de 2004. Au Sud, il y a le temple…
Je me promène dans les rues, me familiarise avec le décor, rentre chez moi. Devant le Lakshmi
je tombe nez à nez avec Elli.
« - Elli!....Elli! Comment çà va?
-Vincent, je suis contente de te voir, je me sens un peu paumée toute seule, ici, ça fait du bien de voir une tête familière. »
Je l'ai rencontrée à l'ashram. Nous avons fait connaissance en faisant le ménage de la salle de satsang. Elle est de Melbourne.
Nous allons nous poser au Yogi, un bar restaurant très zen, et là, un gars arrive,
« - Elli!...Elli! Comment çà va?
-Daniel, non, j' hallucine!!! »
Ils étaient en cours ensemble à Melbourne, et ont vécu en Israël en même temps. Il se connaissent parfaitement. Daniel est intéressant, jeune, cultivé, il parle beaucoup. Un accident de la route lui a ouvert l'esprit.
Il y a trois heures, Elli vivait très mal le fait d'être seule, son retour à la vie civile après deux semaines d'ashram était douloureux. En deux claquements de doigt, elle a presque oublié.
Nous partons tous les trois à une séance de yoga...
La meilleure chose à faire à Mamallapuram? Glander! Non pardon, méditer!
On peut méditer à la piscine, dans un bar ou un restaurant, on peut méditer à la plage, mais on peut surtout méditer dans un petit parc rocheux du 7ème siècle, et çà, mesdames et monsieur, change tout ! C'est pour çà qu'on reste à Mamallapuram ! Parce qu'on peut glander dans de bonnes conditions !
C'est ma principale activité, je vais tous les jours au parc, j'y rentre par des endroits différents, je change sans cesse de chemin, grimpe sur des pierres différentes. Là aussi, il y a des singes et des chèvres toutes frêles.
J' en garde toujours un peu pour le lendemain, pour trouver de nouveaux passages et d'autres endroits où m'assoir.
J'ai médité à dix mètres d'un chien qui se faisait manger par les vers.
J'étais assis sur un rocher, c'est en repartant une heure plus tard que je l'ai vu, un grand trou dans la gorge. Je n'avais rien senti.
Un peu plus tôt dans l' après-midi, un homme a fait devant moi une crise d'épilepsie, j'ai juste vu sa tête cogner le sol et ses yeux se révulser, j'ai dit a des indiens à coté de moi « je crois qu'il a un problème !», ils se sont précipités sur lui et l'ont secouru. Il y a des jours comme çà.
Sinon mes journées sont remplies d' eau claire chlorée, de pauses thé, d'e-mails, d'écriture, de lectures de L'équipe, du Times of India et de « No one here gets out alive », la biographie de Jim Morrison. J'ai même téléchargé et vu les trois derniers épisodes de Dexter, non pardon, c'est pas bien de télécharger! C'est pas moi, à ce moment là j'étais dans le parc, sur un rocher!
Je suis moins dans le présent, c'est l'heure de faire un peu le bilan, de regarder mon histoire avec l'Inde en face, avec lucidité. Il me faut la comprendre.
Qu'est-ce j'aime chez toi, qu'est ce qui me fascine ? Qu'est-ce qui me désole, me déchire ?
Tu es grande, très grande, je n'ai vu qu'une partie de toi. Je souhaiterai en voir d'avantage, je suis prêt pour le reste, je suis prêt pour tout le reste, qui sait, un jour, nous nous reverrons.
Je retrouverai le présent demain matin en me réveillant, quand mon téléphone vibrera, quand j'ouvrirai les yeux et que je me réveillerai pour prendre le taxi pour l'aéroport de Chennai, et que je monterai dans l'avion, et même que quand j'arriverai à Bangkok, et que...

|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:22, le 2/02/2011 dans Inde du Sud, Mahâballipuram Mots clefs : |
|
( Des couleurs, en veux-tu ? En voilà !
La mer, la montagne, la jungle, tout en même temps tu veux toucher ? Comblé tu seras !
De la spiritualité dépourvue de haine et de dogmes, t'en nourrir tu souhaites ? Inspiré tu deviendras!
T'émouvoir devant la gentillesse profonde de gens simples ? Le sourire tu retrouveras !
Jeune Padawan, le Kerala te tend les bras sans rien te demander en échange, si ce n'est de te sentir vivant et de « voir », un guerrier de la connaissance tu pourras alors devenir, n'oublie pas de rester humble, et d' être, comme dirait un grand philosophe belge contemporain... AWARE !!! )
Dimanche 9 Janvier 2010...
Après deux nuits passées à Mysore, je repars sur la route, direction Fort Cochin!
Le matin même, je me suis présenté au guichet de la gare routière pour réserver mon billet de bus, le type me dit :
« Tous les bus privés sont complets, viens vers 17h30, il y a un bus local qui part dans le Kerala. »
Je passe la journée à traîner, me pointe vers 16h30, patiente quelques minutes et me déclare au premier bus sur lequel je vois marqué « State of Kerala ».
« Je vais à Cochin » dis-je au chauffeur.
Il me répond « Montes ! ».
Le bus est presque complet, il ne reste des places qu'au fond, celles les moins confortables, j' essaye de passer discrètement dans l' allée mais mon sac est trop large et je cogne inévitablement quelques personnes. Je demande à un jeune gars si ce bus va bien à Cochin, il me répond :
«- Non! Il va à Thrissur! Le bus pour Cochin est juste après celui-ci!
- Merde! Le chauffeur m'a dit de monter quand je lui est dis Cochin ...( Le bus est en train de démarrer, je reste immobile, sans réagir pendant quelques secondes, le bus est parti)....
Heu... Est-ce que je vais pouvoir trouver un bus à Thrissur pour rallier Cochin ?
- Oui, tu devrais pouvoir!
- Je devrais ?
- Tu en trouveras un!
- Ok, merci!
- En même temps si tu voulais faire des économies, c'est gagné, car en matière de transport, tu ne peux pas faire plus local, ça ne va pas te coûter cher!
- Combien de temps faut-il pour faire Thrissur-Cochin ?
- Trois ou quatre heures!
- Merci beaucoup! »
Effectivement le voyage va me coûter moins de 200 roupies ( 3 euros ) pour huit ou neuf heures de trajet mais les conditions de voyage sont en conséquence.
Je suis le seul étranger, à la dernière place, au fond, les indiens se retournent sans arrêt pour me regarder, ils doivent se demander ce que je fais dans ce bus, quel touriste est assez fou pour voyager ainsi ! Et bien, moi pardi ! D'ailleurs, je ne suis pas un touriste, je suis un voyageur !!!
Je n' arrive pas à m'endormir, mon siège ne se bascule pas, le chauffeur roule comme un taré sur cette route trouée, je fais régulièrement des chutes libres d'au moins vingt centimètres.
Arrivé au terminus, il est une heure du matin, je suis encore le seul étranger dans la gare routière, heureusement, il y a des gens qui viennent vers moi pour m'orienter.
Après quelques errances, je trouve mon bus pour Cochin, il est pire que le précédent, il n'a même pas de fenêtres, et à nouveau j' embête tous le monde avec mon « mobile-home » sur le dos.
J'arrive avec l'aide de quelques personnes à me faufiler jusqu'au fond du bus, je mets mon sac à la place réservée pour mes jambes et me pose accroupi sur le siège. Je reçois à nouveau plein de regards curieux, et en même j'ai le sentiment que les gens me respectent car je ne crains pas de voyager à leurs cotés. ROCK....AND..... ROOOOOOLL !!!
Le bus me dépose à trois heure du matin, je dois maintenant aller à Fort Cochin où je suis censé partager une chambre avec Kyomi pour réduire les frais, je monte dans un rickshaw.
Arrivé au Sea Shore Residency, je décide de prendre une chambre pour ne pas la réveiller.
Je m'installe, mes pieds sont noirs, je prend une douche pour me décrasser, j'entends frapper à ma porte, j'ouvre, c'est Kiyomi :
« - Vincent, je suis malade, tu as des médicaments ?
- Bouges pas ! »
Je suis l'homme qui tombe à pic !
Je ne vais pas m' éterniser longtemps à Fort Cochin, car il n'y a pas grand chose à faire ici et que j'ai assez profité de la plage à Goa.
Nous prenons juste le temps, le lendemain, de découvrir les fameux « back-waters », ce sont des croisières sur des barques plus ou moins rustiques ( selon votre budget ) sur les rivières tropicales du Kerala.
La ballade dure trois heures, nous sommes avec deux indiens qui ne parlent pas un mot d'anglais et qui s'occupent de la navigation et une petite fille d' à peine dix ans qui fait le guide, elle nous signale quand nous croisons un bananier, un cocotier ou un king-fisher ( un oiseau ).
Nous sommes dans la jungle, au milieu d'une multitude d'arbres fruitiers, regardant des oiseaux, des libellules, des enfants se baigner, des femmes laver leur linge dans la rivière, nous retenons notre souffle, fascinés de voir un serpent nager, nous allons à la rencontre des habitants qui nous montrent comment faire une corde à partir de fibres de noix de coco, qui nous font sentir des plantes médicinales.






Nous décidons ensuite de partir en altitude pour respirer de l'air frais et faire du trekking, nous reprenons un bus local pour aller dans l'Idukki, la région la plus à l'est du Kerala, et nous posons les pieds sur le sol de Munnar cinq heures et 145 kilomètres plus tard.
Trente ou quarante kilomètres avant Munnar, le paysage s'élève, le bus grimpe au pas sur cette route montagneuse, la chaine est comparable en hauteur à celle du Massif Central, la vue est spectaculaire, nous roulons à proximité d'une cascade, des plantations de thé ornent les flancs des montagnes.
Munnar est une petite ville, pas vraiment charmante mais idéalement placée.
Pour une fois, j'ai la tête dans les nuages au sens propre, nous sommes au même niveau, je connais désormais leur odeur, je les sens au contact de ma peau.
Nous trouvons une chambre très propre au Arai Hotel pour 600 roupies la nuit ( 10 euros ).
Kiyomi a déjà planifié un trek pour le lendemain matin.
Réveil 5h30, rendez-vous à 6h00 avec Velu notre guide.
Ses parents travaillaient pour Tata, dans les plantations de thé, un riche propriétaire mondialement connu, ils ont gagné pendant toute leur vie 125 roupies chacun par jour ( 2 euros ), et au bout de 35 ans, en guise de retraite, ils ont eu le droit de garder la maison où ils étaient hébergés.
Velu vit chez eux, au début, il a commencé par travailler dans les plantations mais ça ne lui plaisait, trop ingrat comme travail, puis las, il décida de devenir chauffeur de rickshaw, puis finalement il a obtenu une licence pour devenir guide de montagne.
Quand il n'a personne à guider il retrouve son métier de chauffeur.
Nous commençons à grimper le Mont Chokkavmudi, son sommet est à un peu plus de 2500 mètres , il y a environ cinq kilomètres pour arriver tout en haut.
Il n' y a pas de chemin pédestre, pas de route, nous montons sur le flanc, dans des passages où l'escalade n'est pas indispensable.
Je réalise qu'affronter un élément relève de la plus grande prudence, qu'il faut le respecter car le moindre faux pas peut être mortel, nous n' avons aucune protection, rien sur lequel nous appuyer, juste notre instinct de survie.
Lentement mais sûrement, nous atteignons le sommet, le jour s'est levé, je reste bouche bée devant ce paysage fantastique, face à cet océan de nuages sur lequel immergent des icebergs fleuris, des icebergs rocheux, verts, gigantesques.
C'est dans ces moments là que l'on se rend compte que la vie est belle, paisible, la nature ne ment pas, elle se magnifie jusqu'à son paroxysme, sans l'homme, elle resplendit !
Nous rentrons à l'hôtel vers midi, après avoir marché dans les plantations, après avoir croisé des ouvriers qui nous ont offert le thé.
Boire du thé, dans une plantation de thé, vous donne l'impression de déguster la meilleure potion du monde !
Le lendemain, nos chemins vont se séparer, Kiyomi doit retourner vers Cochin car elle a un avion à prendre pour le Rajasthan, et moi je ne veux pas revenir sur mes pas, je veux continuer à avancer, comme disait Albert Einstein, " La vie c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l' équilibre. ", ma décision est prise, je veux voir ce qu'est la vie dans un ashram, je veux être initié au yoga et à la méditation, à défaut de trouver des musiciens à filmer, je vais filer dans le Tamil Nadu.






|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:32, le 18/01/2011 dans Inde du Sud, Kerala Mots clefs : |
|
Après avoir serré dans mes bras Kiyomi, ma désormais ex-partenaire de route, et que nous nous soyons donné rendez-vous à New York ou en France, je suis décidé à partir vers Madurai, dans le Tamil Nadu, pour passer quelques jours dans un ashram.
Il faut dire que mon expérience avec Maria à Palolem combinée à la rencontre d'Antoine à Mysore m'ont donné envie de découvrir le yoga.
Je n'ai d'autre moyen que de prendre à nouveau un « bus local sans fenêtres » et d'être encore une fois le seul étranger à bord. Je commence à y prendre goût !
J' arrive à Madurai cinq heures plus tard, sans trop savoir ce qu'il va m'attendre, le trajet m'a couté 80 roupies ( 1,30 euros ).
Je n'ai pas réservé, je n'ai même pas contacté l' ashram avant d'arriver, j'espère qu'il y a de la place car il est paumé à 35 kilomètres de Madurai, il fait nuit, il n' y a aucun hôtel aux alentours, aucun taxi, aucun rickshaw si il me faut faire machine arrière et retourner en ville.
Je n'ai vraiment pas envie de dormir dehors, mais dans un sens, je fais confiance à mon instinct et j'ai raison.
Le chauffeur me dépose devant l'entrée du Sivananda Yoga Ashram après avoir demandé son chemin à une dizaine de personnes.
« Poses tes affaires ici, c'est l'heure du repas, tu as faim? Va manger, en s'occupe des papiers après! » me dit la première personne que je croise.
J'arrive dans le « dining hall », une femme me dit de me poser, qu'elle va me servir.
Je m'assois en tailleur sur une natte, elle m' apporte une grande assiette en inox avec plusieurs compartiments sur laquelle il y a une sorte de semoule, de la sauce, des légumes et des chapatis ( des galettes qui font office de pain ), je mange avec mes doigts.
Il est inscrit de garder le silence en mangeant, il y a une prière à réciter avant.
Une fois mon repas terminé, je règle mes 400 roupies ( 6,5 euros ) par jour.
Cette somme dérisoire comprend le coût de l'hébergement et de toutes les activités. On me dit de filer à la séance de méditation qui vient à peine de commencer.
Cette séance se nomme Satsang.
Le maître de cérémonie nous fait face, il est assis sur une scène, derrière lui il y a le temple, où sont représentés les gurus fondateurs de l'école Sivananda et les images des prophètes et des dieux de chaque religion ( les indiens, en terme de spiritualité, ne prétendent pas convertir les gens à l' hindouisme, ils ont un profond respect pour chaque religion, estimant qu'elles suivent toutes un chemin similaire), il nous fait chanter « om » plusieurs fois.
Nous sommes assis confortablement, les jambes croisées, les épaules relâchées, le dos droit, nos mains posées sur les genoux, les paumes orientées vers le ciel, les pouces et index joints, les yeux fermés, il nous dit de nous concentrer sur le chakra que nous avons entre les deux yeux, de fixer un point et de s'y tenir, fixant ainsi le miroir de l' âme :
« Les images apparaissent comme sur un écran, mais elles n'atteignent pas l'écran, n'essayez pas de chasser ces images, observez les, sans qu'elles ne vous touchent, respirez par le nez, inspirez, un.., deux.., trois.., quatre.., expirez, un.., deux.., trois.., quatre.., faites travailler votre diaphragme, votre abdomen est comme un ballon qui se gonfle et se dégonfle....Pour ceux qui sont d'une nature intellectuelle, comptez vos respirations et fixez vous entre les deux yeux, pour ceux qui sont d'une nature émotive, concentrez vous sur votre chakra qui est au niveau du coeur.... ».
Nous restons immobiles pendant une demie heure.
Viens le moment de chanter, il entonne les couplets seul et nous les répétons tous en coeur, pour finir il y a une lecture et une prière à laquelle je fais semblant de participer.
Le programme est intensif et rythmé :
- Réveil 5h30 au son de cloche.
- 6H00, Satsang ou marche silencieuse ( nous partons marcher aux alentours et nous asseyons dans un coin paisible pour chanter).
- 7H30, l'heure du thé ( le meilleur moment de la journée ).
- 8H00, Asana Class ( yoga ).
- 10H00, déjeuner.
- 11H00, Karma Yoga, un si grand mot pour dire "participer aux tâches ménagères ou faire du jardinage", apparemment le faire en ayant des pensées positives serait une très bonne chose pour le karma.
- 12H00, repos.
- 12H30, coaching class, pour ceux qui veulent travailler une position particulière.
- 13H30, l'heure du thé ( deuxième meilleur moment de la journée ).
- 14H00, lecture collective en rapport avec la philosophie du Sivananda yoga.
- 16H00, seconde séance de yoga.
- 18H00, diner.
- 20H00, Satsang.
- 22H00, extinction des feux.
Je prend du plaisir à flâner dans cet ashram, même si le rythme et la discipline peuvent paraitre un peu « militaire », j'arrive quand même à trouver du temps pour ne rien faire.
J'aime me poser dans le hamac et écrire sous le « mango tree », je m'y cache, comme un collégien qui se planque des pions,
pour fumer mes trois cigarettes par jour.
J'ai l'impression d'être le seul à ne pas adhérer à une religion, Elli, l' australienne est croyante, mais elle est un peu comme moi, nous ne portons pas beaucoup d'intérêt à toutes ces prières.
Je crois en notre Mère Nature, au soleil, à la lune, aux éléments, je pense qu'il y a quelque chose de magique dans la vie mais j'ai un peu de mal quand j'entends le mot « Seigneur », je m' imagine tout le mal que l' église a fait, les ravages que peuvent faire des extrémistes islamistes, je pense à la condition des femmes, la liste est longue...
Quand je discute de religion avec des gens, ici, je m'aperçois qu'en fait nous parlons de la même chose mais que nous employons des termes complètement différents.
Après tout, mon problème avec la religion, c'est peut être juste une histoire de mots.
Si je remplace le mot « seigneur » par « la vie », ça me parle!
C'est sûrement pour cela que je ne chante que des chants indiens pendant les séances de méditation, parce que je ne les comprends pas, dés que j'entends « oh Lord », je reste la bouche fermée.
CE N'EST QU'UNE HISTOIRE DE MOTS, QU'UNE PUTAIN D'HISTOIRE DE MOTS !!!
Si tout le monde comprenait cela, je m'imagine qu'on ne serait pas loin de la paix dans le monde...
Je suis venu ici par curiosité, pour voir un de ces lieux de retraite spirituelle si caractéristique à l' Inde, au début, j'ai signé pour trois jours, puis j'ai rempilé pour trois autres, j'apprends à maîtriser ma respiration, je découvre des muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence.
J'ai l'impression qu'en une journée à l'ashram je découvre autant que si j'avais pris un mois de cours de yoga en France.
Je ne sais pas si je continuerai après être sorti d'ici, car ça demande une vrai discipline, une sacré hygiène de vie, en revanche ça vous donne l'impression d'être léger, de planer naturellement, sans artifices.
Je n'ai jamais aimé courir seul, est ce que j'aimerai faire mon yoga seul ?
En tout cas maintenant je sais ce qu' est la vie dans un ashram, c'est très agréable de se retrouver dans un endroit où la qualité première de chaque personne est... la gentillesse.

( la salle pour le satsang )



( Mon arbre et mon hamac magique)
( L' heure du.. THE !!! )
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 11:23, le 18/01/2011 dans Inde du Sud, Madurai Mots clefs : |
|
( « Le bruit et l'odeur »... Le guignol préféré des français aurait du s'offrir un petit tour dans une ville indienne, hors d'une voiture diplomatique, en rickshaw, avant de prononcer ces mots, car ici, ils prennent tout leur sens, chez nous, ça sent le canard WC, même dans les cités !
Mysore est une ville indienne bruyante et puante, une fourmilière pleine de contrariétés, mais elle se détache des autres car c' est une artisane.
Elle a quelque chose de spéciale, elle est plutôt douée, elle a du goût, elle est commerçante!
Des huiles essentielles d' une pureté insolente, des encens roulés sous vos yeux, des produits de « bioté » , des bijoux, des diamants, des icônes aux traits fins, des épices raffinées, des pigments de couleurs naturels vifs, de la soie, voici ce que vous pourrez trouver chez elle, rajoutez-y un palais royale somptueux et vous comprendrez pourquoi sa renommée est désormais... internationale! )
Je quitte Hampi le 4 Janvier à 20 heure en prenant le bus local ( 12 roupies, 0.20 euros ) pour rallier Hospet. Une demie heure plus tard je suis devant Ganesh Travel, mon autre bus est dans deux heures, il partira direction Bengalore la capitale du Karnataka.
Je suis en place assise, le siège s'incline suffisamment pour que je puisse trouver deux ou trois positions confortables pour les sept heures de route qui m'attendent.
Pour les pauses, le véhicule s'arrête sur des aires où il y a deux ou trois petites boutiques en bois dans lesquelles des gars vendent du thé, des biscuits et quelques chewing-gums sans goût, on est bien loin des « supers stations marchers essences services » qui sévissent sur nos autoroutes. Les toilettes? Dans les arbustes ! Pour les femmes? Pareil !
A Bengalore, je transite au milieu des deux cents auto-cars qui bondent la gare routière et trois heures plus tard, je descend de mon bus de luxe, prêt à affronter les prestataires de service de Mysore :
« Rickshaw Sir! » « Hey t'as besoin d'un rickshaw ? » « Viens avec moi mon ami, je t'emmène où tu veux! » « Non! Viens avec moi! » « Tu cherches une chambre ? » « Tu veux visiter le palais, Chamundi Hill, le tour de la ville pour deux cent roupies, prix d'amis! » « Oh mon ami, comment ça va, t'es d'où ?» « Viens jeter un coup d'oeil à mon magasin !» « Tu cherches une chambre ? » « Non va pas par là c'est trop bruyant, suis moi je t'emmène voir une bonne chambre ».....
A un moment, on fini toujours par en choisir un, surtout quand on a pas réservé de chambre, je me décide à suivre un type un peu plus vieux, il doit sûrement être grand-père, il est petit, maigre, cheveux blancs, barbe de trois jours, il a l'air inoffensif, il me présente une chambre qui correspond à mon budget, touche sa commission et repars vers la gare.
Je suis près de la poste, du poste de police et de la Bank of India, Gandhi Square est à 800 mètres, le palais à deux kilomètres.
Je jette mes sacs sur le lit, et sors pour essayer de trouver un cybercafé, je marche une heure avant de me retrouver le nez devant un écran et de voir que Kiyomi, arrivée la veille, m'a laissé un message me disant où je pouvais trouver une chambre correcte, elle loge a coté du commissariat.
J' essaye de la trouver dans la foule, mais je ne vois que la spectaculaire réalité des rues de Mysore, des indiens de tous types, dans tous les états de forme, de fortunes diverses.
Un jeune gars m'accoste et me fait tout son cirque pour pouvoir me vendre quelque chose:
« Salut mon ami, tu viens d'où, tu t'appelles comment » « Haaa français, ça va ? Ca va bien ? »
« Première fois en Inde? » « Marié? » « Tu fais quoi comme travail ? »
Je le vois arriver de loin, je joue le jeux, je discute avec lui pour obtenir des informations intéressantes sur la ville, les endroits à voir, les choses à faire.
Il me fait rire, il me dit qu'il a un magasin de musique, qu'il peut me donner des cours de tablâ.
Il est doué, il m'a cerné en quelques minutes, il connaît le Lonely Planet par coeur.
« - A Mysore, c'est comme a Amsterdam, ici c'est légal, tu peux aller dans des coffee-shops, du moins des body-shops, il y a plein de gens qui font du yoga qui y vont...
-Je cherche une amie!
-Une japonaise?
-( Je suis sur le cul! ) Heu.... Elle est américaine, mais effectivement elle ressemble à une japonaise...
-Elle a les cheveux courts? Je viens de la voir, de discuter avec, elle déjeune après la place »
Un rickshaw arrive.
«- Montes! Suis moi, je t'emmène!
-Non, je vais marcher!
- Montes je te dis, c'est gratuit ! »
Nous faisons deux cent mètres, nous sommes devant un restaurant.
«- Elle est partie, je te laisse mon numéro, appelle moi à 19 heure, je t'emmènerai voir la réelle Inde.
- Je n'ai pas de téléphone.
- Appelles d'un téléphone fixe, c'est un roupie!
- Je ne te promets rien! »
Plus tard un autre jeune gars me fais le même cinéma, il me propose d'aller voir comment sont fabriqués les bidies ( cigarettes indiennes ), l'encens et les huiles essentielles.
Un rickshaw fait son apparition, c'est le truc ici, des chauffeurs s'associent à des gars qui ont du bagou pour faire visiter la ville aux étrangers.
Je me laisse convaincre :
«- C'est combien?
- Ce que tu veux mon ami!
- Non, je sais très bien que ce n'est pas ce que je veux, c'est combien?
- Si tu me donnes un roupie, je suis content mon ami!
- Ne dis pas ça, c'est faux! Je ne veux aucun malentendu !..... Bon Ok comme vous voulez !
C'est parti! »
Il faut que je me méfie d'eux, je ne veux pas qu'ils me fassent un coup foireux.
Finalement tout s'est bien passé, je suis allé dans des fabriques, j'ai discuté avec un gars qui fait et vend de l'huile essentielle, on a rigolé devant un type qui siège toute la journée, défoncé, au rez de chaussé du magasin.
Ils me laissent à un carrefour deux heures plus tard, je leur donne 200 roupies.
« Seulement! », dit le chauffeur, je lui répond :
« Souviens-toi quand tu m'as dis qu'un roupie te suffisait! »
Le guide calme le jeu, me remercie, nous partons chacun de notre coté.



( Le type défoncé )


Je vais passer le reste de l'après midi à marcher.
A la tombée de la nuit, encore un jeune gars que j'ai croisé dans la journée m'aborde, et me dit de venir visiter son coffee-shop.
Curieux, finalement j'accepte, je le suis sans vraiment repérer où je vais, le regard constamment en l'air, j'entends un muezzin appeler à la prière, sa voix est féminine, ce doit être un enfant en formation.
Nous arrivons dans une toute petite rue, il y a une vache attachée à un lampadaire, nous entrons dans la petite boutique.
Le patron arrive, il a la trentaine, il est propre, bien coiffé, il porte de fines lunettes aux montures noires rectangulaires, une chemise repassée, une montre qui montre que sa position sociale est au dessus de la moyenne.
Il m' invite à m'assoir, m'explique que c'est le plus vieux « boddy-shop » de la ville, que ses huiles sont les plus pures, que son « matos » est le meilleur du monde et bien sûr le moins cher, que son encens a la plus merveilleuse des odeurs, que ses savons caressent la peau et lui donne une douceur que seuls ses clients connaissent.
« -Tu veux quoi alors, des produits pour ta santé ou des produits pour te soulager l'esprit?
-Je suis là juste par curiosité, je venais juste avec l'idée de déguster un apéritif à la sauce "Amsterdam", rien de plus.
-Ha bon.... ».
Il me fait passer dans une petite pièce, il y a un lit très sommaire qui fait office de sofa, sur un des murs est peint un sadou, des graffitis et des phrases dans toutes les langues témoignent du passage de nombreux voyageurs en ces lieux.
Je reste une petite heure, et aux grands regrets de mon nouvel ami, je repars sans rien acheter, mais avec une idée en tête..., je vais conserver sa carte.
Je rentre me coucher, je mets deux heures avant de retrouver mon hôtel, errant, perdu dans les ruelles de Mysore.
Le lendemain matin, je me lève tôt pour aller visiter le palais royal, l'entrée coûte 20 roupies pour les indiens et 200 roupies pour les étrangers.
Je prends quelques photos, pénètre dans le palais. C'est joli mais je n'y trouve pas beaucoup d' intérêt, trop touristique!
Je sors du palace, repars en direction du centre ville, m' installe ensuite dans une tout petit restaurant végétarien.
En attendant que mon riz aux légumes me soit servi, je me pose devant le resto pour fumer une cigarette, et là, je vois passer Kiyomi, c'est toujours quand on ne cherche plus que les choses arrivent servies sur un plateau, je l'appelle, elle n'entend pas, je vais à sa rencontre.
Elle est avec Antoine, un québécois très sympathique, nous retournons ensemble au restaurant.
Antoine a un cours de yoga dans l' après-midi ( je ne le sais pas encore à ce moment là, mais il va avoir une grande importance dans mon choix de vouloir apprendre le yoga dans un ashram, il me donnera plus tard deux adresses), je pars avec Kiyomi me balader autour du lac Kukka-Rahalli, en périphérie de la ville, nous faisons le grand tour, nous posons sur un banc, refaisons le monde, le soleil se couche déjà....
J' ai fait le tour de Mysore, le lendemain, en attendant de prendre mon bus, je décide d'aller au Shruti Musical Works ( conseillé par Lonely Planet ) pour prendre une ou deux heures de cours de tablâ, une percussion indienne, j'arrive, le magasin fait à peine dix mètres carré, et le patron n'est pas très en clin à me donner un cours, il me sors un prix exorbitant pour me faire comprendre qu'il n'a pas que ça à faire et qu'il préfère parler à son ami, je ne suis pas un gars contrariant, il est temps pour moi de partir ...







|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 09:19, le 17/01/2011 dans Inde du Sud, Mysore Mots clefs : |
|
( Notre Mère la Terre est la plus grande des artistes.
Elle a le don de sculpter lentement, à l'aide du vent, de l'eau, de l'érosion, des panoramas spectaculaires. Ça lui a pris beaucoup de temps pour offrir une telle oeuvre aux habitants d'Hampi et aux voyageurs qui s'empressent de venir découvrir cette exposition naturelle.
Le temps s'arrête à Hampi, on peut rester des heures, assis sur un énorme rocher à regarder ce paysage lunaire, cet oasis où le vice est absent.
On a comme l'impression que tous ces gros blocs de granits ont été posés les uns sur les autres avec une précision chirurgicale, mais il n'en est rien, on se sent tout petit, humble, on est plongé dans des siècles d'histoire, quand cette ville prospère était un symbole spirituel, on imagine la reine venant se laver dans sa baignoire de 400 mètres carrés, on se représente la force que devaient avoir ces hommes qui ont taillé dans la roche les 600 marches qui mènent à ce temple perché en haut de la montagne, ils devaient avoir des bras gros comme mes cuisses ou une foi inébranlable.
Je repense quand, en grand philosophes de comptoir que nous étions, un ami me disait « nous sommes des micros poussières à l'échelle de l'univers !».
C'est ce que m'évoque Hampi, nous sommes tout petits... )
Je suis reparti d'Anjuna le 31 décembre 2010 à 6 heure du matin, en taxi, direction la gare de Margao où je devait prendre le train à 7h45, direction Hampi!
Arrivé à Margao une heure plus tard, je me sens un peu perdu dans la gare, je vais prendre le train en Inde pour la première fois.
Je regarde l'ensemble des panneaux, je n'y comprend rien, il y a déjà beaucoup de monde, je prêtes la plus grande attention à mes affaires, me méfie de ces gars aux regards étranges, heureusement je ne suis plus blanc, ça m'aide, certains me prennent pour un népalais d'autres pour un de ces indiens aux yeux verts.
Il y a des gens qui dorment par terre, d'autres qui font la manche, il y a des notables, des travailleurs, quelques touristes.
Je me prend un sandwich végétarien et un jus de fruit en guise de petit déjeuner et me décide à trouver le bureau d'information pour savoir où se trouve le quai où je dois attendre.
Le train arrive, je prends place dans un box où se mêlent places assises et couchettes. Je suis entre deux indiens, face à deux danoises, une jeune femme et sa grand-mère.
Je suis fatigué, j'ai peu dormi, je n'arrive pas à trouver une bonne position pour m'assoupir, je regarde le paysage défiler par la fenêtre, bien mieux qu'une télévision!
J'enfile mon casque, branche mon Ipod en mode aléatoire.
Des vendeurs se succèdent dans l'allée, proposant du thé, des boissons fraîches, des galettes de légumes, des samosas.
Le voyage va durer 7 heures
La veille de partir, j'ai reçu un message de Mylène, une québécoise que j'ai rencontré à Palolem, me disant qu'elle séjournait au Gopi Guest House, au rez de chaussé, dernière porte à gauche.
C'est une fille très drôle, intéressante, je suis content de pouvoir la revoir.
A Hospet, sitôt sorti du train, je prend un rickshaw qui m'emmène une demie heure plus tard devant la guest-house.
Mylène est sur la terrasse, elle me dit qu'une soirée organisée par des locaux se prépare pour fêter la nouvelle année. Nous décollons vers 17 heure, une nouvelle fois en rickshaw direction la bananeraie et nous nous retrouvons un peu plus tard en pleine pampa, grimpant sur des piles de rochers pour regarder le soleil se coucher.
Nous sommes plus d'une quinzaine de voyageurs, deux japonais, Kiyomi une américaine, Xilla ( multi instrumentiste) et Asiana eux aussi américains, un couple de malentendants suédois, Jenny et Andy, elle finlandaise , lui anglais, un couple de belge, le gars jouait dans un groupe, il m'explique que son batteur les a quittés pour signer avec Ghinzu, deux allemands venus séparément, un voyageur indien et bien sûr Mylène et moi.
Nous prenons place dans une cabane sur pilotis, tous assis en tailleur, nous allons clore ensemble cette première décennie du 21ème siècle. Exceptionnellement, nous avons le droit de boire de la bière , car à Hampi, normalement, il n'y a pas d'alcool.
Plus bas, au pied de la cabane, les indiens ont fait un feu.
Comme repas, nous mangeons du poulet et du riz servis dans des feuilles de bananiers que nous mangeons à la mode indienne, avec notre main droite ( la gauche étant réservé pour se ressuyer le derrière...).
Les indiens ont amené une percussion, et après que chacun ait chanté une chanson dans sa langue maternelle, nous nous retrouvons à danser comme des amérindiens en transe autour du feu.
Inoubliable!!!


Le lendemain matin, les yeux encore collés, au petit déjeuner, je décide de partir visiter les temples à vélo avec Kiyomi, elle est new-yorkaise, d'origine japonaise, ses arrières grands parents sont venus en Californie au début du 20 eme siècle, elle se sent 100% américaine, elle est fan de Blonde Redhead, elle a tout pour plaire.
Nous louons nos bicyclettes 40 roupies et partons à l'aventure au milieu de ce paysage extraordinaire et de ces massifs rocheux.
Nous allons visiter l'ensemble des monuments dans la journée, le Lotus Mahal, l' Elephant Stable,
le Vital Temple, la Stone Car, etc...
Le fait de pédaler sur ces routes sinueuses nous procure une grande sensation de liberté, nous doublons des troupeaux de chèvres, évitons des vaches qui se trouvent en plein milieu de la route, nous nous rangeons bien sur le coté gauche quand un bus, un camion ou un rickshaw nous klaxonne pour nous prévenir qu'il nous double.
Des enfants nous barrent la route, un peu comme dans les westerns, pour essayer de nous soutirer quelques roupies, ils tentent de s'accrocher à nos portes bagages.
Sur les sites, une multitude d'indiens viennent nous serrer la main, nous dire bonjour, bonne année, nous demander comment nous nous appelons, sans rien nous demander en échange, juste par curiosité, par gentillesse.
A un moment nous nous retrouvons cernés par une quinzaine d'écoliers, génial!
Nous avons fait une vingtaine de kilomètres dans la journée, nous rentrons avant que la nuit tombe, usés mais heureux.




Le jour suivant nous partons avec Kiyomi à l'assaut de l' Hanuman Temple, le temple des singes et ses 600 marches, il se trouve de l'autre coté de la rivière Thungabadra, cette fois nous avons décidé de marcher.
Arrivés à la rivière, nous montons dans une barque ronde faite de feuilles de palmiers tressées et recouverte d'un revêtement bitumineux, vingt minutes plus tard, nous retrouvons la terre ferme prêts à crapahuter les quatre kilomètres qui nous séparent du temple.
Nous grimpons les marches sous un soleil de plomb, des gens devant nous se font voler les fruits qu'ils viennent d'acheter par un gang de singes.
Une fois en haut, nous ôtons nos chaussures, faisons le tour du propriétaire et prenons place sur un immense bloc de granit, nous resterons là deux heures, à échanger, nous délectant de la vue.
Pour rentrer, nous prenons un autre chemin, traversons des rizières d'un vert irréel dans ce paysage désertique, découvrant le coin où les hippies et ceux qui pratiquent l'escalade échouent.
Il y a plein de marchands en tout genre, de grandes pancartes préventives contre l'usage des stupéfiants.
Seconde journée sportive, sans boire la moindre goutte d'alcool, ça ressource!


( La tâche blanche, en haut, c'est le temple)

Il ne manquait plus qu'une baignade pour que tout soit parfait, c'est ce que nous avons fait le jour suivant.
Nous partons avec Andy et Jenny vers un lieu délimité par de nombreux rochers, où l'eau est fraiche, toujours en mouvement, loin des crocodiles.
Nous passons l'après-midi à nous baigner, en rentrant nous sommes passés par le temple central, dans Hampi Bazar, où nous avons été béni par Lakshmi, une éléphante.
C'est dément, je me présente face à elle, lui tend un billet de 10 roupies qu'elle prend délicatement et qu'elle donne à son maître, puis elle me pose sa trompe sur la tête.
Si on m'avait dis qu'un jour je serai béni par une éléphante....



|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 09:38, le 4/01/2011 dans Inde du Sud, Hampi Mots clefs : |
|
J' ai quitté Palolem, le 27 décembre vers 10 heure, en taxi.
Autant l'aller pour venir du nord au sud, en bus local, ne m'avait pas couté grand chose, autant le retour, « en mode confort », m'a couté 1200 roupies ( 20 euros ) pour deux heures de route.
Les indiens conduisent comme des tarés!!!
Le chauffeur doublait sans cesse les autres véhicules, dans les virages, aux sommets des cotes, sans visibilité, s'il avait conduit comme cela en France, nous aurions pu mourir au moins quatorze fois, mais comme les indiens savent que chaque conducteur est un danger public, ils anticipent en permanence et klaxonnent tous le temps. Jusqu'à présent je n'ai vu aucun accident, je touche du bois...
J' avais réservé une chambre, dix jours plus tôt, à 3500 roupies la nuit car je n'en avait pas trouvé d'autres. Je ne me sentais vraiment pas bien à l'idée de devoir payer 14000 roupies ( 220 euros ) pour dormir quatre nuits, juste parce que je voulais participer au Sunburn Festival, juste parce que je me disait qu'une occasion unique se présentait !
Par chance, en arrivant à Anjuna, en longeant la plage pour rejoindre mon hôtel de riche, un petit gars tout sec m'aborde et me demande si je cherche un endroit pour dormir, je lui demande combien coûte la nuit, il me dit 500 roupies, j' avais laissé un acompte de 2000 roupies en réservant ma chambre de ministre, mais j' accepte immédiatement économisant 10000 roupies dans cette affaire !
J'investis une hutte en feuilles de palme tressées, à 200 mètres de la mer.
Je vais trainer un peu l' après-midi, me réappropriant Anjuna, louant un scooter pour partir vers Candolim Beach, où se déroule le festival.
J'arrive vers 18 heure, il y a une foule énorme, la queue pour retirer les billets prépayés est considérable, je vais attendre plus d'une heure avant d'atteindre le guichet, serré comme une sardine, bousculé, me faisant doublé par une dizaine d'indiens.
Je vais prendre quelques images, repérer les lieux, le son s'arrête à 22 heure pétante, et à ce moment là je n'avais pas compris où était l' « after », le festival se déroule de 12 heure à 22 heure.
Je retourne sur Anjuna, ne reconnaissant plus personne sur mon scooter Honda, je vais revoir Kevin, et rencontrer une jolie franco-tunisienne, je ne me coucherai qu'au lever du jour.
Le lendemain je me décide d' y aller plus tôt, vers 14 heure, il n' y a pas beaucoup de monde, comme c'est à coté de la plage, je vais me poser quelques heures sur le sable avant de revenir au Sunburn.
Le lieux est grand, il y a deux énormes scènes, l'une dédiée à la musique techno-house, l'autre à la trance. Il y a un petit marché où l'on peut manger de la nourriture des quatre coins du monde, dans lequel il y a une scène plus petite où s'enchaine de la drum and bass, de la jungle et du dub-step, c'est ici que je vais passé le plus clair de mon temps car le son sur le plateau trance n'est pas du tout à mon goût, je suis blasé d'entendre pendant le live de Protoculture un remixe d' « Oxygène » de Jean Michel Jarre !
Heureusement, sur le line-up on annonce un set psyché de GMS.
Lorsque j'ai pris mon billet, c'était en grande partie pour voir ces pionniers de la musique trance, j'avais voulu voir dans quel ordre il passait mais sur le site du festival il y avait un texte écrit par le président qui disait qu'il ne dévoilerai le fameux line-up qu'une fois à l'intérieur du festival. Escroc!!!
Je me renseigne pour savoir où se trouve la scène « After Dark » pour voir mes favoris, j'apprends que c'est dans un club pas très loin du site. Il est 22 heure passé, je me dirige vers le club, présente fièrement à l'entrée mon bracelet de festivalier, le gars me dit que c'est 2000 roupies ( 25 euros)...
Je m'énerve un peu, lui gueule dessus même s'il n'y est pour rien, arrache mon bracelet et me casse.
Coup de gueule:
Ok la déco est belle, ok l'évènement est grandiose, ok il y a des grosse têtes d'affiches ( et encore...),ok c'est marrant de faire la fête avec les indiens qui ont un très bon état d'esprit mais Monsieur le Président du Sunburn Festival vous êtes un voleur , car vous nous mettez l'eau à la bouche en vous vantant de nous offrir un plateau de rêve avec plus de 40 artistes internationaux pour la maudite somme de 80 euros, mais vous avez juste oublié de nous prévenir que pour voir l'intégralité de ces artistes il fallait débourser 80 euros suplémentaires.
Je peux comprendre que vous en vouliez au portefeuille de la jeunesse dorée indienne, mais soyez au moins honnête, affichez le noir sur blanc, et si vous voulez organiser un festival avec un état d'esprit digne de ce nom, faites le avec votre cœur et non avec l'idée de créditer votre compte en banque!
Le troisième jour du festival, en bon français, j'ai fait la grève, ne voulant plus dépenser le moindre roupie pour ces charlatans !
Un petit conseil, si vous allez à Goa pendant cette période et que vous adorez la musique trance, oubliez le Sunburn Festival, le son est bien meilleur dans les clubs d'Anjuna, et au moins vous savez pourquoi vous payez, si vous payez!
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 09:05, le 4/01/2011 dans Music Live, Goa Mots clefs : |
|
( A l 'extrême sud de Goa, proche du Karnakata, se trouve un endroit magique, une plage splendide, Palolem Beach. Quand on arrive, c'est comme si l'on pénétrait dans une carte postale de rêve.
Des palmiers d'un vert vif, une multitude de huttes, reprenant toute la gamme des couleurs pastelles, violettes, jaunes, roses, bleues, se dressent comme elles peuvent sur le sable blanc, un paysage montagneux émeraude entoure cette plage arrondie offrant un panorama impressionnant et des couchers de soleil à rendre tendre le plus sadique des bourreaux, elle est belle, elle est très très belle...
Les indiens vivant chez elle sont d'une gentillesse exquise, j' adore la manière qu'ils ont de balancer la tête latéralement avec souplesse pour acquiescer, ou tout simplement exprimer un remerciement, un échange agréable. Nous, quand nous bougeons la tête d' un coté vers l 'autre c'est avec sévérité, pour dire non, d'ailleurs je n'ai jamais autant dis non qu'en Inde.
Si vous voulez vous reposer loin du tumulte et de la fête du nord de Goa, si vous voulez vous relaxer, passer un bon moment en amoureux et oublier le stress occidental, Palolem est l' endroit idéal! )
J'ai quitté Anjuna le 16 décembre car j' avais besoin de retrouver un peu de solitude et parce que le prix des chambres quadruplait avec l' arrivée des fêtes de fin d'année, comme Goa fut une colonie portugaise, le catholicisme y est encore très encré et les fidèles arrivent en masse pour fêter Noël.
J' ai partagé un taxi avec Alex, qui partait à l'aéroport, jusqu'à Panjim, la capitale.
Je pensais y rester une nuit pour prendre le temps de trouver un ukulélé, ma guitare commençant à me manquer terriblement, mais une fois arrivé à la station de bus, j'ai très vite compris que je ne resterai pas dormir ici, je n'aime pas trop les villes en Inde, elles sont trop sales à mon goût mais je me suis quand même mis en tête de trouver le magasin de musique de Pedro Fernandes que j' avais repéré sur le net.
Une heure plus tard j'étais en train de faire la queue pour prendre un ticket de bus pour Margao, mon nouveau jouet à la main, un ukulélé bleu Takamin.
Le bus arrive, il y a une chauffeur et une sorte de steward qui hurle, siffle et crie « Margao » et le nom de tous les villages où le bus va passer. Je monte, m'installe à l'avant avec mes deux gros sacs qui prennent beaucoup de place dans ce car très rustique, je suis le seul étranger.
A Margao, la même scène, changement de véhicule, et à nouveau un type qui hurle, siffle et crie « Palolem » et tous les noms de villages où le bus va passer, je me régale à regarder et écouter ce type qui passe ses journées entières à gueuler.
Dans les villages, le bus ne s' arrête quasiment pas, les passagers doivent le prendre en marche, et presque sauter pour en sortir.
Le voyage jusqu' à Palolem m' a couté la maudite somme de 70 roupies (1 euro).
A peine descendu du bus, des gars me sautent dessus pour me proposer une chambre:
« - Hey my friend! Tu cherches une chambre? Tu veux quoi, cher, pas cher?
-Pas cher!
-J' en ai pour 500 roupies!
-Je t'ai dis, pas cher!
-Ok my friend, pas de problème, pour toi je te la fais à 400 roupies!
-300!
-My friend, donne moi un peu plus, 350!
-300!
-Ok my friend, suis moi! »
Il porte un maillot de foot avec un écusson « yin et yang » , je lui demande:
« - C'est quoi ton maillot? » lui montrant l'écusson.
« - Çà my friend, c'est que je fume trop, c'est pour cacher les trous de boulettes! Tu veux quelque chose?
-Non merci! »
Je le suis, nous marchons le long de la plage, il tient à tout prix à porter mon sac, je pénètre dans le San Francisco Camp. Dans la première hutte qu'il me présente, il n' y a même pas de ventilateur.
« - T'inquiètes pas my friend, je te le monte de suite.
-Non, je ne veux pas de cette chambre.
-Ok, je t'en montre une autre, mais c'est plus cher!
-Non, tu m'as dit 300, c'est 300.
-Ok, je te la fais à 300, mais tu dis pas le prix, car eux là, ils payent 500, et les russes 700.
-Marché conclu! »
Je prend place dans ma cabane violette, les toilettes et la douche ne sont pas terribles mais je suis à 100 mètres de la Mer d' Oman. C'est la première fois depuis que je suis parti, que je ne dors pas dans un dortoir. Je vais rester dix jours ici.

( San Francisco Camp ) ( Ma cabane )
Les premiers jours, je profite du fait de me retrouver seul, car à Anjuna je ne l'étais jamais, je lis, j'ai acheté l'Alchimiste traduit en anglais, c'est une bonne façon pour moi de tenter d'amadouer la langue de Shakespeare, j'écris continuellement, j'écoute de la musique, me baigne, bronze, le soir je sors boire un verre et me pose ensuite sur le sable pour jouer du ukulélé et fredonner mes airs préférés, je ne cherche pas à rencontrer des gens.
Mais curieusement, quand on essaye de s'échapper un peu, qu'on utilise des outils tels qu'un instrument de musique ou une caméra sur un trépied, ça les attire.
Ma première rencontre fut Emmanuel, un polonais, j'étais en train de jouer, il est arrivé à coté de moi et a crié d'une façon enthousiaste « UKULELE!!! », puis il est parti.
Il est revenu cinq minutes plus tard, me demandant s'il pouvait s'assoir.
Deux chiens noirs nous ont rejoint, nous étions sur leur territoire, ils estimaient sûrement être dans leur droit en nous réclamant des caresses, ils se sont allongés à coté de nous, se levant de temps en temps pour chasser d'autres chiens et les inviter à passer leur chemin.
Nous discutons de nos voyages, il a un rire bizarre, fort et aigu, je lui fais la remarque, il me dit
« I'm a traveller, I'm not ordinair », c'est ce que je retiendrai de lui, ça et le fait qu'une bonne vodka doit avoir le goût de l'eau. Avis d'un spécialiste!
Le lendemain je récidive, même endroit, même position, un mélange de vodka et de jus de pomme pour l'inspiration à porté de main.
Cette fois-ci, ce sont de jeunes indiens qui viennent s'installer à mes cotés, ils sont trois, ils ne parlent pas anglais. Je leur fourni des cigarettes, ils boivent dans ma bouteille, et tiennent absolument à tester mon instrument bien qu'ils ne savent pas en jouer, ils grattent les quatre cordes à vide et chantent. L'un des trois me le redonne, je lui dis « Thank you », ils répètent tous les trois « Thank you » et rigolent, je leur demande « comment dit-on thank you en indien », ils me répondent « comment dit-on thank you en indien », j'étais bercé entre deux sentiments, l'un qui me disait ce moment est génial, et un autre qui me disait de me méfier d'eux craignant qu'ils partent en courant avec mes affaires, finalement ils ont bu un peu et sont retournés d'où ils venaient.
Un autre soir, je me préparait à participer à une « Silent Party » (ces soirées sont très appréciées dans le coin, car les autorités ont sévi en matière de nuisances sonores, la musique est censée s'arrêter à 22 heure, le principe consiste à faire la fête avec un casque hifi sur la tête, je sais, c'est bizarre comme concept), j' étais sur le chemin pour aller au club, sur le flanc rocailleux de la plage, lorsque j'ai croise un vendeur de cigarette assis tranquillement devant son stand :
« Hello my friend » me dit-il comme tous les indiens.
« - Je n'ai besoin de rien, j'ai tout ce qu'il me faut.
-La party n'est pas encore commencée, pas avant une heure, assis-toi si tu veux en attendant.
-D'accord, merci. »
Il s'appelle Yeshwant, il est né à Goa, il a 24 ans, il n' a ni femme ni enfants et n' a jamais connu les joies de l'amour.
Nous nous racontons nos vies, réalisant le décalage qu'il y a entre nos quotidiens. En revanche nos façons de penser se rejoignent sur beaucoup de points.
Il gagne 300 roupies par jour (5 euros), il aimerait un jour avoir son propre magasin, il travail dur , je lui explique brièvement comment attirer des clients occidentaux, lui conseille d'oublier les phrases toutes faites employées par 95 % des commerçants de Goa, de ne pas brusquer les éventuels clients et de les accueillir comme il est en train de le faire avec moi.
Il est frustré de voir tous ces touristes russes dépenser sans compter leur argent dans l' alcool, il les trouve froids et irrespectueux.
Peu à peu, trois de ses amis viennent s'installer à nos cotés, puis Shakar fait son apparition.
Ses cheveux sont longs, son bouc est finement taillé, il vient d' Hampi, il a 25 ans , est marié et a trois enfants, il vient six mois par an pour faire la saison à Palolem.
Il me dit qu'à cette époque de l'année, il ne doit pas y avoir de bruit le soir, pour ne pas perturber la quiétude des riches touristes. Nous philosophons.
« Avec l' état d'esprit que tu as, ne vas pas dans cette soirée à 500 roupies, ne fais pas comme les autres touristes, tu sais ce que cette somme représente pour nous », me dit-il.
Je lui réponds:
« Je ne veux pas prendre de casque, je veux juste y aller quelques minutes pour filmer, car ce concept me parait étrange, je n 'arrive pas à comprendre comment on peut s'amuser et communiquer avec un casque sur les oreilles, c'est un truc de fou, je ne veux surtout pas payer les 500 roupies, je veux juste observer, avec cette somme je peux dormir deux nuits! »
Il rigole, je les quitte après leur avoir offert une boisson à chacun, c'est un minimum si on veut créer des liens avec des indiens et tenter de les comprendre, j'arrive à la soirée.
Un gars qui fait la sécurité, un grand blond, me réclame le droit d' entrer, je lui explique que je ne veux pas de casque:
«- C'est un club ici! Même sans casque, tu payes!
-Ta soirée est une escroquerie mec, ciao! »
Je suis retourné avec mes nouveaux amis.
Je n'ai pas testé pour vous la Silent Party !
( Shakar ) ( Yeshwant, à droite)
Deux jours plus tard, je pensais passer une journée ordinaire, je tenais absolument à filmer un coucher de soleil dans son intégralité, en vu de réaliser une scène comme dans « Breaking Bad », un plan fixe en lecture accélérée.
Au moment ou j'installe mon trépied, j' aperçois une fille devant moi, elle est assise sur le sable, regarde en direction du soleil.
Je continue mon petit manège, peaufine mes réglages, et le temps que je relève la tête elle s'était levée et passait à coté de moi, une fois qu'elle fut hors de mon champ de vision je me suis retourné pour la regarder, elle s'est retournée au même moment et nous avons fait instantanément le geste inverse faisant mine de ne pas nous regarder.
Elle m'intrigue, elle est jolie, elle a un tatouage « Dalien » sur l'épaule gauche, la peau matte, des cheveux mi-longs ondulés, mais je continue à me concentrer sur ma caméra car je n'ai plus que 51 minutes de charge de batterie, il est 17h19, et le soleil se couche vers 18h30, il faut que je calcule bien mon coup pour ne pas rater la fin du spectacle.
Le temps d'avoir ce raisonnement et de patienter un peu pour commencer la prise de vue, la demoiselle s'est assise derrière moi, je ne peux m'empêcher de me retourner pour la regarder, il faut que j'aille lui parler mais je ne peux pas laisser mon matériel en plan.
Je me retourne à nouveau, elle n'est plus là. Elle est de retour dix minutes plus tard.
Finalement c' est elle qui va venir me demander du feu.
Elle s'appelle Maria, elle est portugaise, elle est passionnée de yoga, nous discutons, elle cherche une de ses amies, une fois l'avoir retrouvée elle me fait deux bises (curieusement les voyageurs ne se font pas beaucoup la bise, en bon français, ça me surprend), me dit à demain :
« - Peut être à ce soir!
-Tu es dans le coin ce soir? Si tu me vois, appelle moi!
-Avec plaisir! »
Je ne l'a reverrai que le lendemain, la croisant dans la rue principale:
« Tu fais quoi là? » lui dis-je.
«-J'ai envie d'aller me poser à l'ombre, si ça te dis.
-J'ai juste un petit truc à faire, je te rejoins. »
Nous passons dans la zone « off » de Palolem, celle où les locaux vivent, celle qu'on ne voit jamais dans les cartes postales, « The Dark Side Of The Beach » où « La face cachée de la plage » selon votre convenance, je n'étais pas encore venu de ce coté.
La veille, Maria me parlait de dualité, qu'elle était présente partout, spécialement ici, je suis en train de comprendre ce qu'elle me disait à la vue de ces maisons en bois en triste état.
Nous nous posons au pied d'un arbre, elle me parle de yoga, de respiration par le nez, me demande si j'en ai déjà fait.
Je lui dis que j'ai essayé de méditer quelques fois, seul, sans enseignement, après avoir lu des livres, et que je sais juste que pendant nos moments les plus heureux, nous respirons toujours par le nez.
« -Je peux te montrer si tu veux , me dit-elle,
-J'aimerai beaucoup! »
Et me voici en train de prendre mon premier cour de yoga, dans l'arrière décor, au milieu des cochons sauvages, sous des arbres.
C'est surréaliste, je suis sous le charme, j' apprend à sentir l'énergie cosmique, je tiens en équilibre sur une jambe, l'autre jambe repliée , les mains jointes, en l'air, le dos droit, le regard fixe, les abdominaux tendus, je tremble un petit peu par manque d'expérience, mais je ne m'en sors pas trop mal selon les dires de ma nouvelle prof.
Je vais rester quelques heures en sa compagnie, elle doit bientôt partir dans le nord de Goa.
Merci Maria.
Le soir même autour du feu devant le San Francisco Camp, je fais la connaissance de Arnaud et Caroline, un couple de parisiens, il est professeur de lettre, elle enseigne la biologie.
Je vais passer la fin de mon séjour en leur compagnie, passant le réveillon de Noël avec eux, partageant le foie gras que ma soeur m'a offert avant de partir ( merci Frangine, on a pensé à toi ) et une bonne bouteille de vin blanc chilien.
Ils sont très intéressants, cultivés, Arnaud joue de la guitare et chante, ça rapproche.
Un soir, après avoir bu le digestif sur la terrasse de leur hutte, après avoir parlé de liberté, de religion, d'histoire, de voyages, nous sommes retournés autour du feu, euphoriques.
Mon regard était perdu dans les flammes, dans l'instant présent.
Caroline essayait de m'interpeller depuis une bonne minute sans que je n' ai la moindre réaction, elle m'a fait réagir en disant:
« Ça y'est, on a perdu Steven! »
Elle sait très bien que je me nomme Vincent, pourquoi m'a-t-elle appelé Steven, Steven qui est un ami, un personnage, qui me manque beaucoup. Je ne l'ai pas vu depuis longtemps.
Elle aurait pu, pour s'amuser, m'appeler par n'importe quel prénom, André, Jean-Louis, Robert, mais non, elle a choisi Steven.
Je leur raconte son histoire, ils sont abasourdis.
Il y a de drôles de coïncidences dans la vie, ou pas....
" Doit on se courber encore et toujours pour une ligne droite?
Prière pour trouver les grands espaces sur les parois d'une boite
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, ou on se noie.
Autour des amandiers fleurissent des mondes en sourdine
No pasaran sous les fourches caudines.

A l'envers A l'endroit

A l'envers A l'endroit
A l' endroit A l' envers

A l'envers A l'endroit "
( Noir Désir / A l'envers à l'endroit )






|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:11, le 26/12/2010 dans Inde du Sud, Goa Mots clefs : |
|
( Si le paradis ressemble à cette région, je signe de suite. A peine arrivé, on comprend immédiatement pourquoi les hippies des 70's sont venus se perdre à Anjuna et pourquoi certains n'ont jamais pu quitter cette plage magnifique.
Qu'il est bon de s'y prélasser, de ne rien faire, la peau caressée par le soleil (ou brulée selon votre pigmentation, dans ce cas il y a des parasols ), affalé sur un transat, un jus de fruit pressé à porté de main ou sirotant le lait d'une noix de coco ouverte sous vos yeux, balançant la tête d'avant en arrière au rythme des beats, regardant, le sourire aux lèvres, les fesses parfaites d'une jeune femme tatouée aux dread locks blondes, attendant le coucher du soleil, se renseignant dans quel club se déroulera la « party » du soir.
Même si l'époque des célèbres raves de Goa est révolue, Anjuna respire la « trance music », en bonne intelligence les nombreux clubs qui bordent la plage se partage le bifteck, un soir chez l'un, le lendemain chez l'autre et ainsi de suite. A 4 heure du matin au plus tard, extinction des feux, plus de musique, plus de bruit, seuls les hurlements des meutes persistent...)
Je suis parti de Bombay le mardi 7 decembre a 22 heures. Raj, le patron d'Anjali Inn, m'avait réservé un bus en couchette pour rallier Anjuna ( 850 roupies soit environ 15 euros pour faire 500 kilomètres ). A ma grande surprise, en rentrant dans le bus, je me rend compte qu'une couchette se partage à deux, je vais passer 14 heures de voyage dans un état fiévreux ( j'ai mangé quelque chose au temple dans la montagne qui n'est pas passé, sûrement le lait au gingembre ) accolé à un indien pesant presque deux fois mon poids, qui ronfle et qui a tiré la couverture à lui seul.
J'ai hais cet homme pendant les trois-quart du voyage, mais quand il a commencé à m'adresser la parole je l'ai trouvé plutôt sympathique, il m'a indiqué le moment où il fallait que je descende, à Mapusa.
Comme partout en Inde, une foule de chauffeurs de taxi et de rickshaws me prend d'assaut, je choisi le moins collant et prépaye la course 200 roupies.
Je repense, en mode « petit scarabée » ( les flash-backs dans les films de kung-fu ), quand Raj m'a tendu une carte et dit :
« Va à l' Evershine Guest House, tu seras bien accueilli par Sébastiana, c'est 300 roupies la nuit! »
Je sors ma carte, me renseigne et me retrouve rapidement face à elle, elle a une voix toute douce, elle est calme et sereine, elle me présente l'ensemble des voyageurs, se souvenant de l'origine et du prénom de chacun, me montre mon lit.
Je passe l'après-midi et la nuit à dormir n'ingurgitant la moindre nourriture, me gavant de paracétamol et de cachets contre la diarrhée. Je me réveille le lendemain matin en pleine forme, prêt pour ma « journée découverte » et mon premier bain de soleil.
C'est à l'heure de l'apéro que je vais faire connaissance avec l'ensemble des voyageurs de l'auberge.
Il y a Kevin, le français, qui voyage depuis deux ans, un gars vraiment sympathique, Chris, Ilina, deux londoniens venus chacun de leur coté, Elena, le charme brésilien incarné, toujours en train de parler, très tactile, Patricia Uma Thurman, une hollandaise qui ressemble un peu à l' actrice, Andres, l' argentin, un mec très zen, fan de foot, Jordan, un américain d'origine argentine, avec un accent incompréhensible, qui fait son yoga tous les matins et Alex un roumain qui vit au Canada.
Un lien se crée vite entre nous, nous allons rester ensemble jusqu'à ce que chacun parte vers une autre destination. Nous avons tous le point commun d'aimer faire la fête.
Nous sortons au Curlies où une soirée trance nous attend, j'ai l'impression, à voir danser ces gens, que tous les « tranceux » du monde se sont donnés rendez-vous ici, nous dansons tous de la même façon, comme une tribut faisant simultanément une marche du guerrier, de plus, à voir danser les indiens je comprends pourquoi cette musique viens d'ici.
Je rentre en marchant avec Patricia, une chienne nous escorte tout le long du trajet, éloignant tous les chiens de mauvaise augure de notre passage, une protectrice, elle s'est donnée une mission, arrivés à l' hôtel, elle s'est assise quelques instants, nous a regardé et a fait demi-tour pour rentrer chez elle, nous l'avons baptisé Shining. Nous la retrouverons le lendemain sur la plage, au pied de notre transat. Magique!
Mis à part une journée où nous avons emmanché nos scooters pour partir sur la route voir d'autres horizons ( Easy Rider! Rouler à gauche, sans casque, au milieu de ces « fous » d' indiens, ça c'est la liberté!), notre quotidien reste le même:
-
Levage vers 9h00, toilette.
-
Direction plage pour petit déjeuner.
-
Bullage à la plage toute la journée, déjeuner à la plage.
-
Dansage sur transat.
-
Matage des filles, des vaches allongées sur le sable qui viennent voler nos restes de fruits, discutage, faisage de connaissance, disage de « non » en permanence au vendeurs de colliers, de tentures, aux masseurs et aux nettoyeurs d'oreilles, bronzage, baignage et ingurgitage de boissons...
-
Jouage au foot tous les soirs à 18h, foutage de branlées aux indiens avec notre équipe internationale ( un français, un anglais, un argentin, un roumain )
-
Buvage de l'apéro sur la terrasse de l'auberge. Cuba libre! Une bouteille de rhum coûtant 160 roupies soit 2,5 euros.
-
Douchage, changeage de vêtements.
-
Sortage pour manger et faisage de fête.
-
Rentrage bourré.
Vous comprendrez que la vie est très très dure ici. En revanche, pour la créativité et l'inspiration, c'est pas ce qu'il se fait de mieux, j'écris moins, je ne lis pas, faut que j'aille acheter un ukulélé si je ne veux pas ramollir.
Ce n'est pas ici que je vais trouver des anecdotes croustillantes à raconter, mais je me sens bien, je me laisse aller au rythme local, j'emmagasine de l'énergie.
Je suis ici depuis plus d'une semaine, je vais aller dans le sud de Goa, histoire de bouger un peu et de provoquer les choses, je reviendrai juste après Noël, le 27 décembre pour le Sunburn Festival, avec la crème mondiale des DJ's, un festival trance à Goa pendant que j'y suis, c'est cadeau!
Je vais faire chauffer la caméra! A bientôt!




J'ai beaucoup réfléchi en regardant les vaches d'Anjuna, me demandant s'il valait mieux être une vache qui mange de l'herbe fraîche dans un beau pâturage à Bazas, attendant sans le savoir l'abattoir ou être une vache indienne qui ne connaîtra jamais le bon goût de la chlorophylle, qui mange les restes des humains, dort sur la route, mais qui voit l' océan tous les jours et profite de la plage, et qui est promise à une mort naturelle ou presque...
Je n'ai toujours pas de réponse...





|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:17, le 19/12/2010 dans Inde du Sud, Goa Mots clefs : |
|
( Un tantinet schizophrène, Bombay est tiraillée entre sa personnalité spirituelle et celle moderne.
Elle est sale, pauvre et riche à la fois, elle est excessive et insupportable, mais ça lui donne un charme fou.
Il faut voir sous son maquillage car sa beauté est intérieure, quand à ce qu'il se passe dans sa tête, c' est fascinant !
" T'es pas canon-canon mais t'es pas mal ! " )
Sorti de l'avion, le contrôle de l' immigration se fait rapidement. La file d'attente est importante mais il y a bien une vingtaine de policiers assis dans leur box, posant une question à chaque arrivant.
Je prends la direction du hall de sorti. J'ai assuré mes arrières en réservant ma chambre à l'avance, un chauffeur m'attend avec une pancarte sur laquelle est écrit mon nom au marqueur bleu.
Avant de partir, j'avais recueilli pas mal de témoignages, comme quoi il fallait se méfier, en arrivant aux aéroports des grandes villes, des gars qui essayent d'embobiner les "westerns", des chauffeurs de taxi qui font faire trois fois le tour de la ville, avant de dire que l' hôtel, réservé trois mois plus tôt, est complet afin de les conduire dans un lieux où ils auront leur commission.
C'est le problème le plus agréable qu'il puisse vous arriver à l' arrivée, mieux vaut ne pas en avoir!
Le gars qui est venu me chercher est tout jeune, petit, mince, une fine moustache montre qu'il n'est plus un enfant, un autre, un peu plus grand mais guère plus vieux, arrive avec la voiture du patron...
...Raj, avec sa tête de gentil, m'accueille en me mettant la main sur l'épaule, me fais visiter la chambre à trois lits superposés :
" - Souffle un peu, assieds toi, cool mec, tu veux un thé? "
Je suis à l'Anjali Inn dans l'auberge de Bombay la mieux notée sur Hostelword.com.
Je comprends rapidement pourquoi. Il n' y a que de jeunes voyageurs, l'endroit est stratégique, les uns viennent ici après des semaines ou des mois passés en Inde, prêts à partir, les autres débarquent à peine. J'aime me dire que l'ambiance est digne des 70's. Hippies!!!
Le lendemain je fais ma première sortie, marchant un moment avant de trouver un ATM où je puisse retirer des roupies, cherchant un supermarché, un endroit pour manger.
Je me faufile au milieu des indiens, zigzague pour éviter de marcher sur quelqu'un allongé à même le sol, ou sur un autre réparant une voiture qui semble irréparable, ou encore une femme accroupie faisant son tri sélectif.
Pour traverser une route, c'est la guerre! Encore mieux, la corrida!
Quand vous vous lancez, il faut être sûr, ne pas trop réfléchir et savoir courir et se déhancher en même temps pour éviter l' assaut des bêtes qui klaxonnent et qui n'ont pas l'intention de s'arrêter.
Des scènes de vie violentes, burlesques voir même coquasses, viennent flirter avec vos émotions, nouant votre estomac, vous pinçant le coeur, mais cela fait du bien, ça vous remet en place illico!
Je conseille un stage de quelques jours à toutes les personnes qui se plaignent tous le temps, car quand vous voyez deux vaches allongées, dormant sur un trottoir, ou encore un ouvrier travailler un énorme tas de glaise pour en faire un mur de maison, je vous assure, ça change une vie!


( A coté de Anjali Inn )
Le deuxième jour, je pars le matin vers Colaba, le quartier touristique, au départ je voulais y bouger avec mes affaires pour dormir dans le centre ville mais Raj me l' a déconseillé :
" Vas d'abord voir sans tes affaires, repère les hôtels, visite les chambres et si tu trouves quelque chose qui te convient, tu y vas demain matin, tôt, car c'est sûr y'en a des pas chères, mais ça pue un peu, et c'est pas l'éclate. "
Il avait entièrement raison, je vais rester à Anjali Inn, même si c'est à vingt-cinq kilomètres.
J'ai pris le taxi avec juste un petit sac à dos cadenassé, prêt à prendre des images.
Il a fallu plus d'une heure de route pour arriver, on passe au milieu d'énormes bidonvilles, de gens qui ont élu pour domicile les bas cotés de la 2x4 voies qui est en réalité une 2x6 voies tellement la circulation est une zizanie, devant des constructions faites de bâches bleues et de plaques ondulées qui s'empilent les unes à coté des autres. Le chauffeur me dépose en face de la Gate of India.
A peine sorti je deviens une cible légitime pour les gens plus que pauvres qui mettraient plus de deux ans pour pouvoir acheter les mêmes chaussures que moi, à condition de ne pas manger, bien sûr.
Le pire, c'est que des femmes sont venues, avec un enfant dans les bras, me demander non pas des roupies mais juste du riz, et je leur ai dis " non", "tu n'aimes pas les pauvres aide moi" ont-elles insisté, j' ai rajouté "Je ne peux pas t'aider " avec, sans m'en apercevoir, une incroyable hypocrisie car je pouvais les aider mais à ce moment précis, je ne voulais pas.
Finalement sur deux femmes qui m'ont demandé du riz, un vieillard qui m'a demandé d'où je venais pour me parler de son cancer et me demander l'aumône, un autre gars qui m'a suivi et tenu la conversation pendant quarante minutes me demandant cinq fois mon prénom et me proposant d'être mon guide, de me réserver des billets de train, d'hôtel, entre tous les gars qui tendaient juste la main, ou vendaient des cartes postales, je n'ai donné de l'argent qu' à un jeune cireur de chaussure.
J' étais au milieu du Hanging Garden regardant des parties de cricket quand ce gamin est venu s'asseoir à coté de moi. Il a vu de suite qu'il ne cirerait pas mes baskets.
Il vient de Jaïpur, il vit seul, il a treize ans, on lui avait promis du travail qu'il n'a jamais eu, il a un sac en plastique troué, une vieille brosse et du cirage comme seuls outils de travail. Il lui faut une boite, une vrai boite à cirer sur laquelle ses clients pourraient poser leurs pieds confortablement,
" - Elle coûte 1500 roupies! me dit-il,
tu pourrais pas m'en acheter une? S'il te plait, s'il te plait?
- Non, c'est beaucoup d'argent.
- Mais pour toi, non!
- Tu sais en France je ne suis pas un riche, 25 euros, ça fait une somme!
- Donne moi ce que tu veux alors!
- Ok, t'es marrant, tiens! "
Il reste à coté de moi, me pose plein de questions, me raconte ça vie, j'ai l'impression d'être avec le petit Jamal, le héros de "Slumdog Milionaire".
Deux adolescentes russes m' ayant vu avec un guide touristique dans les mains viennent me demander leur chemin, et me demandent si je vais voir l'église de la reine Victoria, à deux pas.
Ma première pensée est de me dire "où sont vos parents", j'analyse leurs appareils dentaire et leur dis " J'ai pas trop envie de visiter une église, merci ".
Mon nouveau copain me dit :
" - Mais t'es fou! Suis les, elles t'on invité !
- Trop jeunes mon amie!
- Elles ne demandent que ça!
- Vas leur faire faire la visite toi!
- J' y vais!"
Il part en courant rejoindre les lycéennes.

( Gate of India )

( Interdit de jouer de la trompette! )

( Le corbeau est roi à Bombay! )
(Effectivement, seuls les humains sont capables d'apprécier la beauté de la nature)
Dimanche, le lendemain, il me faut la journée pour me remettre de cette longue marche citadine. Je n'ai rien fait à part sortir manger avec Ewan et Lisa, deux américains, et discuter pendant des heures avec Nick, un londonien haut en couleur, avec une épaisse barbe qui lui cache la moitié du visage, des yeux pétillants, il a toujours à proximité de lui un très beau cahier sur lequel il écrit et dessine tous ce qu'il voit, tous ce qu'il ressent.
Nous sommes deux gars sur la même longueur d'onde, je vous laisse imaginer à quel point nous avons refait le monde!
Raj nous propose de venir lundi avec lui au temple où il a promis fidélité à Shiva, c'est l'anti-temple touristique, "THUNGA ARISHWER ", il se situe au nord de Bombay, dans les montagnes, près de Vasai.
Nous nous réveillons vers 5 heure du matin pour partir à 6 heure, nous voyons le jour se lever à mi route, au moment où nous nous arrêtons pour boire un tchaé au bord de la route, Nick et moi nous émerveillons devant de simples vaches, fascinés par l'habitude qu'elles ont de marcher au milieu des camions, elles n'ont pas peur car elles sont sacrés !
Après deux heures de route nous arrivons en bas de la montagne, nous montons dans un rickshaw qui nous promènera toute la journée sur des sentiers pentus et caillouteux, " un truc de malade ", les manèges à sensation des fêtes foraines peuvent se rasseoir, je sens mon estomac qui bouge, je suis remplie d'adrénaline, nous descendons de temps en temps pour laisser le chauffeur gravir des cols minés de pierres , car avec 240 kilos de chair fraîche à l'arrière et un chauffeur dépassant le quintal, le tricycle a parfois tendance à caler.
Nous arrivons au temple, Raj nous laisse pour pouvoir régler ses affaires spirituelles, un vieil homme aux cheveux longs nous attrape gentiment, nous pose sur le front un hom , une tâche rouge et une autre jaune , il nous demande de le suivre.
Nous sommes les seuls blancs becs, les seuls a ne pas être initiés, Raj nous a rapidement formé dans la voiture," Il faut que vous disiez Hari Hom avec les paumes des mains jointes ", nous suivons le vieil homme, il nous fait traverser le temple, nous fait toucher les fleurs et embrasser nos doigts, nous nous asseyons en tailleur, "Hari Hom", nous croisons quelqu'un, "Hari Hom", nous entrons dans une autre pièce, "Hari Hom", nous sortons, "Hari Hom", nous payons "Hari Hom"!
Il devait y avoir une cinquantaine d'adultes, nous n'avons communiqué qu' en disant "Hari Hom".
"Y' a besoin de rien d'autre, s'exclamait Nick, ces deux mots se suffisent à eux-mêmes, certain le chante, t'as juste besoin de dire ça pour que les gens t'invitent à rester chez eux, c'est fou! "
Raj nous conduira ensuite dans un ashram, un endroit consacré uniquement à la méditation, vers des points où la vue panoramique est fantastique, nous présentera des hommes d'une soixantaine d'années aux dread locks grises qui fument sans cesse le chilum, "Hari Hom!" "Boom Shiva", nous laissera nous reposer deux ou trois heures au bord d'une piscine naturelle, "C'est quoi Raj ces petites bêtes qui flottent? Ce sont des insectes d'eau fraîche, vas-y sans réfléchir , elles sont saines!", et pour finir ils nous mènera face à un jeune homme qui commence tout juste sa vie de sadou.
Cette journée fut merveilleuse, quand je vois la qualité de vie qu'on ces hommes perchés dans les montagnes, ils passent leur temps à chercher de quoi se nourrir, à regarder la nature, ce n'était pas un rêve c'était bien réel!
Le temps s'est arrêté...


( Le seul moment "musical" que j'ai vécu pendant cette période, une transe méditative, imaginer cela
pendant une vingtaine de minutes avec des chiens qui hurlent, des cris, j'ai filmé le plus discrètement possible, avec mon appareil photo, pour éviter d'offenser ces gens )



Il y a juste une chose qui me laisse perplexe, comment des gens aussi élevés spirituellement peuvent-ils laisser derrière eux autant d'ordures?
Il n'est pas rare de trouver, même dans des lieux naturels magnifiques, des fossés infestés de détritus. Ca fait mal. Ce doit être le propre de l' homme que de pourrir tous ce qui l'entoure, aussi sage soit-il...
J' ai ramené des montagnes un souvenir dont mon corps se souviendra longtemps, une bonne vieille tourista !
ENJOY INDIA !
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:31, le 5/12/2010 dans Inde du Sud, Mumbai Mots clefs : |
|
Lundi 29 Novembre :
- 19h05 : Départ de l' hôtel en minibus direction l'aéroport.
- 20h38 : Arrivée à l'aéroport après avoir affronté les bouchons stanboulites.
- 20h41 : Contrôle des bagages à l'entrée de l'aéroport.
- 21h05 : Connexion au WIFI public gratuit de l'aéroport et achat d'une boisson énergétique à 6 Liras.
- 21h43 : Devant l'aéroport je fume une cigarette, deux petites filles jouent sur une marelle invisible lançant un paquet de mouchoir en guise de caillou sur le dallage en granit anthracite.
- 21h47 : Re-cigarette, j'emmagasine un maximum de nicotine avant l'enregistrement des bagages.
- 22h05 : Re-contrôle des bagages devant l'aéroport.
- 22h18 : Je me présente pour enregistrer mes bagages avec mon numéro de réservation.
- 22h26 : Après quelques recherches le gars qui s'occupe de moi ne me trouve pas sur la liste des passagers.
- 22h42 : Le même type m'explique que j'ai réservé mon avion pour le 30/12 et non pour le 30/11, je vérifie mon mail de confirmation, c'est le cas, le prochain vol est le 2/12 à la même heure soit 48 heures plus tard, mon projet "24 heures chrono" tombe à l'eau.
J'ai l'impression d'être Nicky Larson qui vient de se faire fracassé la tête par Laura avec une massue de deux tonnes. Je prends une demie heure pour réfléchir, reviens vers le type et lui confirme qu'on échange les billets.
( Je vous entends rire aux éclats! Je sais que je n'ai pas de tête, je sais que je suis un "pur", je sais que je pourrais faire plus attention. C'est bon, JE SAIS!!! )
Quand j'ai commencé à écrire cet article je me disais qu'il fallait 24 heures pour aller de l'Orient Hostel d'Istanbul à Mumbai, en comptant l'heure du dernier minibus qui pouvait m'emmener à l'aéroport, l' heure de départ de l'avion, l'escale à Sharjah ( quand on veut économiser, les escales sont un prix à payer ), le décalage horaire, je trouvais intéressant de l'écrire dans le ton de la série, en temps réel, avec des heures précises, j'aurai presque aimé qu'on puisse le voir être tapé en direct.
Ca, c'était avant 22h42, car à cette heure précise le projet nécessitait de changer de titre et de s'appeler "72 heures Chrono".
Jack Bauer a le temps de sauver trois fois le monde pendant ce laps de temps, moi, je rallie Istanbul à Mumbai, la classe le mec! Je suis l' anti Jack Bauer!
Comment ai-je fait pour ne pas péter les plombs?
J'ai pris sur moi, me disant que cette situation n'était due qu'à mon sens de l'étourderie légendaire, puis je me suis mis en tête un système pour décompter les heures et voir le moment fatidique s' approcher de plus en plus.
Un album de musique dure en moyenne 1 heure, donc il me faudrait avoir écouté 72 albums avant d'arriver à Mumbai, moins les heures de sommeil et les heures de trajet en avion, j'enlève environ 21 albums, moins les heures où je mange, j'en soustrais encore 6, moins les moments où je filme, écris ou joue avec mon téléphone sur le trône, je peux encore en ôter 7.
Ce qui nous fait un total de 38 albums.
J'ai écouté l'intégrale de David Bowie, celui des Pink Floyd, du Radiohead, du Sonic Youth, du Noir Désir, un album de Diabologum, un autre de José Gonzalez, de Blond Redhead, des Cure, d'Archive, des Kills, de Novlang, de Silent Crash, de Call Gate, de Mogwai, de Portishead, de Kings of Leon, de Saez, des Queens of The Stone Age, de Gainsbourg et même un best of de Léo Ferret, avant de pouvoir mettre les pieds sur le sol indien.
" Allez plus que 37... plus que 22...plus que 10... plus que...."
Finalement j'ai bien vécu cette expérience :"Il y a bien pire bien pire dans la vie que d'écouter de la musique non-stop pendant trois jours.
Je suis donc à Mumbai depuis hier, j'ai pu m' adonner aujourd'hui au sport national mumbayien, le "traversage" de route au milieu d'une quinzaine de voitures, des rickshaws, des motos et des vélos qui ne s' arrêtent pas, puis contempler des vaches dormant sur des trottoirs bitumés.
Il faut que je digère toutes les images que je prends en pleine gueule et que je fasse connaissance avec Elle pour que je puisse l'écrire.
|
|
| Commentaires (4) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:58, le 3/12/2010 dans Inde du Sud, Mumbai Mots clefs : |
|
( Bien plus qu'une mégapole, Istanbul est un théâtre! Un théâtre des rêves, un théâtre de la vie où chaque acteur est à sa place, tenant un rôle bien précis. C'est un spectacle aux mille et une couleurs, aux mille et une saveurs, ajoutez-y l'odeur, c'est ici que commence l'orient!
Je n'ai rien inventé en vous disant cela mais disons qu'aujourd'hui ces phrases ont pour moi un... « putain » de sens!
Encore une fois, il me semble difficile de retranscrire par écrit un paysage, une ambiance aussi variée, aussi complexe qui se vit et qui aiguise l'ensemble de nos sens, ce doit être ce qui fait la différence entre un véritable écrivain et un chroniqueur, poète à ses heures, prenez Patrick Süskind, il sait en quelques mots vous faire renifler un parfum et vous plonger dans un océan d'émotion. Il faut que je relise Le Parfum...
Quand vous êtes à Istanbul une envie de vivre vous envahit comme si vous flottiez, comme si vous étiez en lévitation à un demi centimètre du sol et que vous avanciez en aéroglissant sans regarder votre chemin, les yeux constamment en l'air. Istanbul c'est la modernité au service de la légende. )
Je pris le train à Sofia vers 19h 45 après avoir passé une dernière journée à l'Hostel Mostel, allant le matin acheter mon billet de train et l'après-midi échanger des levas contre des turkish liras.
Le train étant de nuit j'ai pris place en wagon couchette dans un train d'une bonne trentaine d'années, ce fut pour moi un véritable dépucelage car je n'avais jamais voyagé dans ces conditions.
Dans le compartiment, se trouvaient trois lits superposés, j'étais seul jusqu'à Plovdiv où Sean, un américain, prit place sur la couchette numéro 33:
« - Salut, t'es d'où?, me dit-il
- France, et toi?
- Cool, j'adore la France! Je suis américain! De quelle ville es-tu?
- Bordeaux.
- Ha! Le bon vin!
- Un des meilleurs endroits au monde pour le vin! Et toi?
- Je suis californien mais actuellement je suis dans le Tennessee! Jack Daniel's!
- Un des meilleurs endroits au monde pour le whisky! C'est la région d' Elvis aussi, non?
- Assurément! » ( Les anglo-saxons disent sans arrêt « definitely », j'attends avec hâte de pouvoir le placer dans une phrase, dans le même genre il faut que j'arrive à insérer « bulshit » dans une discussion qui veut dire en gros « ce sont des conneries ».)
On a discuté pendant un bon moment, parlant des destinations d'où nous venions et de celles où nous allions.
Je me suis allongé et fut réveillé par Sean quelques heures plus tard, « Nous sommes à la frontière, il faut qu'on sorte du train. »
Les douaniers turques étaient beaucoup moins déterminés que leur collègues bulgares, les formalités ont duré une demie heure, le temps de faire la queue pour se faire tamponner le passeport.
Dans la file d'attente il y avait deux japonaises ( je suppose ), un marocain ( je l'ai su plus tard ), un irlandais et un italien qui discutaient avec Sean, des roumains ( ils avaient un passeport à la main avec marqué Romania), et un groupe de quatre françaises qui était facilement reconnaissable car on entendait qu'elles.
Elles ne parlaient pas, elles criaient, rigolant comme des sottes sans prêter la moindre attention aux gens qui les entouraient.
Quand on quitte la France, on s'aperçoit qu'une grande partie des français, en bandes, ont de grandes gueules, disons que quand ils sont quelque part, on le sait!
Seize heures plus tard, j'arrive en gare d'Istanbul sur les coups de midi. Le voyage est passé vite car j'ai réussi à dormir.
Sorti de Sirkeci Station, des chauffeurs de taxi m'accostent, je refuse poliment car je suis décidé à marcher. Je prends la direction du sud sur Mardiye Cad, tourne à gauche et remonte Almedar Cad jusqu'à Sainte Sophie, des stanboulites me demandent si j'ai besoin d'aide et me confirment que je suis sur le bon chemin, je traverse la place m'engouffre dans Kabasakal Cad et j'arrive après une bonne vingtaine de minutes dans Arbiyik Cadessi à l'Orient Hostel!
Je suis dans une chambre de trente lits ( 6 euros la nuit avec petit déjeuner ), nous sommes huit, deux québécois, trois espagnoles, un lit non identifié et un japonais androgyne à la manucure parfaite.
Chacun est plus ou moins dans son coin sans trop s'ouvrir aux autres.

( Vue de la terrasse de l'Orient Hostel )
Je suis sorti vite fait vers 14 heure pour manger un vrai doner kebab à l'agneau, épicé comme il faut, puis suis revenu m'allonger sur mon lit pour recharger mes batteries et celles de mes appareils électriques.
Je suis ressortis le soir, une nouvelle fois pour manger. Je n'ai pas cherché la musique, elle est venue à moi, juste avant le bazar et la rue des vendeurs de tapis, une grande terrasse quadrillée par une multitude de barnums où dessous, des gens mangeaient et buvaient le thé.
Un groupe de musique traditionnelle, un duo, était installé sur une scène, faisant face à l'ensemble des tables, l'un jouait du tambour l'autre du kanun taksimi, un instrument turque qui se joue à plat en grattant une cinquantaine de cordes, une sorte de harpe avec un son oriental bien particulier.
Je me suis assis, j'ai commandé des crêpes aux épinards et du thé pour applaudir les musiciens les fesses bien calées sur une chaise basse en fumant la chicha ( Maman, la chicha ce n'est pas du « hakhikh », comme disait Coluche, c'est juste du tabac à la pomme que l'on fume dans une grande pipe à eau, c'est léger...).
Un pur moment de vie...
Le petit déjeuner à l'Orient Hostel est un des meilleurs moments de la journée, avec mon pain perdu , mes céréales et mon café, je m'installe le nez collé à la bais vitrée, les yeux jonglant entre ma tasse, les trois espagnoles et le … Bosphore!
J'avoue j'ai plus regarder les filles, non je déconne, le Bosphore!
En général je restais la matinée à l'hôtel, à consulter internet, à écrire, et je sortais de l'après-midi jusqu'au coucher, passant par Sulthanahmet, m'arrêtant entre la mosquée bleu et Hagra Sofia, prenant la direction du pont Galata qui relie Fatih, le quartier historique, à ceux de Beyoglu, Galatasaray et Besiktas, traversant la Corne d'Or.
Mon regard changeait constamment de direction, photographiant chaque lieu chaque moment, une rive puis l'autre, une mosquée puis une autre, un vieil homme qui tracte son magasin ambulant sur une pente à 30%, les cinq cents pêcheurs installés nuit et jour de chaque coté du pont, des grands-mères pétrissant la pâte et préparant des galettes en vitrine des restaurant, des magasins de quatre mètres-carré, des dizaines de muezzins qui appellent à la prière en même temps, une jeune femme voilée, maquillée, coquète, avec un levi's 501 qui lui va à ravir ( je sens naitre le fantasme ) et qui parait bien plus libérée et éveillée que la plupart de nos femmes voilées françaises, des hommes pressés, des rues noires de monde à deux heure du matin, des ruelles où dans chaque bar il y a un ou des musiciens locaux, le derby entre Galatasaray et Besiktas au milieu des turques, des familles qui viennent prendre le thé, vendu à la sauvette sur le port, pour regarder le soleil se coucher sur la mer de Marmara pendant que du coté asiatique on distingue au loin un nuage de fumée noir et des flammes s'échappant d' une mosquée en feu, on peut même voir les jets d'eau des pompiers qui tentent de l'éteindre, des enfants qui mendient, d'autres qui jouent au foot dans la cour de l'école, des hommes sifflant comme des oiseaux pour vendre des gadgets fluorescents ....
Au niveau musicale, j'ai surtout cherché à filmer les musiciens des rues et ceux qui jouaient dans les bars, je me suis payé un petit extra en allant dans une soirée drum'n bass et dub step.
Je finirai cette article en vous parlant vaguement d'un type que j'ai rencontré, Azédine, je fumais une cigarette devant l'hostel, il est venu me demander du feu et nous avons fait connaissance :
« - Ah! Tu vas en Inde! Je vais te raconter une anecdote. Tu sais je suis parti du Maroc il y à plus de trente ans, j'ai vécu longtemps en Amérique du Sud, puis au Japon où j'enseignais les mathématiques. J'y ai rencontré un jeune français avec qui j'ai sympathisé et passé quelques jours. Il était une peu perdu, fauché et venait de se séparer de sa petite amie qui lui avait envoyé de l'argent pour qu'il puisse survivre un peu plus longtemps et trouver une solution à ses problèmes.
Un jour j'étais en Inde, à Dehli, je m'assois à une terrasse de café et ce jour là, pour une fois, j'avais acheté le Monde, chose que je ne faisais jamais, et je buvais un thé en le lisant.
Une française ayant vu ma lecture est venue vers moi, me demandant « vous parlez français? », apparemment ça lui faisait du bien de pouvoir parler dans sa langue maternelle, on discute, on passe la journée ensemble, et à un moment elle se confie, me dit qu'elle s'est séparée de son petit ami, qu'il vit au Japon, je lui demande s'il ne s'appellerait pas Antoine, elle me dit que oui, si elle lui avait envoyé de l'argent, elle confirme...
-Elle est hallucinante ton histoire, toi qui es mathématicien, tu t'es amusé à calculer la probabilité que tu puisses les rencontrer l'un et l'autre à des milliers de kilomètres de distance dans des pays qui ne sont pas les leurs?
-Elle est de zéro... »
Plus tard dans la discussion :
« - Mais tu sais, là je suis fatigué, je suis allé partout dans le monde, je ne supporte plus mon sac à dos.
-Tu vas bientôt te poser et rentrer chez toi, au Maroc?
- J'y pense, je suis venu ici pour réfléchir à ça, par contre je ne rentrerai pas au Maroc, je te dis ça fait trente ans que je l'ai quitté!
- Mais alors, c'est où chez toi?
- Nul part et partout, je n'ai pas de « chez moi »... »
J'avais comme l'impression que cet homme me passait le flambeau, lui étant sur la fin, fatigué et usé par sa vie de voyageur, et moi ayant à peine commencé la mienne.
Je ne veux pas oublier mes racines.
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:11, le 29/11/2010 dans Capitales Europeennes , Istanbul Mots clefs : |
|
( En bon agnostique que je suis, j'ai été frappé par le nombre d'édifices religieux qu'il y a au kilomètre carré à Sofia, c'est impressionnant.
Des églises orthodoxes et catholiques, une cathédrale, une basilique, des synagogues, des mosquées, et encore des églises, et toujours des églises, etc...
Ça laisse vraiment songeur, quand on s'imagine le temps qu'il a fallu pour construire ces véritables œuvres d'art, tout ça pour l'amour de Dieu et de tel ou tel prophète.
Imaginons que ces prophètes étaient juste les premiers hippies, qu'ils ce sont dis que « Dieu c'est la vie donc je suis son fils car je suis vivant » et qu'ils ont dis partout autour d'eux « aimez vous les uns les autres, ne tape pas ton voisin et ne trompe pas ta femme », c'est incroyable de se représenter tout ce que l'homme a interprété, conquis, construit, en l'honneur d' illuminés qui avaient sûrement ingurgité des psychotropes et eu des révélations et des visions sur le sens de la vie.
Dissertation! Est ce que le fait que 85 % de la population mondiale adhère à une religion est une preuve de l'existence de Dieu? Je ramasse les copies dans quatre heures.
Remplie de parcs, de marchés diverses ( fruit et légume, vêtements, puces), de rues commerçantes, Sofia vous séduira aussi par ses immeubles abimés, aux enduits de toutes les couleurs. )





J'ai pris le train à Belgrade dimanche dernier à 7h50 après avoir acheté un deuxième ticket, par peur de louper le train, car j'avais tellement bien caché le premier acheté la semaine précédente que je ne l'ai retrouvé que quelques heures plus tard. Vingt euros en perte sans profit.
La femme qui m'a vendu le billet m'avait dis que le trajet durerait dix heures, c'était sans compter, encore une fois, les deux contrôles douaniers à la frontière bulgare.
Ils ont fouillé presque tous les gens, sauf moi ( le passeport français offre parfois des privilèges ), et ils ont complètement désossé le train, s'amusant à dévisser et à revisser la moindre vis suspecte qui aurait pu permettre d'accéder à une cachette, montant sur des escabeaux pour regarder derrière les néons. Évidemment, ils n'ont rien trouvé, pendant ce temps là des trains de marchandise nous doublaient sur l'autre voie... Cherchez l'erreur...
Douze heures pour faire 350 km, un truc de fou!
Plus tôt, j'ai partagé le compartiment avec un vieux monsieur serbe qui parlait un peu le français, il m'a essentiellement cité toutes les équipes de foot françaises qu'il connaissait, tous les sports qu'il regardait à la télévision.
En arrivant en Bulgarie, un groupe de quatre femmes ménopausées et plus lourdes que moi a fait son entrée, elles n'arrêtaient pas de parler, elles ont tenté de me vendre de fines cigarettes ( d'ailleurs un paquet de gens faisait leur petit business dans le train, vendant des clopes, de la nourriture, de l'alcool ou encore des vêtements ) je ne comprenait rien à ce qu'elles me disaient, j'assistais au spectacle en faisant mine de rien, en me forçant à rire intérieurement. Ajoutez à cela un paysage montagneux fantastique, c'était juste... génial ( avant que les douaniers fassent leur apparition )!
En gare de Sofia, je suis monté dans un tout petit taxi genre vielle ford fiesta repeinte au couleur des taxis officiels, au départ quand le monsieur m'a proposé « Taxi!? », j'ai refusé, mais malin comme un vieux singe il a ensuite dit « Hostel Mostel!? », c'est l'endroit où j'allais, j'ai choisi la facilité, je mis mes bagages sur la banquette arrière, la voiture n'ayant pas de coffre, et suis monté à coté de lui. Il m'a déposé sur Makedonia boulevard à la porte de l'auberge.
A peine entré je suis déjà sous le charme de cette bâtisse à moitié en bois, j'arrive à la réception, Lili m'accueille avec un sourire jusqu'aux oreilles et me dis :
« Je peux te demander d'attendre un peu s'il te plait, je fini de faire à manger pour tous le monde, j'arrive, tu veux un verre de bière? »
Finalement c'est Damian ( entre dix-huit et vingt ans, sweat à capuche noir, baggy, chaussure de skater, racontant en permanence des conneries ) qui s'occupe des formalités, à une vitesse hallucinante il me présente la carte de Sofia, visites, bars, restaurants, concerts, commerces, rue à pickpockets, bureaux de change, etc...
« - Ne vas pas dans les clubs de strip-tease s'il te plait!
-Promis! »
Je me sens immédiatement chez moi, la salle commune est grande, confortable, conviviale, agréable, zen, il y a un billard, plein de canapés, un espace pour s'allonger et regarder des films. Nous sommes une bonne vingtaine de voyageurs des quatre coins du monde, un russe, un ukrainien, des japonais, des espagnoles, des américains, des australiens, un anglais, une canadienne, un allemand, des bulgares, un belge et des français.
Me sentant tellement bien ici, je n'ai mis le nez dehors que deux jours après mon arrivée, mis à part un quart d'heure pour aller m'acheter un médiator et une bière à deux pas de l'hôtel, car il y a aussi une guitare!
Pour 20 leva ( 10 euros ), je suis dans une chambre de huit lits, le petit déjeuner est compris, et le soir, nous avons le droit à une assiette de spaghettis et un verre de bière. C'est royal, en 2009, le Mostel Hostel a été consacrée quatrième meilleure auberge de jeunesse du monde.

Je me suis décidé à sortir le mardi, me baladant l'après-midi, allant voir un orchestre gitan au Sofia Live Club, à coté du Palais National de la Culture, le soir.
C'est un endroit très classe, la décoration est jazzie, ça ressemble assez à un cabaret avec de nombreuses tables, des banquettes, une scène relativement basse à proximité du publique. Je suis surpris par le nombre de gens qu'il y a, le Karandila Brass Band doit être très connu ici.
En découvrant le club je m'attendais à voir un public très "select", mais non, des gens simples, de tous les âges. Personne sur le dance-floor, ils apprécient, applaudissent, dansent à coté de leur table.
Un brass band est un groupe composé uniquement de cuivres et d'une section rythmique, pour celui-ci, il y a juste une petite exception, un bassiste. Je suis impressionné par le niveau de ces musiciens, ont voit qu'ils ont fait ça toute leur vie, ils sont excellents.
Il y a eu ensuite un groupe qui jouait une sorte de jazz rock, avec un chanteur-guitariste charismatique, vêtu d'une chemise noire, d'une cravate blanche, faisant un bond, les jambes écartés, à chaque dernier accord d'une chanson. Le type s'est présenté, un français, Bastien, un groupe de fille à coté de moi criait : " Sexy Bastian! ".

J'ai remis ça le lendemain y retournant cette fois-ci pour aller voir un groupe "electro" s'appelant I Love Italy. Après les avoir écoutés sur internet je me suis dis que ça ne devait pas être terrible, ça sonnait un peu "techno-commerciale", mais vu leur look de cosmonaute sur l'affiche, je pensais que j'avais sûrement de bonnes images à obtenir.
En fait, j'ai pris une énorme claque, la première depuis que j'ai quitté la France. Ils avaient incontestablement une dégaine d'extra-terrestres, ils m'ont fait un peu penser à Daft Punk, balançant un live étonnant.
Ils sont deux, un gars et une fille, et joue quasiment tous leurs sons en direct, sauf les "drums".
Chacun joue du clavier, chante, elle, joue aussi d'une guitare branchée sur son synthétiseur midi et d'une sorte de "clavier-pipeau", lui, fait essentiellement les basses et joue sur une antenne, faisant vibré des ondes invisibles avec ses mains, un peu dans l'esprit des harpes virtuelles qu' utilise jean Michel Jarre sur scène.
Leur cachet devait être assez lourd car ils n'ont joué qu'une petite heure, sans rappel, quand on écoute de l'electro, on s'attend à danser pendant quelques heures, je suis resté un peu sur ma faim, y'avait comme un goût de "reviens-y". Enfin un moment musical vibrant!
Je garderai un très bon souvenir de ce passage à Sofia, je n'oublierai pas Xavi, un espagnol avec qui j'ai beaucoup discuté, il a essayé de me persuader d'aller en Iran, il y a voyagé un mois et a trouvé les iraniens extraordinairement gentils, ni Stéphane, un français exilé depuis une quinzaine d'années, un écrivain qui physiquement ressemblait beaucoup à Tof, mon grand frère adoptif, avec du ventre en plus, des cheveux longs et d'énormes rouflaquettes, lui m'a conseillé sur Istanbul.
J'ai beaucoup apprécié les sofiotes, ils sont accueillants, souriants, hier soir vers 23h, j'étais dans la rue avec mon plan de Sofia en train de chercher un bar précis, une femme est venue vers moi pour savoir si elle pouvait m'aider, elle m'a indiqué le chemin.
Si vous venez à Sofia, allez au Hostel Mostel, vous en repartirai heureux, voir même avec un petit pincement au coeur . Au revoir Lili, au revoir Damian, bonne vie!
Ce soir à 19h15 je prendrai place dans mon wagon couchette direction Istanbul!!!! Je quitte bientôt l'Europe!!!!
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:02, le 24/11/2010 dans Capitales Europeennes , Sofia Mots clefs : |
|
( En rédigeant cet article, je m'aperçois qu'il m'est difficile de décrire Belgrade, de décrire les serbes car mon opinion est partagée, entre les gens (plutôt simples et âgés) que j'ai pu rencontrer dans le train qui étaient très agréables, loquasses, et curieux de savoir ce que je venais faire chez eux, et entre les jeunes citadins ( très tendances ) qui ne sont agréables et polis qu'avec leurs amis.
Belgrade est multiculturelle, à la fois byzantine, latine, slave, quand on s'y promène on sent bien qu'elle est une porte entre l'orient et l'occident, on comprend pourquoi elle fut une citée tant convoitée, les fortifications encore bien visibles peuvent en témoigner.
Belgrade est une énorme butte surplombant deux fleuves majestueux, le Danube et la Save, y marcher sans avoir mal aux mollets relève tout simplement du miracle ( ou d'une bonne condition physique ).
Quatre jours chez elle ne m'auront pas permis de la cerner, ni elle ni ses enfants d'ailleurs, qui m'ont semblé être des gens compliqués, à la fois dictés par un culte de l'apparence excessif et une pudeur refoulée se traduisant par de la fierté et une envie quasi nulle d'aller vers les autres ou de laisser entrer un parfait inconnu dans leur monde.
Par exemple, si vous allez parler a une fille sans qu'elle ne vous ait été présentée, c'est très mal vu, et dans ce cas il faut serrer la main de la personne de sexe opposé, quel que soit son âge. C'est sûr, à Belgrade, les filles sont délicieuses, peut être même plus qu'ailleurs car elles sont le fruit d'un long métissage mais elles sont aussi "bimbos" qu'elles sont belles.
Je ne veux pas généraliser, mais c'est ce que j'ai ressenti.
Ça n'empêche que j'ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir, à noter cette opposition de style entre des bâtiments décrépis où l'enduit c'est érodé depuis longtemps et des monuments ou des hôtels brillants, à me poser dans ses nombreux parcs, à boire des cafés face cet impressionnant Danube magnifié par un soleil matinal, rien que pour ça, ça vaut le détour! )
Je suis parti de Budapest vers 10 heure et suis arrivé en gare de Belgrade à 18h30, et contrairement aux 17 heures de bus qui m'ont amené de Lyon à Prague, ce voyage m'a paru long et usant. je pense que s'il n'y avait pas eu deux contrôles douanier en l'espace d'un quart d'heure à la frontière serbe, nous n'aurions mis que 6 heures.
J'avais réservé un lit au Sun Hostel, à deux kilomètres de marche d'où j'étais, et en sortant de la gare je me suis senti légèrement... paumé. Le plan "google map" en noir et blanc que j'avais édité la veille était illisible et trempé par la pluie, et ces noms de rue en alphabet cyrillique, auquel je ne comprenais rien, ne m'ont pas aidé.
J'ai trouvé une auberge, Central Station Hostel, située quasiment en face de la gare, j' y suis entré pour demander mon chemin et j'ai présenté mon plan tout pourri :
" - Je cherche le Sun Hostel, vous pourriez m'aider s'il vous plait ?
- Sun Hostel? Connais pas. Montre moi ton plan. Ok, déjà, tu as inversé le sens de départ et d'arrivée, tu es là et tu dois aller là.
- D'accord, ça commence fort! Combien de temps il faut pour y aller à pied?
- Une demi-heure, trois-quart d'heure peut être avec tes sacs, tu sais vu la pluie, tu peux rester ici, il y a de la place.
- Merci, j'ai réservé deux nuits au Sun Hostel, je pense rester quatre nuits, je reviendrai passer les deux autres ici.
- Comme tu veux tu es le bienvenu, bye.
- Merci, bye.
Je descend les escaliers, ouvre la porte qui donne sur la rue, regarde les énormes gouttes s'éclatant sur le trottoir, referme la porte sans l'avoir passée, remonte l'escalier, me présente à nouveau au standard:
" -Finalement, je vais rester ici! "
Je prend la chambre la moins chère ( 10 euros ), l'endroit est un peu glauque, propre mais glauque.
Les clients ne sont pas très amicaux, pas très causants. l'ambiance est à l'opposé de ce que j'ai pu voir dans mes deux premiers déplacements mais ça me suffira amplement pour deux nuits.
Le lendemain je me lève relativement tôt et commence ma ballade quotidienne vers 10 heures sur les rives du Danube, escaladant ensuite la citadelle jusqu'au parc Kalemegdan pour admirer un panorama s"étendant sur des kilomètres et des kilomètres, puis m'engouffrant dans Knez Mihailova ( rue piétonne, commerçante), m'asseyant sur un banc place Republik pour regarder et filmer un mendiant jouant d'une sorte de cornemuse ou encore m' émerveillant devant la beauté et la singularité du quartier bohémien, j'avais l'univers de Kusturica à porté de main, prenant en pleine face l'éventail de couleur si caractéristique à son oeuvre.
( Station service de centre ville )
( Danube )
( Dans la citadelle )
( Quartier Bohémien )
Faisant confiance à mon sens de l'orientation infaillible, j'ai bien failli me perdre, je me disais " si ça descend, c'est que je vais vers le Danube, donc vers la gare, donc vers mon hôtel ", or comme Belgrade est une butte, elle est entourée de montées, je me suis retrouvé hors du centre ville, hors du plan touristique que m'a fourni l'auberge, dans des quartiers pauvres, abîmés.
J'ai fini par retrouver mon chemin et suis rentré vers 18 heure après avoir marché au moins quinze kilomètres dans la journée.
Le soir je suis sorti dans un club, l'Akademia, rue Cara Urosa, un lieu vieux d'une soixantaine d'années selon Milos, un collosse de deux mètres à la voix caverneuse et l' accent typique d'une méchant slave qui jouerai dans un film de James Bond, il portait une barbe de quinze jours et des cheveux mi-longs. Quand il m'a vu filmer, il est venu vers moi, me proposant de m'aider soit en me filmant, soit en me faisant visiter.
J'ai accepté la seconde proposition et il m'a montré son "donjon". Le patron est son meilleur ami, il connait l'Akademia depuis qu'il a seize ans, il en a quarante deux, il m'offre une vodka, je n'imagine même pas le nombre de fois qu'il a du monté ces marches, ivre.
" SUIS LE GUIDE! " dit-il.
Il me fait passer derrière le bar, à travers la réserve, je descend un escalier et me retrouve dans une cave voûtée aux nombreuses alcoves taguées, les bars sont grillagés. Si ça ce n'est pas " rock'n roll", je n'y connais rien!
On a discuté un peu, il m'a laissé son numéro de téléphone me disant que si je voulais il pouvait me faire visiter la ville. Ayant renié mon téléphone, je ne l'ai pas appelé.
Du coup je me suis retrouvé dans le concert sans avoir payé le droit d'entrée, faisant au passage une sacrée économie d'au moins un euro!
Les groupes jouaient une sorte de punk-rock oscillant entre des influences de Green Day, de NOFX, c'était intéressant, et je me disais qu'avec Novlang, nous aurions très bien pu jouer ici, avec eux, comme qu'en nous jouions à l'Inca, à Bordeaux.
Le serbe se prête bien au rock, bien mieux que le français.
( Akademia )
Le lendemain il était temps pour moi de quitter le Central Station Hostel, et de dire au revoir à Bozo le bosnien ( non , ce n'est pas une blague ) mon compagnon de chambrée, direction le Sun Hostel rue Novopaz Arska, une auberge de jeunesse digne de ce nom, une maison de ville aménagée en lieu de vie pour voyageurs, avec une grande salle à manger, des canapés, un grand écran plat, une cuisine, une terrasse, située à coté de la rue Niegoseva ( bondée de restaurants ) et d'un marché.
Je m'y suis reposé. Je suis sorti un peu le soir pour prendre des vidéos car j'avais lu que Belgrade était riche en établissements dédiés à la musique electro, suis allé dans la rue Strahinijka Bana surnommée la "Silicon Valley", une métaphore pour évoquer les bimbos qui exhibent leurs faux décolletés et qui guettent les gangsters à grosses voitures,je n'ai rien vu de tout ça, sûrement pas la saison, puis j'ai pris la direction du Plastic Klub, rue Takovska, une métaphore semblable, là, j'avais lu que c'était THE club electro, que les dj's du monde entier se bousculaient pour venir jouer ici, le lieu est effectivement original, mais la musique était une sorte de disco moderne, avec un feu d'artifice de gens s'attachant essentiellement à leur apparence.
Quand je suis rentré au Sun Hostel, après m'être couché, une bande d'étudiants venu des quatre coins de l'europe de l'est est rentré et a continué à faire la fête, ils chantaient et écoutaient de la musique à tue-tête, je n' ai pu m'endormir avant 6 heure, j'étais un peu énervé mais je n'ai pas voulu intervenir, ne voulant pas endosser le rôle de "vieux con", je me suis souvenu quand j'étais ado, quand je traînais avec mes potes et qu'on foutait un peu le bordel la nuit, on détestait ces " vieux cons " qui venaient nous dire de la fermer, on se disait : "Nous on sera jamais comme ça!!!".
Le lendemain j'ai demandé à changer de chambre, et j'ai investi un appartement, un F3 que je partageais avec un autre gars que je n'ai même pas croisé, j'ai donc eu un appartement pour moi tout seul, toute la journée, pour la maudite somme de vingt euros.
J'ai fait corps avec le canapé comme si j'étais chez moi, me suis regardé toute la saison 2 de "Breaking Bad" ( une série complètement tarée, géniale, à voir absolument ) et n'ai même pas mis le nez dehors.
Je devais me lever à 5h pour aller prendre mon train direction... Sofia!!!

( Première pleine lune, vue de la terrasse de l'appartement )
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:06, le 22/11/2010 dans Capitales Europeennes , Belgrade Mots clefs : |
|
( Comme sa cousine tchèque, Budapest est belle, mais contrairement à elle c'est sa beauté intérieure qui restera gravée dans ma mémoire.
Pour vous donner une image, Prague serait une sorte de Claudia Schiffer qui picole un peu alors que Budapest serait plutôt Alison Mosshart, la chanteuse des Kills, une magnifique brune écorchée, alternative, rock'n roll!!!
A chaque coin de rue on s'étonne de quelque chose, de magnifiques bâtiments qui posent à coté d'autres salis et rongés par l'histoire, des échafaudages en bois, des tags, de vieilles dames qui tricotent et qui vendent le fruit de leur travail...
Le jour elle peut paraitre banale car c'est la nuit qu'elle devient reine, reine de l'underground, elle n'a rien à envier à personne!
Que le vent de la liberté reste le plus longtemps possible chez toi avant que l'ordre et la morale ne vienne t'apprendre leur soi-disant savoir vivre, profites en, tu as tellement souffert...)
Je suis parti de Prague à 6h30 et deux arrêts plus tard, un à Brno l'autre à Bratislava, soit sept heures plus tard, j'arrive à la gare routière de Budapest, du moins à 300m car le bus nous a laissé au bord de la route, pas loin du stade du Budapest FC.
Je reste cinq minutes sans marcher en faisant des tours sur moi même à la recherche d'un distributeur, d'un bureau de change, d'un éventuel métro, rien à l'horizon si ce n'est, la gare routière. Mon salut passe par là-bas.
Métro M3 jusqu'à Deak Tere puis le M1 jusqu'à Oktogon, et je sonne à l'Home Made Hostel, 22 rue Terez Korut. Il est situé en plein centre ville dans un vieil immeuble caractéristique de l'architecture locale, avec une grande cours intérieure.
L'accueil est chaleureux, l'ambiance est familiale, je fais le tour du propriétaire et prend d'assaut la mezzanine que je partage avec un américain, une canadienne et une néo-zélandaise.
(Home Made Hostel, au niveau de la plante verte)
J'ai fait la même erreur qu'à Prague, je suis sorti sans rien avoir repéré sur une carte, j'ai donc erré le long de Terez Korut sans savoir où aller et suis revenu cinq minutes plus tard demander à la charmante demoiselle de l'accueil :
« - Excuses moi, tu sais où je peux trouver un endroit où je peux voir un concert, un dimanche soir?
- Heu, le dimanche ça va pas être facile, mais si! Il y a le Fridge Festival au parc à coté de
Dozca György, c'est un festival dédié au sports de glisse, tu sais ces évènements sponsorisés par des boissons énergétiques!
- Cool! C'est exactement ce que je cherche!
- Et en plus il y a Tankcsapda ( il n'y a pas de mots pour traduire ce nom, en gros ça veut dire la bande qui stoppe les tanks ) qui joue, c'est un groupe hongrois très populaire.
- Merci infiniment, j'y vais de ce pas! »
Deux heures plus tard, m'étant un petit peu perdu, me voici bracelet du festival à la main gauche et caméra à la main droite, prêt à shooter à tout va!
Il y a des stands partout, des snowboards, des skates, des fringues, il y a plein de buvettes, des vendeurs de saucisse, un dj qui joue du hip-hop en haut d'un bus à deux étages devant un terrain où des gens jouent au basket, que vois-je au loin? La scène!
Comme diraient certains potes bordelais: « Yeah Bébeah! », c'est cool ici!
J'assiste à la mise en place des lumières, des amplis, des retours, de la batterie. C'est curieux, les mecs qui font les balances sont les techniciens ( de très bon zicos d' ailleurs ) et pas les musiciens. Le publique arrive en masse vers la scène, la plupart sont habillés en noir, portent des boucles d'oreille et des t-shirt de Metallica, ça va être du lourd!
Malheureusement, le groupe est une caricature, une bande de cinquantenaires chevelus qui joue du heavy-métal complètement démodé avec un chanteur qui, en hongrois dans le texte, fais des doigts d'honneur aux autorités.
Par contre, me dire que ce groupe a du être, un nombre de fois incalculable, premier au top 50 hongrois, me laisse imaginer que la scène underground, ici, doit être sacrément intéressante!
Je décide de m'en aller après qu' un « escort » ( c'est ce qui était floqué dans son dos ), m'ait refusé l' accès d'un bar où j'étais une demie-heure avant, à cause de ma caméra:
« - VIP! » a t-il baragouiné.
J'aurais du lui dire :
« - T'as raison! J' suis docteur en journalisme et je viens te piquer l'exclusivité des images, t'as de la chance que je ne sois pas venu avec mon avocat! », mais je ne sais pas parler hongrois.
La connerie est internationale!
L'évènement est démentiel, dommage que je ne sois pas venu le bon jour.
( Place Hösök Tere, à deux pas du Fridge Festival)
Ensuite je suis allé au Szimpla, rue Kazinczi, qui est juste un des lieux les plus fou que j'ai eu l'occasion de découvrir.
A Budapest, beaucoup de logements vacants sont récupérés par des artistes qui en font des lieux de vie extraordinaires.
Sur trois étages, le Szimpla est un bar, un labyrinthe où l'art moderne éclate de toute sa splendeur, des faux plafonds avec des grilles, de la végétation, des boules fluorescentes, des conduits métalliques, des meubles à l'envers, de nombreuses salles atypiques, certaines sont remplies de vieux écrans d'ordinateurs recyclés en stroboscopes...
Les mots ne sauraient décrire, à eux-seul, la magie de cet endroit, il faut des yeux pour cela.
Vous ne pouvez pas aller à Budapest sans passer par ici!
Et le pire, c'est qu'il y a plein d'endroits comme celui-ci.
( Szimpla bar )
Le lendemain soir je suis allé à l'Instant, rue Nagymezô, qui est tout aussi singulier, avec une cave où se déroule un concert de" soul music" qui est diffusé en direct sur un grand écran à l'étage supérieur, le dernier étage est celui dédié à la musique électronique. Deux mecs mixent dans une salle vide, on est lundi soir...
Je me suis pris pour Baudelaire, sirotant un verre d' absinthe, regardant le sucre fondre à travers la cuillère et rêvassant les yeux au plafond, la tête pleine d'images, pleine de rêves, puis j'ai discuté avec un barman barbu :
« - Cet endroit est vraiment incroyable! J'ai jamais rien vu de semblable!
- Oui, c'est clair!
- Même à Paris il n'y a rien qui ressemble à ça!
- Chez vous c'est compliqué, avec les lois, la police, ce serait immédiatement fermé.
- C'est sûr, profites-en, j'espère que ça ne vous arrivera pas.
- J'espère... Tu sais, nous ça fait pas si longtemps que ça qu'on se sent libre. T'es d'où?
- Bordeaux.
- Et tu restes combien de temps?
- Trois nuits.
- C'est dommage que tu ne restes pas plus longtemps, le vendredi, c'est de la pure folie, c'est génial!
- J'en doute pas un seul instant, je serai à Belgrade vendredi.
- Ha oui? Cool, tu fais quoi dans la vie?
- Je viens de quitter mon job, je pars faire un long voyage!
- Tout seul?
- Oui, seul avec ma caméra!
- C'est la meilleure façon de voyager, encore mieux si t'as une caméra. Je suis parti comme toi, tout seul à Barcelone, à Amsterdam, à Londres, ça met de l'ordre dans la tête de partir seul, c'est bien tu vas te découvrir!
- C'est exactement ce que je veux!
- Tiens, ton mojito.
- Merci, je te dois combien?
- 1020 Florins ( 3,5 €euros)
- Tiens, merci, je te souhaite une bonne vie
- Merci, toi aussi » me dis t-il, la main sur le cœur.
Tous ça pour vous dire, mes chers amis, que Budapest est une ville remplie d'émotions, je laisse le soin à d'autres de vous décrire son architecture, son histoire si compliquée et je me contente de vous en donner le parfum...
Demain, à cette heure-ci, je serai à Belgrade.
( Visite du zoo, ce matin, voici David, Roger, Richard, Nick et Syd. Je n'étais pas allé dans un zoo depuis environ 15 ans. Ca laisse un goût amer.)
( Scène de vie dans un parc de Budapest à coté des Thermes, en France nos petits vieux jouent à la pétanque, ici, c'est au ping-pong.
Hier, je pensais encore être un bon joueur, j'aurai chambré n'importe lequel de ces gars en lui disant :" tu vas te prendre une branlée mec !", ça c'était avant de les voir jouer, ce fut une grande leçon, ils sont vraiment très bons, j'arrêtes définitivement le ping-pong ! )
( A suivre vidéo sur le Szimpla!!!! To be continued )
|
|
| Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:33, le 16/11/2010 dans Capitales Europeennes , Budapest Mots clefs : |
|
( Prague est belle, ses traits sont parfaits, Prague est un peu froide mais pas forcément fière car elle est aussi une fille de joie, Prague est vivante, elle vous offre l 'évasion et vous demande de la regarder dans les yeux, elle a dit dans les yeux. Prague est blonde et mesure 1m80.
Elle saura vous offrir de la délicatesse et de la décadence, du baroque et de la modernité.
Vous les amoureux, allez passer deux ou trois jours à trainer dans ses artères, car s'y promener en tenant la main de sa bien-aimée est un acte qui tient de la romance. La bohème, la bohème...
Vous les anges de la nuit, allez jouir en elle, elle en sera ravie... Vous les intellos... Vous les touristes de base... Vous les pervers... Vous les anciens... Elle répondra à beaucoup de vos envies, mais n'oubliez pas une chose, elle est tout sauf latine.)

Tout a commencé le mercredi 10 Novembre, à 21h30, avec une arrivée en trombe à la gare routière de Lyon Perrache, à 5 minutes prêt je loupais mon bus, j'aurai pu faire un départ en fanfare avec une bande originale du genre :
« -Tu vois Vincent, on te l'avait dis! T'es à peine parti que t'as déjà perdu ton cerveau, t'es vraiment un pur!
- Mais non! C'est pas de ma faute, ce soir là les lyonnais avaient décidé d'organiser un bon vieil embouteillage sur les coups de 21 heures !
- Ouai, c'est ça ouai ! »
Et bien non! Mesdames et mesdames, je suis bien parti à l'heure, en sueur, mais à l'heure!
Un petit voyage en bus d'environ 17 heures en passant par Dijon, Strasbourg, Francfort, Nuremberg, qui m'a très vite rassuré au niveau de mon potentiel à rencontrer des gens.
A la seconde et dernière pause, 100 km après Francfort, à une station service, je me réfugie sous un fumoir à l'extérieur pour finir mon café à l' abris du vent et là un mec qui est dans le même bus me demande :
« - Ça va ou quoi? Bien? Tu vas à Prague?
- Ouai, comme tous les gens du bus.
- Putain, j' suis des Alpes, il commençait à neiger, et puis j' te jure j' me suis dis, vas y casses toi t'as trois jours, restes pas chez toi par c' temps d' merde, d'habitude j' vais en Asie, mais là j'ai qu' trois jours, j' suis saisonnier.
- J'y vais en Asi....
- ..Putain tu vas en Asie, c'est trop d' la balle mec tu vas triper, tu vas où ?
- En Ind..
-..Mortel! J'y étais l'année dernière pendant trois mois, d' la bombe mec, namaste ! Tu fumes mec? »
On a discuté pendant un bon quart d'heure, il me faisait rire avec son accent de lascar, il m'a donné quelques conseils, et j'avoue que cette petite pause avec lui, m'a permis de ne pas voir la fin du voyage!
Arrivé à Prague vers 15h, j'ai apprécié le fait d'avoir réservé mon hôtel à l'avance car sitôt arrivé, sitôt au Old Prague Hostel, rue Benediktska dans le 1er arrondissement, idéalement placé, à coté des monuments et de la fête.
J'avais repéré, sur internet, deux lieux pour débuter mon périple musicale, LE CHAPEAU ROUGE que j'ai trouvé très vite et le ROXY, mais comme il était un peu trop tôt pour commencer à boire des bière et écouter du son je suis allé sur la place Staromestke, il n'était que 17 heure et il faisait déjà nuit.
Dés mes premiers pas sur les pavés je fus émerveillé par le spectacle architectural et le petit marché gastronomique ( gastronomique est peut être un grand mot, marché de bouffe, avec de la bonne saucisse, du bon graillon et du vin chaud ).
J'y ai mangé une sorte de « beignet-galette » sur lequel était mis du ketchup, un beurre d'ail et du fromage rapé, et j'ai bu un petit verre de vin chaud en hommage à Jean-Claude Dusse.
Mon repas digéré, je file au Chapeau Rouge qui est un des lieux les plus underground de Prague, trois étages, un rez de chaussé et deux sous sols, dédiés à la musique alternative.
Au bar principal, un DJ mixe du Chill Out, je m'y suis posé un peu en attendant que le concert commence à l'étage inférieur et j'y est fait la rencontre d'un couple d'anglais en buvant une pinte de bière à 2 €.
Deux groupes se partageaient l'affiche du « tonight live », The Paid un groupe local faisant un rock tantôt psychédélique, tantôt « .. n'roll », tantôt pop ( j'ai beaucoup aimé leur coté planant avec de bonnes nappes d'orgue et une section basse/batterie très aboutie mais j'ai moins aimé le reste ) et Lo Dost un groupe de rock alternatif américain plutôt carré, très pro, avec un petit grain de Josh Homme dans la voix du chanteur.
Ce soir là je ne suis pas allé me coucher très tard.
( Petit aperçu des lives que j'ai pu voir au CHAPEAU ROUGE )
La journée de vendredi a été une journée promenade, prise de rushs et achat du ticket de bus pour Budapest.
Une bande de trois jeunes sont arrivés dans le dortoir, un couple d'américains venant de Miami ( Kris et....) et un colombien ( José ), on a bu l' apéro ensemble et on a bien ri, d'ailleurs, je suis invité en Colombie, qui n'est apparemment pas aussi dangereuse que nos télévisions voudraient nous le faire croire ( sauf dans la jungle, à cause des farques ) et qui, à la vue des photos que José m'a montré, a l'air vraiment magnifique, peut être que je ferai un détour par la Colombie ( Arrêtez! je vous entends rire d'ici! )...
Nous sommes sorti manger, et après m'être excusé, je suis parti seul à nouveau au CHAPEAU ROUPE, et ensuite... ROXYYYYYY!!!
Le ROXY est un club électro très réputé où se trémousse la fine fleure de la jeunesse praguoise et les touristes en manque de beats...
J'ai dansé une bonne heure sur un dance-floor complètement allumé par Justin Robertson, à base de pure techno « Carl Coxienne », comme quoi on peut s'éclater sur de la tech' sans prendre des sucreries, c'est vrai je vous l'accorde, on danse moins longtemps.
Au moment où j'écris, on est samedi, il est dix sept heure, je pars pour Budapest demain à 6h30, il me reste une demie soirée, je vais allé voir un live rock et électro-rock, devinez où, je vous le donne en mille, au CHAPEAU ROUGE! HIIIIIIIIIIIHAAAAAAAAA!


|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 13:03, le 14/11/2010 dans Capitales Europeennes , Prague Mots clefs : |
|
Je me souviens d'un événement bordelais qui s'appelait « Vivement l'automne », j'en ai compris tout le sens aujourd'hui en marchant sur des tas de feuilles mortes sur les quais de Rhône.
Quel plaisir d'entendre chanter ce tapis multicolore, fier et heureux de reprendre vie à chaque fois qu'un pas l'écrase...
Lyon, je suis à Lyon, ma dernière destination, avant l'évasion.
Voici venir cette ultime nuit en terre française, ma boule au ventre n'est pas encore tout à fait là, aujourd'hui, elle n'est pas plus grande qu'un fœtus, demain elle sera tel un œuf d'autruche.
Je vais m'endormir, comme depuis que je suis ici, dans un lit rose situé dans une chambre dont le papier peint est rose, avec des peluches, des maisons de poupées et des cadres tous plus ou moins... roses. C'est la chambre de ma filleule, ces dix derniers jours j'ai pris beaucoup de plaisir à profiter de ma frangine, de mon beauf et de cette fameuse petite branleuse au cœur rose déjà tellement narcissique du haut de ses 5 ans et demi, si manipulatrice et aussi adorable que chiante, j'ai adoré jouer avec elle à la bagarre, l'entendre dire « de toute façon t'es méchant et j' t'aime pas » et la voir me sauter dessus 5 minutes après, j'ai aimé lui faire la morale et lui dire tout ce que je détestai entendre quand j'étais gamin.
Qu'ai-je fais en dehors de cette formation intensive pour tonton modèle?
J'ai découvert cette jolie ville riche en couleur, mêlant une architecture typique des grandes villes françaises à celle de l'Italie, me suis restauré dans « un bouchon » traditionnel et j'ai erré sur les quais admirant les péniches quand au loin s'agitaient des drapeaux rouges et résonnait « c'est la luuutte finaaaale ….! », puis j'ai mangé et bu du bourgogne et remangé et rebu du bourgogne et re-remangé et re-rebu du bourgogne et ainsi de suite jusqu'à ce soir. J'ai bien profité par peur des tonnes de riz qui m'attendent.
PUTAIN!!! JE ME CASSE DEMAIN!!!!!!!! DANS 24 HEURES JE SERAI DANS LE BUS!!!!!
PUTAIN!!!! PRAGUE!!!! Allez, hop, inventaire du sac, alors... 5 paires de chaussettes, 5 caleçons 100% coton, 1 jean, etc...
Je ne réalise pas encore mais une chose est sûre, demain je me sentirai … VIVANT!!!!!
|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 10:32, le 9/11/2010 dans DEPART, Lyon Mots clefs : |
|
Après une dizaine de jours en mode «cocooning» en Touraine chez Papa-Maman, et une autre fête de départ aux abords de la Place Plumereau en compagnie de potes d'enfance et d'adolescence, me voici parti avec toute ma maison (mes deux sacs à dos) le 26 octobre direction... Paname.
Ciao Papa, Maman, Bibi, Natou, Julie, Nico, Tof, Nono, Mélie, Bes, Jo, merci...
Une petite heure de retard en l'honneur des gens qui n'auront jamais de retraite et mon TGV «décolle» pour Montparnasse.
Le but de mon passage est de continuer ma période «d'aux revoirs», de rendre visite à deux potes, l'un étant le bassiste avec qui j'ai joué dans le groupe Novlang l'autre étant un fan invétéré de Georges Orwell.
Je m'imaginais, avant d'arriver, que je profiterai de cette escapade pour filmer un bout du «Paris by night» mais j'ai vite compris que je n'en ferai rien afin de profiter pleinement de mes amis, je filmerai quand je serai... seul.
Sitôt arrivé en gare, il m'a fallu me diriger dans le 6ème arrondissement, rue Dupin. En temps normal, il parait qu'il faut un quart d'heure pour rallier cette distance, j'ai mis la bagatelle de trois quarts d'heure prenant le boulevard Raspail dans la mauvaise direction et comprenant à l'envers les petits plans de Paris adossés aux bornes des V-Libs.
« - La rue de Rennes? Vous n'y êtes pas du tout Monsieur, vous reprenez le boulevard Raspail dans l'autre sens, vous continuez toujours tout droit sur 1 ou 2 km, et vous tournerez à gauche au niveau de la bibliothèque André Malraux, voilà.
- Merci Madame! ». Qui a dit que les parisiens sont désagréables?
A peine ma maison déposée chez PM et rassasiés par le très bon vin que nous venions de boire, nous voici en scooter dans les rues de Paris, il fait nuit, je regarde l'architecture et les lumières comme un gamin qui découvre Disney World, tout simplement magique!
PM veut me montrer son Paris électro, son Paris musicale, il m'emmène à Bastille, chez le Disquaire et à la Mécanique Ondulatoire.
« - C'est dommage Vince, Le mercredi y'a pas grand chose, à partir du jeudi çà bouge vraiment ici, y'a souvent des concerts, des mecs qui mixent. »
On a passé un moment plutôt calme, à papoter, à boire deux ou trois ti-punchs sur des galettes de psycho-billy que nous balançait un dj sorti tout droit du début des 60's, la banane fièrement gominée.
J'ai dormi deux nuits chez Pm, et je profitais des moments où il bossait pour jouer au touriste de base, visitant le Jardin du Luxembourg, le quartier Latin et la fameuse rue Mouffetard bondée de restaurants en tous genres, Le Louvre, Les Tuileries, Saint-Germain-des-Près, le Panthéon, m'installais sur un banc du square Boucicaut pour écrire.
Le soir, nous sommes partis diner à l'Auberge des Deux Ponts, dans le 4ème arrondissement, un restaurant dont la devise est « Si vous n'êtes pas satisfait dites le moi, si vous l'êtes dites le autour de vous » (allez y les yeux fermés, c'est très bon et pas cher, le patron est marrant et très agréable)....
Ciao PM, merci....
Direction quartier Oberkampf pour voir Ben, mon petit frère adoptif qui vit chez sa copine dans une collocation ou les convives sont tous plus « rock'n roll » les uns que les autres, je vais enfin vivre mon « Paris by night » tant espéré, sortant dans une multitude de bars, revenant à l'appartement pour continuer à boire des verres et écouter un des colocataire mixer de la minimale, « Ibiza!!! », et ressortant à nouveau une fois les bouteilles vidées, au Bistrot de l'Urbain Bucolique, un pur moment de vie, couché 9h00...
Ciao Ben, merci...
Levé 11h30 –stop– Gare de l'Est -stop- TGV -stop- 14h00 -stop- Charleville Mézières -stop-bonjour Grands-Mères -stop- au revoir Grands-mères -stop- autoroute du soleil -stop- Lyon!

LE YIN....

...ET LE YANG !
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 05:47, le 3/11/2010 dans Capitales Europeennes , Paris Mots clefs : |
|
Quitter bordeaux n'a pas été un acte si compliqué finalement, deux grosses soirées bien arrosées en guise de pot de départ (je ne vous oublie pas), une centaine d'heures à faire des cartons, à réaliser le déménagement, deux allers-retours entre Tours et Bordeaux en moins de 4320 minutes et me voici chez mes parents pour quelques jours. Pour info, pour nettoyer une cuisine du sol au plafond, il faut quatre albums de Noir désir...
Je n'ai plus de travail, plus de logement, plus d'abonnement internet, plus de télévision et presque plus de factures à payer, et alors que la France implose, pour la première fois de ma vie je me sens libre. La liberté a un prix, libre à chacun d'en connaître le coût...
Je sais bien qu'à un moment il faudra que je retourne chasser à grands coups de productivité et de points retraite mais en attendant je vais consacrer mon temps à jouir, à rêver, à écrire, à voir, à voyager sans me préoccuper de savoir à quelle heure j'embaucherai demain.
Aujourd'hui, j'ai l'impression d'être dans un sas de décompression, entre deux portes, entre deux vies, celle d'avant qui m'a permis d'acheter mon affranchissement et celle qui m'attend, que j'imagine dans l'accomplissement.
Je me repose, je ne suis pas pressé, j'ai envie de savourer chaque instant.
Je suis prêt !!!
La prochaine étape? Le 26 Octobre, 18h47, Paris. Je vous l'accorde, d'ici là, j'ai le temps de mourir trois fois....
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 23:22, le 20/10/2010 dans ETAT D AME, Tours Mots clefs : |
|
3 Octobre 2010, mes dernières heures de travail, le jour où je suis devenu, non pas un chômeur mais un sans emploi.
Après avoir passé une bonne partie de la journée à boire du vouvray avec mes futurs ex collègues de boulot, je me rends sur le site des Terres Neuves à Bègles pour ce festival organisé par des membres de Noir Désir. Le buzz médiatique autour du retour de Bertrand Cantat sur scène avait fait son effet, je ne pouvais partir de Bordeaux sans l'avoir vu, car s'il y avait bien une chose qui me paraissait évidente en arrivant il y a six ans, c'est que je débarquais dans la ville du plus grand groupe de rock français de tous les temps!
J'arrive paisiblement à l'entrée, prépare mes billets, me dis au passage "C'est bizarre tout ce monde devant, ils ne sont pas pressés de rentrer" et me présente face l'armoire à glace au bombers floqué du mot sécurité.
"-Qu'est ce que tu veux! me dit il,
- je voudrais payer ma place, tout simplement.
- tu sais pas lire ?!! C'est marqué complet ! Dommage l'ami! "
Lequel de nous deux savait le mieux lire, je me suis posé la question, mais il y avait effectivement une affiche en 2x1 où c'était inscrit.
Je reprends le chemin vers ma voiture, un peu dégouté, et je croise trente mètres plus loin un désormais ex collègue qui travaille à la sécurité des back-stages :
"-Hey tony, t'as moyen de me faire rentrer?
- T'es pressé?*
- Je peux attendre, ça dépend.
- Attend un peu là, dés que je peux je te fais rentrer.
- ok, j'attends, merci "
J'ai attendu pas mal de temps assis sur le trottoir d'en face, entendant le live entier de Nouvelle
Vague, je comptais les voitures qui passaient me disant qu'au bout de la treizième, je rentrerai, j'ai arrêté de compter à vingt-cinq... Puis ensuite j'ai regardé l'heure, 23h02, "A 23h35 je me casse!", je suis entré à 23h.... 34, juste au moment ou Eiffel apparaissait sur scène. " Il passe quand Bertrand?"
Trois ou quatre chansons, et Romain Humeau annonce son meilleur pote, il arrive devant nous, la liesse a envahi le chapiteau, on sent bien qu'il est heureux de revoir son public, ses cheveux valsent au rythme du batteur, puis il s'eclipse timidement.
Arrive le moment du rappel, nous n'attendons qu'une chose "Betrand ! Bertrand! Bertrand!", et là ,Monsieur Cantat nous offre une "messe rock'n rollienne", un instant chamanique dont seuls lui et Morrison ont le secret, avec en clou du spectacle une reprise des Stooges, Search and Destroy, juste... génial.
J' ai filmé comme j'ai pu, entre les coudes et les verres de bière, voici la standing ovation.... Cette soirée m'a paru hyper symbolique, car je peux me dire, en partant de Bordeaux, que j'ai enfin vu le type qui m'a fait vibré pendant toute mon adolescence et qui m'a influencé dans la musique, je peux partir l'esprit tranquille, merci l'artiste... Vive le rock!!!
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 10:16, le 5/10/2010 dans Music Live, Bordeaux Mots clefs : |
|
Célibataire,
Un brin Lunaire,
Je m'en vais faire un tour de globe.
Démissionnaire, trentenaire,
Je me casse aux antipodes.
Au revoir,
Je pars,
Au revoir,
Je pars.
Comme un toxico en manque,
comme las des lieux que je fréquente,
Pour offrir à mes yeux,
Alice aux pays merveilleux.
Plus envie de marcher dans la merde,
Du pied droit, bien évidement.
Plus de clés de bagnole à perdre,
Etre vivant, j'en fait le serment.
Au revoir,
Je pars.
Au revoir,
Je pars.
Comme un manque de sensations,
Une soif de comprendre,
Je ne veux pas redescendre.
M'accrocher au grand frisson,
Qu'il me suspende je saurai me défendre.
Au revoir,
Je pars,
Au revoir,
Je vous aime mais,
Je pars.
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 12:40, le 20/09/2010 dans Chanson, Bordeaux Mots clefs : chanson, départ |
|
2 Septembre 2010
Ca y'est c'est fait, j'ai démissionné, c'est officiel, j' arrête de travailler le 10 Octobre!!!
C'est marrant, c'est la veille de mon anniversaire, ce doit être le symbole d'un nouveau cycle. Maintenant je ne peux plus reculer, je n'ai plus le choix, il faut absolument que j'apprécie cette petite boule au ventre qui va grandir, encore et encore jusqu'au départ.
Est -ce que je suis en retard dans mon timing? Je ne sais pas.
Suis-je en avance? Non, sûrement pas...
|
|
| Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 16:50, le 3/09/2010 dans Demission, Bordeaux Mots clefs : Démission |
|
Voici comment j'ai budgetisé mon voyage:
J'ai fais le choix de ne pas prendre un billet tour du monde car je voulais être libre de pouvoir improviser, je me suis dis que si je tombais amoureux d'un endroit et que je souhaitais y rester longtemps, je ne serai pas pressé de partir pour honorer mon billet à 3000 € et finalement, quand on rajoute tout les transports intermédiaires non compris dans le fameux billet, je n'économisais que 200 ou 300 euros, si peu pour être libre de mes mouvements.
J'ai déjà acheté mon visa Working-Holiday pour l'Australie car je compte y travailler 3 ou 4 mois, j'ai préféré prévisionner cette période de mon périple comme une dépense, même si je sais qu'en Australie c'est le plein-emploi et qu'il est relativement simple de trouver un boulot payé 500 $ par semaine.
Le budget voyage s'élève a 10650 euros. A cela il convient de rajouter :
- 590 € pour une assurance "tour du monde" de 12 mois
- 200 € pour ma mutuelle
- 2000€ pour les impôts
- 500 € pour l'achat d'un camescope
- 400€ pour un ordi portable
- 120€ pour un sac 70L de "compét'"
- 100€ pour de bonnes chaussures
- tous les frais engendrés par un déménagement (peinture, location d'un véhicule, etc...).
Donc budget global : 15000 €
| DE |
A |
Bus |
Train |
Avion |
Bateau |
logement |
Cout de la vie |
Visa |
Nb de jours |
Total |
|
| Tours |
Paris |
|
40 |
|
|
0 |
20 |
|
2 |
80 |
|
| Paris |
Prague |
20 |
|
|
|
10 |
10 |
|
2 |
60 |
|
| Prague |
Budapest |
23 |
|
|
|
10 |
10 |
|
2 |
63 |
|
| Budapest |
Belgrade |
30 |
|
|
|
10 |
10 |
|
2 |
70 |
|
| Belgrade |
Sofia |
30 |
|
|
|
10 |
10 |
|
2 |
70 |
|
| Sofia |
Istanbul |
|
50 |
|
|
10 |
10 |
|
3 |
110 |
|
| Istanbul |
Mumbai |
|
|
260 |
|
7 |
7 |
120 |
15 |
590 |
|
| Mumbai |
Goa |
|
35 |
|
|
10 |
5 |
|
10 |
185 |
|
| Goa |
Pondichery |
|
40 |
|
|
10 |
5 |
|
15 |
265 |
|
| Pondichery |
Calcutta |
|
60 |
|
|
10 |
5 |
|
20 |
360 |
|
| Calcutta |
Kathmandu |
|
50 |
|
|
10 |
5 |
30 |
15 |
305 |
|
| Kathmandu |
Bangkok |
|
|
210 |
|
10 |
10 |
|
20 |
610 |
|
| Bangkok |
Koh Phangam |
25 |
|
|
|
10 |
10 |
|
10 |
225 |
|
| Koh Phangam |
Phuket |
10 |
|
|
10 |
10 |
10 |
|
10 |
220 |
|
| phuket |
Bangkok |
40 |
|
|
|
8 |
8 |
|
10 |
200 |
|
| Bangkok |
Phnon Phen |
20 |
|
|
|
7 |
9 |
30 |
20 |
370 |
|
| Phnon Phen |
Bangkok |
40 |
|
|
|
8 |
8 |
|
5 |
120 |
|
| Bangkok |
Perth |
|
|
330 |
|
15 |
15 |
230 |
30 |
1460 |
|
| Perth |
Adélaide |
|
200 |
|
|
15 |
15 |
|
2 |
260 |
|
| Adélaide |
Alice Spring |
|
149 |
|
|
15 |
15 |
|
2 |
209 |
|
| Alice spring |
Sydney |
|
149 |
|
|
15 |
15 |
|
2 |
209 |
|
| Sydney |
Los Angeles |
|
|
850 |
|
15 |
15 |
90 |
15 |
1390 |
|
| Los Angeles |
Tijuana |
50 |
|
|
|
10 |
10 |
|
5 |
150 |
|
| Tijuana |
Mexico |
20 |
|
|
|
10 |
10 |
|
20 |
420 |
|
| Mexico |
Lima |
|
|
400 |
|
5 |
10 |
|
30 |
850 |
|
| Lima |
Sao Paulo |
200 |
|
|
|
20 |
10 |
|
15 |
650 |
|
| Sao Paulo |
Buenos Aires |
100 |
|
|
|
5 |
10 |
|
30 |
550 |
|
| Buenos Aires |
Paris |
|
|
650 |
|
|
|
|
|
650 |
|
|
Sous Total |
608 |
773 |
2700 |
10 |
|
|
|
|
|
|
|
Total |
4081 |
|
|
|
6590 |
|
|
314 |
10651 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 16:44, le 28/08/2010 dans Budget, Bordeaux Mots clefs : Budget |
|
Samedi 31 juillet 2010 :
Ce que je veux filmer ? Mon regard !
Dimanche 1er aout 2010,
Cà fait à peu prés deux mois que je suis dans mon trip « tourdumondiste » et depuis que cette idée a germé je ne pense qu’à ça, chaque moment, chaque acte est voué à ma cause, même lorsque je ne fais rien je n’ai de cesse de prévoir, de planifier, j’ai une attitude que je n’ai pas d’habitude, en temps normal je ne range que très peu, je n’ouvre aucun courrier, mes papiers ne sont à jour, mes plaques d’immatriculation sont toujours en 37 alors que je vie sur Bordeaux depuis cinq ans, la liste est longue…
Depuis j’ai enfin fait mon changement d’adresse sur ma carte grise pour éviter de me prendre encore des prunes, j’ai budgétisé tout mon périple et fais le point sur mon compte, résilié des abonnements, j’ai remis dans ses cartons tout mon sound-system, fais réparer mon clavier, ce matin, je suis allé à la déchetterie et j’ai trié mes fringues pour en déposer les 3/4 dans des bornes Relais d’Emmaus, j’ai mon visa Working Holiday pour l’australie, ma demande de permis international est faite, je me suis acheté le Lonely Planet d’Inde du Sud, un Pc portable, un camescope, un sac à dos 70 litres, me suis fais prêter "Sur La Route" de Jack Kerouac, j’ai trié et classé mes papiers, j’ai dépunaisé la soixantaine d’affiches dans mes toilettes et détenturé les murs du salon, j’ai rendez-vous avec ma banquière, et pour finir… je fais ma vaisselle tous les jours.
Il me reste encore pas mal de choses à faire, les plus compliquées vont être de démissionner car j’ai vraiment pas envie de me justifier, et de déménager, du moins de ramener le peu d’affaire qu’il me restera chez mes parents, je me sens d’âme généreuse avec Emmaus, qui veut un bureau !!? qui veut une armoire !!? qui veut une étagère, de la vaisselle, un micro onde, un tapis !!?
Ensuite il me faudra vendre ma voiture, prendre un assurance, suspendre ma ligne téléphonique pour moins de 3 euros par mois, résilier mon internet, obtenir mon visa indien, acheter un sac à dos 20 litres, quelques moleskines, une veste imperméable, des sacs Ziploc, un couteau suisse, une boussole, un étui à savon, un étui à brosse à dent, des lingettes antibactérienne, une putain d’montre, une gourde, un harmonica, du répulsif anti-moustique, du décongestionnant nasal, du smecta pour la tourista, du chlore, une pierre à feu, un sac en toile pour le linge sale …
A énumérer tous ces produits de consommations, toutes ces contraintes commerciales et administratives, j’ai l’impression d’être Mark Renton, « choisir une putain de télé à la con, choisir une machine à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvre-boites électroniques » et comme lui j’ai choisi de n’pas choisir mais contrairement à lui j’ai choisi DE VIVRE !!!
Si tout se passe comme je le prévois, j’irais à Paris, Prague, Budapest, Belgrade, Sofia, Istanbul, Bombay, Goa, Pondichéry, Calcutta, Katmandu, Bangkok, Koh Phangan, Phuket, Phnon Phen, Perth, Alice Spring, Adélaide, Sydney, Los Angeles, San Francisco, Black Rock City, Tijuana, Mexico, Lima, Sao Paulo, Buenos Aires. A suivre…
|
|
| Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 16:17, le 7/08/2010 dans Preparation, Bordeaux Mots clefs : Préparatifs |
|
En y réfléchissant, je m’aperçois que même si j'ai une bonne faculté d'adaptation, je ne me suis jamais senti à ma place dans cette société occidentale trop confortable, trop conformiste, trop individualiste, trop codée.
Gamin, j’avais beaucoup de mal à rester concentré en classe sans me lever, me retourner, discuter avec mon voisin ou tirer les cheveux d’une camarade pour qui j’avais le béguin,
il paraîtrait même qu’une maîtresse nouait mes lacets à ma chaise pour ne plus me voir bouger.
Quand un instituteur, voir mes parents, réussissaient à canaliser mon énergie débordante, il ne me restait plus qu’une chose à faire, rêver…
Dans cette période primaire je vivais en Allemagne, mes héros étaient Platini, Lothar Matthaus, les Beatles et les Pink Floyd, mes songes, remplis de cocotiers.
C’était le début de l’ère Compact-Disc, j’aimais aller avec mon Père parfaire sa collection, ré-achetant les compiles rouge et bleu, l’album avec la vache, celui avec un homme plein d’ampoule, ou encore en 1989, celui avec un mur alors qu’ en même temps je voyais sur la ZDF qu’on en cassait un à l’autre bout du pays.
J’adorais m’immiscer dans le salon quand mon Père fumait sa cigarette, buvait son whisky et écoutait son Pink Floyd, je sentais la magie du moment, cette phase de relâchement intense, cette « interdiction » quand ma Mère criait de la cuisine « Vincent, sors du salon, ton Père fumes ! »
Il m’a fallut quelques années, une arrivée en France et un crise d’adolescence pour comprendre, adorer le rock’n roll et me mettre à la musique. Il m’a fallut devenir adulte (au sens civique) et migrer sur Bordeaux pour intégrer un groupe et découvrir la scène.
J’évolue depuis dix ans dans la grande distribution, dans un métier à la fois proche de moi car mon quotidien est fait de rencontres, je suis un commerçant, mais à mille lieues de ma philosophie.
Ces années m’ont permis de grandir et de gagner de l’argent, mais il est temps pour moi d’écouter les conseils de l’Alchimiste (« Personne ne peut fuir son cœur. C’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit ») et du Roi de Salem (« Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve »). C’est pourquoi je dois parcourir le monde à la recherche de la musique, de l’inspiration et de la sagesse !
J’ai besoin de comprendre ce lien que l’homme tisse avec la musique, si ce lien est le même pour le jeune punk européen, le joueur de cithare indien, le d-j de Koh Phan Gam, l’ aborigène ou encore le chaman péruvien, j’ai besoin de saisir le rapport que le musicien entretient avec la société, la teneur de son œuvre, sa relation au monde. J'ai besoin de voir d'autres paysages, de rencontrer plein de gens...
L’idée de faire le tour du monde m’est venu en dormant, je me suis réveillé un samedi matin de mai 2010 avec une illumination sûrement due à "une crise de la trentaine" :
« -Vincent t’as trente ans, qu’est ce que t’as fait de ta vie ? T’as fais plein de rencontres, ok, de la musique, ok, des fêtes par millier, ok, t’as travaillé pendant dix ans comme un mouton modèle, moyen ! T’as envie de quoi ?
- Comprendre, vivre intensément, devenir « sage », explorer le monde.
- T’attends quoi ?
-Je sais pas moi, heu…, j’ai un boulot stable, un « chez moi », j’ai une super guitare,
mon sound-system, plein d’amis.
- T’es en train de me dire que parce que t’as un chez toi, une super guitare, un sound-system et plein d’amis, tu vas t’enterrer et bosser toute ta vie dans la même boite ?
- Heu….
- Qu’est ce que t’attends pour te bouger le cul ?
- Je sais pas…
- Moi je sais, alors mon p’tit gars, il est temps que tes grandes théories deviennent concrètes, tu vas projeter un voyage, le préparer, en trouver le sens, tu vas démissionner, rendre ton appart’ et te CASSER !!!
- Et si je me plante…
- Ta gueule, tu m’énerves, prends une décision au moins une fois dans ta vie !
- Mais je ne peux pas faire çà n’importe comment…
- Tu commences à m’intéresser !
- Ok, faut que je trouve un gimmick…
- Tu vois quand tu veux !
- Qu’est ce qui me passionne ? La musique, les êtres vivants, le savoir, je veux donc rencontrer les musiciens du monde entier et méditer, je vais partir d’Europe, aller jusqu ‘en Inde, passer par le Népal, pour atterrir en Asie du Sud-Est, travailler en Australie, naviguer jusqu’au Chili, prendre des bus en Argentine, au Brésil, aller voir les chamans péruviens, mexicains, et finir mon périple aux Etats-Unis, avant de rentrer à Londres, Amsterdam ou Berlin. Je vais démissionner, faire mes comptes, faire un prévisionnel comprenant le coût des transports, du matériel, des visas, du logement, de la nourriture. Je vais quitter mon appartement, vendre ma voiture, m’acheter une caméra pour faire un film, de quoi écrire…
- Quand ?
- Dés maintenant ! Nous sommes au mois de juin, je profites de mes vacances au mois d’Août, pour tout organiser, je démissionne en Septembre, je fais mon pré-avis, je finis en octobre, je me casse en Novembre.
- …
- Hey, t’es là ?
- Démerdes toi maintenant! Tu as la clé ! Re-lies l’Alchimiste et Castaneda ! Tu n’as plus besoin de moi !
- Ok…
- Si, une dernière chose, nettoie ton appart’ et résilie tes abonnements, prends une assurance, soit patient et tient le coup !
- Merci… »
C’est ainsi que j’ai écouté mon cœur, ma voix intérieur. Mon projet, mon périple? Vous le connaissez maintenant, à suivre! Rendez-vous.....
Vince Nelson
|
|
| Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
Publié à 16:04, le 22/07/2010 dans Introduction, Bordeaux Mots clefs : présentation |
|
|